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Une marche de plus de 3 heures à Ottawa contre la violence policière envers les Noirs

Des dizaines de personnes lèvent les mains ou brandissent des pancartes.

Des manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis à Ottawa, le vendredi 5 juin 2020.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Radio-Canada

Plusieurs milliers de personnes ont marché devant le parlement du Canada, l'ambassade américaine et l'hôtel de ville d'Ottawa, vendredi après-midi, pour dénoncer la violence policière envers les Noirs. Des politiciens, dont le premier ministre Justin Trudeau, étaient également présents.

La voix de la communauté noire doit être entendue, a lancé l’organisatrice du rassemblement, Sameha Ahmed, devant la foule de manifestants. Cet événement s’inspirait d’autres rassemblements du genre organisés ailleurs dans le monde pour protester contre la mort de George Floyd, un Afro-Américain mort lors de son arrestation à Minneapolis.

Plusieurs manifestations ont d'ailleurs eu lieu vendredi dans des villes canadiennes — de Vancouver, en Colombie-Britannique, à Moncton, au Nouveau-Brunswick — pour dénoncer le racisme et la brutalité policière.

À Ottawa, des marcheurs tenaient des affiches sur lesquelles on pouvait notamment lire « Black Lives Matter » (la vie des Noirs compte), « le racisme et la haine n'ont pas leur place ici » et « le Canada peut faire mieux ». Certains manifestants réclamaient également une réduction du budget des forces policières.

Nous voulons que le budget de la police soit amputé et qu’une certaine somme d'argent soit versée à la communauté noire [...] pour donner plus de force [empower] à la communauté noire et à la voix des Noirs.

Sameha Ahmed, organisatrice de la marche No peace until justice Ottawa

La manifestation a commencé vers 15 h. Après des discours devant le parlement, une énorme foule pacifique s'est déplacée sur la rue Wellington, puis a tourné sur la promenade Sussex. Elle s'est arrêtée devant l'ambassade américaine, où elle a notamment scandé « I can't breathe » (je ne peux plus respirer), les derniers mots de George Floyd.

Le premier ministre Justin Trudeau est quant à lui arrivé sur la colline du Parlement en milieu d'après-midi, escorté par des agents de sécurité et portant un masque en tissu noir. Il a écouté les discours des orateurs, hochant parfois de la tête en signe d'approbation.

Le premier ministre a même déposé un genou au sol en signe de solidarité avec les manifestants. Il a refait le geste lorsque les manifestants ont observé un moment de recueillement de plus de huit minutes en mémoire des personnes noires tuées par les forces de l'ordre.

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Justin Trudeau s'est agenouillé avec les manifestants.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Ces plus de huit minutes coïncident avec le temps de l'agonie de George Floyd, mort après qu'un policier de Minneapolis, au Minnesota, eut placé son genou sur son cou, l'empêchant de respirer. Certains manifestants ont exhorté le premier ministre à dénoncer le président américain Donald Trump.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, avait annoncé plus tôt cette semaine qu'il entendait participer à la marche sur une base personnelle. Le conseiller municipal Rawlson King — le premier élu municipal noir de l’histoire d’Ottawa — avait par la suite affirmé que la Ville d’Ottawa doit s’attaquer aux racines du racisme systémique.

Manifester pour la justice

Les citoyens sur place ont exprimé leur soif de justice. Plusieurs ont affirmé vouloir combattre le racisme pour leurs enfants.

Je veux que mes enfants évoluent dans un environnement où ils ne seront pas accusés d’être coupables avant même de commettre une erreur, où ils vont sentir qu’ils ont les mêmes droits que les autres, où ils vont marcher sur la rue et voir un policier comme un ami et non comme un ennemi, a dit Eddy Muremzi.

Je veux qu’ils puissent appeler la police en sachant qu’elle va l’aider.

Eddy Muremzi, citoyen

Cy Kari, lui, était fier de voir régner un esprit coopératif et de paix. Il n'y a eu aucun dommage, personne n'est ici avec un esprit de malice. Nous sommes venus montrer que nous sommes tous humains et nous sommes tous unis, a-t-il souligné.

À 18 h, des milliers de personnes manifestaient toujours, s'étant déplacées vers le Monument canadien pour les droits de la personne, sur la rue Elgin. D'autres discours ont été livrés à cet endroit et les participants se sont agenouillés à nouveau. Le rassemblement a pris fin vers 18 h 30.

Les policiers d’Ottawa préparés

Les policiers d'Ottawa n'ont pas fourni d'estimation de la taille de la foule. Il est toutefois clair que le rassemblement est contraire à la loi provinciale mise en place pendant la pandémie de COVID-19, qui limite à cinq le nombre de personnes qui peuvent se regrouper.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) avait toutefois fait savoir que ses agents feraient preuve de tolérance. Nous respectons les droits de nos résidents et membres de la collectivité de s'exprimer lorsqu'ils sont témoins d'injustices et nous comprenons la profonde douleur et la grande frustration de la collectivité, peut-on lire dans un communiqué du corps policier.

Vous avez le droit d'être entendus; et nous appuierons ce droit en veillant sur votre sûreté.

Service de police d'Ottawa

Les policiers ont suivi les participants et fermé les rues nécessaires. En contexte de pandémie de COVID-19, les agents du SPO ont été conseillés par la santé publique afin d’être bien outillés pendant la marche. Nous travaillons avec les organisateurs et Santé publique Ottawa pour aider à assurer la disponibilité de l'équipement de protection personnelle aux participants, a enchaîné la déclaration du SPO.

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Certains commerces ont été placardés au centre-ville d'Ottawa avant la manifestation.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

D’ailleurs, la santé publique recommandait de garder ses distances, de porter un masque en tissu et d'apporter du désinfectant pour les mains. Elle recommandait également de ne pas crier et de faire du bruit par d’autres moyens, comme des tambours.

Avec les informations de Boris Proulx, Jean-François Poudrier et Jérémie Bergeron

Avec les informations de La Presse canadienne

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