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Papa et maman, séparés par un océan

Une femme et un homme avec leurs deux enfants devant la ville de Shanghai.

La Gatinoise Vanessa Oliver-Lloyd (à gauche) et ses enfants ont été rapatriés au Canada, en février dernier, alors que son mari a dû rester en Chine.

Photo : Avec la gracieuseté de Vanessa Oliver-Lloyd

Marika Bellavance

Chez elle en Chine depuis quatre ans, la Gatinoise Vanessa Oliver-Lloyd menait une existence paisible avec son mari Jean-Christian et leurs deux enfants. Ils étaient loin de se douter qu’un virus viendrait chambouler leur vie familiale.

En 2016, Vanessa et sa famille posaient leurs valises en Chine. Jean-Christian venait tout juste d’obtenir un emploi à Pékin. Deux ans plus tard, ils se sont installés à Shanghai.

Puis, en février dernier, tout a basculé. Vanessa et les enfants - Emeric, 11 ans, et Lausanne, 14 ans - se trouvaient alors en vacances à Dubaï pour les célébrations du Nouvel An chinois.

Une dame porte un manteau d'hiver. Il y a de la neige dans la fourrure de son capuchon.

Une amie de Vanessa a dû lui prêter un manteau à son arrivée au Canada, puisqu’elle n’avait aucun vêtement d’hiver dans ses bagages.

Photo : Avec la gracieuseté de Vanessa Oliver-Lloyd

On s’est fait dire qu’on ne pouvait plus rentrer en Chine à cause de l’épidémie de coronavirus, alors on a dû être rapatriés au Canada, explique la Gatinoise d’origine montréalaise.

Tout s’est fait de manière très précipitée. Lorsqu'ils sont arrivés au pays, le 1er février, leurs bagages contenaient tout juste le nécessaire pour leur séjour à Dubaï - un minimum qui n'incluait pas de manteaux d’hiver.

Jamais, jamais, on pensait que ça nous arriverait! Ç’a pris tout le monde par surprise. On était sous le choc.

Vanessa Oliver-Lloyd, Gatinoise rapatriée de Chine

Son conjoint, lui, a dû rester en Chine, puisque le poste qu’il occupe est considéré comme service essentiel. On s’ennuie beaucoup, témoigne Vanessa.

Le casse-tête de la distance

Malgré tout, la famille se réunit - virtuellement - chaque semaine : d’un côté, maman et les enfants dans leur nouveau pied-à-terre, à Ottawa; de l’autre, papa, en Chine.

Une femme souriante devant la caméra.

Chez elle en Chine depuis quatre ans Vanessa Oliver-Lloyd était loin de se douter qu’un virus viendrait chambouler sa vie familiale.

Photo : Christian Patry

On ne se parle [pas souvent], alors on a le goût que tout se passe bien, que tout le monde soit heureux. Mais quand on raccroche, tout le monde est triste, bouleversé, remarque Vanessa.

Car cette distance est « difficile » pour chacun d’entre eux, avoue-t-elle.

Il y a plein de moments de parentalité que mon mari ne vit pas avec les enfants. Je ne sais pas si je vais être capable de lui faire comprendre [ces moments].

Vanessa Oliver-Lloyd, Gatinoise rapatriée de Chine

On fait attention aussi pour que chaque enfant ait du temps avec leur père, en tête-à-tête, pour qu’ils puissent se parler sans que ça passe par moi, précise-t-elle.

Deux enfants sont côte-à-côte et sourient à la caméra.

Les enfants de Vanessa, Emeric et Lausanne, doivent désormais se contenter de contacts virtuels avec leur père.

Photo : Avec la gracieuseté de Vanessa Oliver-Lloyd

Quant à Emeric et Lausanne, ils poursuivent leur année scolaire à distance avec leur lycée, en Chine. Le hic? Douze heures de décalage horaire les séparent de leurs enseignants.

Soit les profs, soit nous, on doit faire preuve de flexibilité. Parce qu’un cours de mathématiques à 8 h le soir, c’est quelque chose!

Vanessa Oliver-Lloyd, Gatinoise rapatriée de Chine

C’est un très gros défi! rigole malgré tout la mère de famille, qui porte aussi le chapeau de « professeure à la maison », comme bien des parents, depuis le début du confinement.

Une nouvelle réalité

Un jeune adolescent est assis, tout sourire, devant son ordinateur portable, avec un casque d'écoute sur les oreilles.

C'est de son domicile à Ottawa qu'Emeric Lloyd-Brillant, 11 ans, poursuit son école à distance avec le Lycée français de Shanghai.

Photo : Avec la gracieuseté de Vanessa Oliver-Lloyd

Bien qu’ils soient parvenus à établir une nouvelle routine à Ottawa, Vanessa et les enfants ont hâte de retrouver leur quotidien en Chine.

Ma vie à Shanghai me manque. Mon sentiment de liberté aussi, souligne-t-elle. On ne sait pas quand ça va se résoudre, mais on espère que ce sera bientôt.

Pour l’instant, ils se considèrent néanmoins comme chanceux d’être « en sécurité », avance la femme de 45 ans.

On se sent bien malgré tout. On est dans un endroit qu’on connaît bien. On est proches de nos amis, de notre famille.

Vanessa Oliver-Lloyd, Gatinoise rapatriée de Chine

Car la suite de l’histoire est encore floue. À quoi va ressembler la nouvelle Shanghai? se questionne-t-elle.

La ville de Shanghai, illuminée, la nuit.

Vanessa Oliver-Lloyd et ses enfants ont hâte que leur famille soit de nouveau réunie à Shanghai.

Photo : Avec la gracieuseté de Vanessa Oliver-Lloyd

D’ici à ce qu’elle obtienne une réponse à sa question, Vanessa salue la « résilience » de ses enfants, malgré les montagnes russes du quotidien.

On peut passer d’un extrême à l’autre, selon la fatigue ou la quantité de travail à faire pour l’école. Mais le moral va très bien, confie-t-elle.

Et c’est sûr qu’on a toujours une pensée pour mon mari. On a hâte de se retrouver, conclut Vanessa, sourire aux lèvres, envisageant ces retrouvailles tant attendues.

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Ottawa-Gatineau

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