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Une seconde demande de fonds pour accueillir des enfants à besoins spéciaux en garderie

Près de 15 000 enfants figurent dans la liste d'attente pour une place en garderie au Manitoba.

Les garderies au Manitoba ne comprennent pas vraiment pourquoi la province leur impose de reformuler une demande pour des subventions approuvées dans le passé.

Photo : Radio-Canada

Certaines garderies sont obligées de redemander des fonds à la province, dans le cadre du programme du soutien à l’inclusion, pour pouvoir accueillir des enfants qui ont des besoins particuliers. Selon les établissements, cela augmente leur charge de travail et les empêche d’accueillir ces enfants.

À Lorette, une garderie a reçu une demande de la part d'une famille. Je ne peux pas accueillir cet enfant jusqu’à ce que j’obtienne la garantie que j’aurai les fonds dont j’ai besoin , se désole cependant la directrice de la garderie Les Chouettes, Juliette Chabot.

La garderie bénéficie, en temps normal, de l’aide financière de la province dans le cadre du programme de soutien à l’inclusion du Manitoba.

Ce programme permet aux garderies d’accueillir, dans les meilleures conditions possibles, des enfants qui ont des besoins particuliers, que ce soit des handicaps physiques ou cognitifs ou des problèmes comportementaux ou émotionnels. La province l’a suspendu pendant la pandémie.

Une aide considérable

Selon Juliette Chabot, ces fonds sont destinés à payer un employé qui accompagne l’enfant tout au long de la journée. La somme perçue est de l’ordre de 12 $ de l’heure.

Si je n’ai pas cette aide, il me sera difficile de l’accepter, car je ne peux pas laisser l'enfant seul. Mais je ne peux pas payer cette personne non plus, car la garderie fonctionne déjà avec un budget très serré.

Juliette Chabot, directrice de la garderie Les Chouettes

La directrice générale de l’Association manitobaine des garderies, Jodie Kehl, confirme que d’autres structures font face aux mêmes difficultés.

Le directeur de l’établissement winnipégois Discovery Children’s Centre, Ron Blatz, explique ne pas pouvoir accepter plus d’enfants ayant des besoins particuliers, faute de financement. Or, il pourrait en accueillir trois autres.

Comme Juliette Chabot, Ron Blatz ne comprend pas pourquoi la province lui demande de remplir de nouvelles demandes pour des fonds déjà approuvés.

Moins d’enfants, moins de fonds

D’après un porte-parole de la province, le besoin pour le financement de l’inclusion a changé, étant donné que les centres prennent moins d’enfants qu’avant. Il ajoute que l’équipe actuelle peut être suffisante dans certains cas.

De manière générale, nous voyons une baisse du montant de la subvention pour le soutien à l’inclusion qui est fournie aux garderies.

Un porte-parole de la province

Or, selon le directeur de Discovery Children’s Centre, cet argument de la province ne tient pas. Même avec 81 enfants présents contre 300 en temps normal, son équipe a plus de travail en raison des recommandations sanitaires.

Et, dans tout ça, on nous demande de faire plus de travail administratif que la charge habituelle, déplore le professionnel de la petite enfance.

Toujours accessible

Juliette Chabot abonde dans le même sens. Dans cet océan de contraintes engendrées par la pandémie, remplir de nouveaux formulaires alourdit ses journées de travail.

La seule solution, ce serait de ne pas avoir à refaire de demande et de ne pas avoir de retard dans le versement de cette subvention. J’aimerais qu’elle soit toujours accessible et constante, explique-t-elle.

Elle s’inquiète aussi pour les parents de l’enfant qu’elle ne pourrait accueillir.

Il faudra qu'eux aussi se battent avec la province pour trouver une solution.

Juliette Chabot, directrice de la garderie Les Chouettes

Des fonds toujours disponibles

Connie Dimen, de son côté, est soulagée après sa discussion avec les autorités de la province. Elle s’inquiétait qu'elle et son mari, tous les deux travailleurs en soins à domicile, ne pourraient pas retourner au travail si la garderie ne pouvait recevoir leur fille.

Le gouvernement lui a assuré que les fonds étaient toujours disponibles pour les enfants qui en avaient besoin. La mère de famille espère que les garderies obtiendront l’argent nécessaire, mais dit que c'est peut-être à la province de mieux communiquer avec les professionnels de la petite enfance.

Selon les chiffres de la province, le gouvernement a versé plus de 612 000 $ sous forme de subventions à 820 enfants qui avaient des besoins particuliers entre le 8 mars et le 4 avril.

La province a apporté son soutien à plus de 1400 enfants au cours de l’année fiscale 2018-2019, pour la somme totale de 13,5 millions de dollars, selon un document de la province.

Juliette Chabot dit elle aussi comprendre les besoins de la province, mais elle a l’impression que les garderies restent toujours en dernière ligne en matière de financement. On nous demande d’offrir un service de qualité, mais il faut investir , conclut-elle.

Avec les informations de CBC

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