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COVID-19 : des immigrants qui doivent s'établir au Manitoba bloqués ailleurs au Canada

Des personnes dont on ne voit pas le visage sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

Selon l'Accueil francophone, une dizaine de nouveaux arrivants sont toujours bloqués à Montréal et à Vancouver.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Des familles ayant obtenu le statut de résident permanent et qui doivent s'établir au Manitoba sont toujours bloquées dans d'autres villes canadiennes en raison de la pandémie. C'est également le sort de candidats à l'immigration qui étaient venus en visite exploratoire à Winnipeg.

Donald Delva et sa famille étaient loin de s'imaginer qu'en quittant Haïti pour venir vivre à Winnipeg, ils allaient rester bloqués à Montréal pendant plus de deux mois.

« Lorsque nous sommes arrivés à Montréal, le 29 mars, on a dû observer la période d'isolement. On a logé dans un hôtel où on a passé les 14 jours. Entre temps, la compagnie aérienne a annulé ses vols [vers Winnipeg] et depuis nous sommes-là », explique-t-il.

Après la mise en quarantaine, ils ont quitté l'hôtel parce que le séjour commençait à coûter cher. « Comme on est six, on avait pris une chambre pour deux personnes à 120 dollars la nuit. Donc c'était un peu lourd financièrement ».

Un homme seul debout et portant des lunettes.

Donald Delva, son épouse et leurs quatre enfants (âgés entre 18 mois et 9 ans) sont bloqués à Montréal depuis plus de deux mois.

Photo : Donald Delva

La famille Delva s'est résolue alors à louer une maison pendant un mois. Toutefois, comme la situation ne s'arrangeait pas, elle a prolongé le bail d'un mois.

« Pendant ce temps, il faut continuer à dépenser pour se nourrir. On a des enfants presque en bas âge. C'est difficile », reconnaît-il.

Donald Delva craint maintenant de se retrouver sans argent avant l'arrivée de la famille à Winnipeg. D'autant plus qu'il est le seul à avoir obtenu son numéro d'assurance sociale pour le moment. Les autres membres de la famille attendent toujours.

D'autres cas similaires

Selon l'Accueil francophone, le cas de la famille Delva n'est pas isolé. L'organisme d'aide aux nouveaux arrivants francophones qui s'établissent au Manitoba affirme qu'une dizaine de personnes sont dans des cas similaires à Vancouver et à Montréal. Une situation compliquée à gérer à distance.

« Nous aussi, nous travaillons de la maison, donc de prime abord ça change notre travail. Et d'avoir des personnes qui restent bloquées dans ces grandes villes nous a demandé beaucoup de travail en interne pour pouvoir se relayer afin de ne pas les laisser seules », souligne Fanny Drigny, coordonnatrice des services prédéparts pour la région des Prairies.

Une seule posant pour une photo.

Fanny Drigny de l'Accueil francophone

Photo : Fanny Drigny

Elle ajoute qu'un agent est en contact permanent avec ces personnes pour s'assurer qu'elles ont accès aux choses essentielles. Selon elle, c'est un vrai casse-tête.

« Le numéro d'assurance sociale, qui est indispensable à tous les nouveaux arrivants, a été pendant un moment très difficile et long à obtenir. Or, sans ce document, pas de recherche d'emploi possible et une difficulté à louer une maison ou avoir un numéro de téléphone. Bref, toute démarche qu'on doit faire au quotidien devient un défi », poursuit Fanny Drigny.

Ils ne peuvent pas repartir chez eux

Il y a ceux qui cherchent à s'établir au Manitoba non sans défis, et ceux qui étaient venus à Winnipeg pour une visite exploratoire dans le cadre de leurs processus d'immigration et qui ne peuvent retourner chez eux, en raison de la fermeture des frontières.

Selon Brigitte Léger, conseillère en immigration au Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM) cinq Algériens qui étaient à Winnipeg ne peuvent toujours pas retourner dans leur pays. Ils sont, eux aussi, toujours bloqués à Montréal.

Une dame aux cheveux bruns mi-longs, emmitouflée dans un manteau, parle à la caméra.

Brigitte Léger, conseillère en immigration au Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM).

Photo : Radio-Canada

« Ils attendent que leur gouvernement s'organise pour les faire sortir du Canada. Ils sont pris dans des circonstances mondiales. Et c'est frustrant quand on ne peut rien faire pour les aider, car c'est la responsabilité de leur pays », regrette-t-elle.

Elle ajoute que l'épouse de l'un d'eux a même eu un bébé au cours de cette période. Selon elle, les cinq hommes sont actuellement pris en charge par leur service consulaire.

Brigitte Léger dit également que la province a déjà approuvé plus d'une centaine de demandes pour des visites exploratoires au Manitoba, mais les candidats ne peuvent pas venir à cause de la pandémie.

Donald Delva, lui, n'écarte pas l'idée de chercher du travail à Montréal en attendant de poursuivre son périple parce qu'il ne souhaite pas atterrir à Winnipeg sans aucun sou.

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