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Des Fransaskois discutent de l'ampleur du racisme au Canada

Un dessin de George Floyd à la craie sur le trottoir avec un bandeau Black Lives Matter et le slogan I can't breathe

Un dessin représentant George Floyd à la craie devant l'assemblée législative de la Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

La mort tragique de l'Afro-Américain George Floyd, survenue aux États-Unis le 25 mai dernier, n’a laissé personne indifférent. Partout dans le monde, des manifestations et des émeutes ont tenu à dénoncer le racisme et la discrimination envers les minorités.

En Saskatchewan, les émissions Point du jour et Pour faire un monde ont accueilli différents invités pour une table ronde afin de se pencher sur les récents événements aux États-Unis, mais aussi sur l’existence des tensions raciales au Canada.

Table ronde à l'émission Point du jour sur l'existence des tensions raciales en Saskatchewan

Sentiments suite à la mort de George Floyd

Je ressens une bousculade de sentiments. Ce n’est pas la première fois que cette situation arrive, mais cette fois-ci, quelqu’un avait une caméra, explique Cécile Kayijuka, une Fransaskoise d’origine rwandaise.

Elle est heureuse de constater que les gens se lèvent pour dénoncer une situation longtemps vécue par les communautés noires.

De son côté, l’avocat en immigration Mathieu Sirois se désole de voir une autre situation troublante comme celle de George Floyd se produire aux États-Unis. Il constate qu'il s'agit malheureusement d'un phénomène récurrent.

Le racisme, un problème présent au Canada

La mort de l’homme noir de 46 ans provoquée par un policier blanc de Minneapolis a relancé les discussions sur les tensions raciales qui existent au Canada.

Selon Janice Murphy, le racisme au Canada est différent de celui aux États-Unis. Il demeure toutefois présent, selon elle, notamment en ce qui concerne les Premières Nations.

Cécile Kayijuka va plus loin en affirmant que le racisme n’est pas seulement un problème américain et que le Canada n’est pas à l’abri de la discrimination raciale.

Le profilage racial est très présent. On met une étiquette sur la provenance et la couleur de peau d’une personne. On a nos problèmes au Canada , explique-t-elle.

D'ailleurs, elle dit avoir été victime de ces tensions raciales, tout en mentionnant qu’il ne faut pas attribuer l’étiquette de la femme noire en colère à celles qui dénoncent les actes de racisme.

Table ronde à l'émission Pour faire un monde sur les tensions raciales

La brutalité policière

La mort de George Floyd lors de son arrestation brutale par un policier blanc a aussi lancé le débat sur le rôle de la police et sa réputation, qui est parfois malmenée par ce type d’incident.

Janice Murphy souligne qu’il est important de comprendre qu’il y a des agents de la paix qui ne font pas bien leur travail, mais que l’institution n’est pas pour autant à blâmer.

Elle admet toutefois qu’il est difficile de trouver un équilibre entre le comportement de certains agents et l'organisation lorsque ce type de tragédie survient. Il est difficile d’avoir confiance, mais il faut garder un esprit critique et travailler à améliorer le système.

Janice Murphy estime également qu'il ne s'agit pas seulement de cas présents aux États-Unis, citant au passage le cas du harcèlement envers les femmes de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Comment faire pour combattre le racisme au Canada?

Les participants à la table ronde sont d'accord sur un point : le racisme n’est pas un problème limité aux États-Unis et au Canada, il est aussi présent en Saskatchewan. Devant ce fait, quelles sont les pistes pour venir à bout de la discrimination raciale?

D'après Cécile Kayijuka, une part de la réponse se trouve dans le dialogue entre les personnes.

La manière [de s'occuper du problème], c’est d’en parler en disant que ce n’est pas un problème de Noirs, mais plutôt un problème de société.

Cécile Kayijuka

Il faut aussi reconnaître que le système a été bâti par les Blancs et non par les minorités visibles. À partir de là, les personnes blanches peuvent parler à leurs enfants, à leurs proches, surtout à ceux qui ont un discours raciste pour améliorer le futur , ajoute-t-elle.

La présidente de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan (CAFS), Céline Moukoumi, appelle à la participation de la population de la Saskatchewan à des activités organisées par son organisme. Elle considère que cette présence est importante pour briser les barrières entre les différentes communautés culturelles.

De son côté, Thuy Nguyen soulève l’importance pour les médias de représenter le côté multiculturel du Canada. C’est bien d’avoir une présence dans les médias du visage canadien qui est multiethnique , conclut-elle.

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