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Les écrivaines et écrivains demandent une aide d’urgence

Un client cherche un livre dans un rayon de la librairie Laliberté.

Si les librairies ont rouvert leur porte, les écrivaines et les écrivains n'en touchent pas encore les retombées.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada

Le plan de relance culturel, déposé lundi par le gouvernement du Québec, est accueilli avec beaucoup de réserves par l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ). Cette association demande la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) du gouvernement fédéral et un véritable plan d’aide pour les artistes.

C’est un plan de relance pour l’industrie [qui a été présenté lundi], et pas un plan de soutien pour les artistes. Or, nous, c'est de l’aide pour les artistes que l’on veut. Nous avons pris du temps pour réagir, car nous voulions vraiment creuser et [étudier] les différents programmes. On a creusé dans le vide, car on a réalisé qu’il n’y a rien pour les écrivains. [...] On a besoin d’aide maintenant, cet été, un soutien aux artistes qui sont dans une situation de galère.

Laurent Dubois, directeur général de l’UNEQ

Si l’organisme reconnaît que le budget de 400 millions de dollars sur deux ans est alléchant au premier regard, on souligne que la seule mesure pour les écrivains et écrivaines, soit la bonification du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), sera offerte aux artistes de toutes les disciplines.

On a l’impression d’une réalité qui n’est pas prise en compte. On milite pour la bonification des bourses, mais est-ce que ça correspond à la réalité des écrivains? La réponse est non. Une bourse, c’est un concours, ce n’est pas tout le monde qui va en avoir une. Ça prend plusieurs mois pour obtenir une réponse. Comment font les écrivains les plus démunis après le 15 juillet quand la PCU va disparaître? J'espérais qu’on aurait, dans toutes ces mesures, au moins une aide d’urgence, comme vont en bénéficier certaines catégories d’artistes, s’insurge Laurent Dubois en entrevue avec la chroniqueuse culturelle du 15-18, Catherine Richer.

Il ajoute être conscient que certaines écrivaines et certains écrivains ont des projets et seront très heureux de pouvoir les développer avec la bonification des bourses de création. Mais ceux qui n’avaient pas de projets de création, qui viennent d’en finir un et attendent d’être publiés pour pouvoir enfin gagner leur vie sur ces créations ne sont pas concernés du tout par ce qui a été annoncé. C’est pour cela qu’on demande au gouvernement fédéral de prolonger la PCU de quelques mois, une mesure incroyablement bénéfique pour une grande majorité des membres de l’UNEQ.

Le directeur général de l’UNEQ rappelle aussi que les écrivaines et écrivains ne sont pas protégés par la Loi sur le statut de l’artiste. Il est totalement stupéfait de voir qu’on ne tient pas compte de leur réalité.

Aujourd’hui, on n’a aucun filet social qui existe. J’ai posé la question aux instances [gouvernementales], et je pense qu’il y a une déconnexion avec la réalité, car on me répond que les librairies commencent à rouvrir, donc il va y avoir des ventes de livres. Mais on ne considère pas qu’il y a eu trois mois de fermeture, que des parutions de livres ont été reportées, des salons du livre presque tous annulés, des rencontres en bibliothèques et dans les écoles qui représentent un vrai revenu. C’est ça qui me choque, martèle Laurent Dubois.

De plus, l’UNEQ se demande si ses membres seront éligibles au fonds d’urgence annoncé le 1er juin, qui sera géré par l’Union des artistes (UDA) et la Guilde des musiciens.

A priori, les écrivains en sont exclus, car on a d’abord pensé aux spectacles de l’art vivant, ce qui est tout à fait compréhensible, car ils sont extrêmement impactés. Mais ça s’approche [du spectacle vivant], dans le sens où l'on fait des conférences en bibliothèques, on va faire des lectures, on va dans les écoles, et cet argent-là a disparu, il n’existe plus, donc on est impactés directement aussi, comme d’autres catégories d’artistes. On aurait aimé ça que le réflexe soit d’être plus inclusif pour les écrivains.

Laurent Dubois

Le numérique ne suffira pas

Selon le plan de relance, 14 millions de dollars seront consacrés à des programmes numériques. L’UNEQ pense que le gouvernement semble encourager l’utilisation intensive du numérique et ne considère le développement des arts qu’à travers le prisme des nouvelles technologies.

Cette tendance forte nous inquiète. Faut-il rappeler que les écrivaines et les écrivains n’ont aucune entente collective encadrant leurs conditions de travail ni aucune grille tarifaire validée? Faut-il rappeler que rien n’encadre les activités d’une écrivaine ou d’un écrivain sur une plateforme numérique? Nous comprenons bien le potentiel offert par le numérique, mais nous savons également que l’avenir de la littérature repose d’abord et avant tout sur l’amélioration des conditions socioéconomiques des autrices et des auteurs, conclut Laurent Dubois.

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