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22 organismes demandent la protection des milieux humides à Gatineau

Une étendue d'eau entourée de végétation.

Les milieux humides filtrent l’eau contaminée. Ils agissent comme des éponges et préviennent les inondations ou l’érosion des berges.

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Un groupe de 22 organismes de l’Outaouais demandent à la Ville de Gatineau d’utiliser les pouvoirs qui lui sont conférés par la province pour protéger les milieux humides de la région.

Une lettre en ce sens a été envoyée au conseil municipal jeudi, la veille de la Journée mondiale de l’environnement tel que reconnue par l'Organisation des Nations unies (ONU).

Marianne Strauss, directrice générale de la Fondation forêt Boucher s’inquiète de voir disparaître d’autres milieux humides dans un très proche avenir.

Mme Strauss a du mal à s’expliquer la réponse de la Ville de Gatineau qui a mentionné que seul le gouvernement provincial avait le droit d’autoriser les interventions dans les milieux humides et de fixer les montants de compensation, alors que son organisme demande à la Ville d'interdire la destruction des milieux humides dans les écoterritoires et les corridors tel que prévu au schéma d'aménagement et autorisé par la loi, souligne-t-elle.

Une réponse encore plus inquiétante, selon elle, au lendemain de l’annonce du gouvernement du Québec qui a présenté le projet de loi 61 qui a pour objectif d'accélérer 202 projets d'infrastructures pour relancer l'économie.

Les milieux humides sont de plus en plus rares dans les zones urbaines, il faut les protéger. Depuis cinq ans que c’était prévu au schéma d’aménagement la Ville de Gatineau, il faut prendre l’exemple de la Ville de Saint-Lazare qui a modifié son règlement de zonage en 2019 afin d’interdire le remblai, le drainage et l’extraction de tous milieux humides sur l’ensemble du territoire de la Ville, soutient Mme Strauss en entrevue téléphonique avec Radio-Canada.

Les signataires de la lettre s’inquiètent notamment qu’une mesure de protection prévue par le schéma d’aménagement n’ait pas été ajoutée à la réglementation de la Ville. Cette mesure indiquait qu’aucune destruction des milieux humides ne serait permise dans les écoterritoires et les corridors verts, qui sont parmi les écosystèmes les plus importants à Gatineau, peut on lire dans un communiqué envoyé par la Fondation forêt Boucher.

Selon la Fondation, le Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques a confirmé que la Ville de Gatineau a le droit de prévoir une telle interdiction, selon la Loi sur schéma d'aménagement et l'urbanisme.

La Ville est en droit d’interdire la destruction des milieux humides en vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, mais elle semble vouloir refuser de le faire, soutient Marianne Strauss.

La Maison du citoyen, à Gatineau.

La Maison du citoyen, à Gatineau.

Photo : Dereck Doherty

Le plan de gestion actuel n'est pas assez précis selon l'APEL

Seize associations de résidents font partie des signataires de la lettre dont l’Association pour l’environnement de Limbour (APEL).

Sa présidente Diane Paré a dit que la Ville de Gatineau a un plan de gestion des milieux naturels, mais qui laissent trop souvent place à interprétation pour le développement. Selon elle, ce manque de clarté met en péril les milieux humides.

En éliminant les milieux humides, on détruit une partie de la biodiversité qui utilise ces milieux, on détruit les milieux tampons qui servent à s'assurer que lorsqu’on a des pluies diluviennes, lorsqu’on se ramasse avec des situations climatiques qui sortent de l'ordinaire, on a des infrastructures naturelles qui sont importantes dans le processus de gestion d’une ville, soutient Mme Paré en entrevue à Radio-Canada.

Une femme qui coupe une plante

Diane Paré, présidente et l'Association pour l'environnement du quartier de Limbour

Photo : Radio-Canada / Alexandra Angers

Elle s'inquiète que le développement de l’Escarpement Limbour puisse menacer des milieux humides situés dans la zone déclarée comme habitable.

Il ne faut pas que les gens pensent qu’un milieu humide c'est juste bon pour les maringouins, c'est plus que ça, c’est bon pour la biodiversité, pour prévenir les inondations, c’est bon pour tout ce qui nous entoure présentement, précise Mme Paré. L'asphalte [...] ça nous aide pas contre tous les éléments climatiques qui nous entourent présentement.

Des suggestions bien accueillies

La conseillère Maude Marquis-Bissonnette, qui est aussi Présidente de la commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement, accueille favorablement la lettre de la Fondation forêt Boucher et se dit prête à évaluer les propositions.

Cette lettre a été remise alors que des consultations publiques sont en cours sur le schéma d’aménagement. 

Donc, on est en train de traduire les objectifs du schéma d'aménagement à l’intérieur de nos règlements d’urbanisme, dont le plan d’urbanisme, et dans le schéma d’aménagement y’a des objectifs en matière de milieux humides, notamment qu’il n’y ait aucune destruction de milieux humides pour ce qu’on appelle le réseau vert, au niveau des écoterritoires et des corridors verts. Les milieux humides à l'extérieur de ces zones et qui sont plus petits et de moins grande valeur écologique sont voués à disparaître c'est ce qui est prescrit à l’heure actuelle au schéma, explique Mme Marquis-Bissonnette en entrevue à Radio-Canada.

Maude Marquis-Bissonnette répond aux questions d'une journaliste à la Maison du citoyen.

La conseillère municipale du district du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette.

Photo : Radio-Canada

Selon la conseillère, les propositions de la Fondation sont éclairantes au niveau des pouvoirs qui sont disponibles pour les villes et sont présentement analysés par les employés municipaux.

Mais Mme Marquis-Bissonnette n’est pas prête à s’engager à protéger tous les milieux humides.

À Gatineau, on a vécu deux inondations centenaire dans les dernières années et on a beaucoup parlé de milieux humides comme solution partielle pour absorber l’eau, soutient-elle. Oui il faut tout à fait étudier ça et j’ai une ouverture à cet égard et il faut prendre le temps de l’étudier. Mais il est trop tôt pour me prononcer si je suis prête à protéger 100% des milieux humides sur le territoire de la ville.

Le territoire de Gatineau comprend 5 293 hectares de milieux humides, soit 9,8 % de sa superficie.

Avec des informations de Pascal Gervais

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