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Médecins suppléants de l'extérieur : « c’est ça, ou fermer le service »

Un patient peut se faire soigner par un médecin de passage, qui arrive du Québec.

Un patient se fait prendre sa pression.

Les médecins suppléants peuvent entrer en contact avec des patients et des collègues même après avoir voyagé (archives).

Photo : iStock

La nature de leur travail l’oblige : les médecins suppléants (locums) peuvent entrer en contact avec des patients et des collègues, même après avoir voyagé à l'extérieur du Nouveau-Brunswick au cours des 14 derniers jours.

Toutefois, des mesures de précaution sont appliquées, assure le Réseau de santé Vitalité, qui note qu’aucune transmission du coronavirus n’a eu lieu impliquant des locums depuis le début de la pandémie.

Gilles Lanteigne en point de presse.

Selon Gilles Lanteigne, PDG du réseau de santé Vitalité, les mesures pour remédier à la situation ont déjà été entamées.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

De plus, ces médecins sont essentiels au maintien des services où les ressources sont insuffisantes, explique le Réseau de santé Vitalité.

Le PDG de Vitalité, Gilles Lanteigne, explique que les remplacements de longue durée sont préconisés, mais ce n'est pas toujours possible à cause du manque de main-d’oeuvre.

Par exemple, si le réseau n’est pas en mesure de trouver un médecin pour assurer un remplacement d'une période hypothétique de 15 jours, c’est fort possible qu'il va en avoir un pour 5 jours et un autre pour 10 jours, explique Gilles Lanteigne.

Un isolement de 14 jours pour une si courte période de temps est contreproductif, souligne-t-il.

Il faut que la population comprenne ça, c’est ça, ou fermer le service.

Gilles Lanteigne, PDG de Vitalité

Plusieurs services ont besoin de ces médecins, fait-il valoir.

Il y a probablement entre 20 et 25 % de quarts de travail et de services d’urgence qui sont faits par des médecins de l’extérieur, a déjà expliqué Gilles Lanteigne.

22 locums, aucune transmission

Entre le 15 mars et le 1er juin, Vitalité a fait appel a 22 médecins suppléants dans tout son réseau. Aucun d’eux n’a été la source d’une transmission de COVID-19 au Nouveau-Brunswick.

Je pense qu’on a bien géré ça, parce qu’il n’y a eu aucune situation qui a dégénéré à cause des locums, ajoute Gilles Lanteigne.

Vendredi, Gilles Lanteigne a révélé que contrairement à la majorité du personnel de la santé, les médecins suppléants ne sont pas tenus de s’isoler 14 jours avant d’entrer au travail.

Presque tous les locums travaillent dans le nord de la province.

Voici les régions qui accueillent les médecins suppléants :

- 9 médecins dans la zone 5 (Restigouche)
- 8 médecins dans la zone 6 (Péninsule acadienne et région Chaleur)
- 4 médecins dans la zone 4 (Edmundston, Saint-Quentin)
- 1 médecin dans la zone 1 (Moncton, Beauséjour)

Seize médecins proviennent du Québec, quatre de l’Ontario, un de la Nouvelle-Écosse et un de la Colombie-Britannique.

Parmi les régions du Québec, six sont originaires de la ville de Québec, quatre de Montréal et trois du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

Des dérogations nécessaires depuis la mi-mai

Aucun de ces 22 médecins n’a obtenu l’autorisation Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick pour venir travailler dans la province. De telles dérogations sont demandées par le gouvernement provincial seulement depuis la mi-mai, explique Vitalité.

C’est une précision qui est venue en cours de route, mentionne Gilles Lanteigne.

Ça fait à peu près deux semaines que c’est commencé, résume le PDG. On était super bien préparé au début [...] On a géré le processus à l’interne et là, la différence, c’est qu’on doit soumettre un plan deux semaines à l’avance à Travail sécuritaire.

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Des professionnels de la santé qui marchent dans un hôpital.

Photo : iStock / Photographerlondon

Depuis, Vitalité a fait sept demandes pour de nouveaux locums. Ces dérogations sont toujours à l’étude de Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick. Ces médecins feront partie de la première vague à venir avec une telle autorisation.

On souhaite qu’elle soit approuvée, parce que je peux vous dire que les conséquences ne seront pas simples pour la population ni pour le réseau.

Contact minimal

Lorsqu'un locum est au travail, on tente de garder les contacts à un minimum, ajoute Gilles Lanteigne.

Mais concrètement, il convient que c’est difficile de faire le travail de médecin sans rencontrer directement des patients et des collègues.

Quand c’est un médecin de l’urgence, c’est bien évident, il peut être en contact direct.

Gilles Lanteigne, PDG de Vitalité

Les mesures de protection pour les médecins locums

  • Prise quotidienne de la température
  • Surveillance de l’apparition de symptômes
  • Lavage des mains, port d’équipement de protection
  • Isolement en dehors du travail
  • Isolement en faisant la navette pour aller au travail
  • Isolement des autres employés sur l’heure des repas
  • Travail dans un seul établissement, lorsque c’est possible

Gilles Lanteigne ajoute : On lui demande de se faire livrer de la nourriture et de ne pas aller à l’épicerie.

Concernant l'utilisation des toilettes lorsqu'ils sont au travail, les médecins suppléants doivent utiliser une salle de bain qui leur est réservée.

Normalement quand un locum est là, il utilise celle-là [...] Quand il est parti, on désinfecte de nouveau.

Les médecins qui proviennent des zones chaudes, comme Montréal et Laval, sont encore plus surveillés, assure Vitalité.

Il n’y en a pas de risque zéro. Malheureusement, ça n’existe pas.

Gilles Lanteigne, PDG de Vitalité

Ce sont des mesures de protection pour minimiser le risque le plus possible, résume Jean-René Noël, le responsable des communications.

Pas de va-et-vient

Les médecins suppléants peuvent effectuer un remplacement allant de quelques jours à quelques semaines.

Durant cette période, Vitalité ne souhaite pas qu’ils se déplacent pour retourner voir leurs proches lors des fins de semaine et des jours de congés, assure Gilles Lanteigne. On ne veut pas qu’il y ait de va-et-vient.

Si quelqu’un nous dit, écoute, moi en fin de semaine, je vais voir ma femme et je vais revenir… [Nous allons lui dire: ] ''OK, on va voir si on ne peut pas trouver quelqu’un d’autre''.

Ce n’est pas comme un travailleur de la construction qui s'en va pour deux semaines et qui revient de deux semaines de congés.

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