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La mémoire d’un homme abattu par la police de Winnipeg en 2019 sera honorée

Un homme souriant légèrement.

La mémoire de Machuar Madut, abattu par la police de Winnipeg en février 2019, sera honorée lors de la manifestation contre la violence envers les personnes noires.

Photo : Sandy Deng

Radio-Canada

Des amis et des membres de la famille de Machuar Madut rappelleront son souvenir lors de la manifestation contre la violence envers les personnes noires qui se tiendra vendredi à Winnipeg. L’homme originaire du Soudan du Sud a été tué par balles par la police de Winnipeg dans un appartement de la rue Colony, le 23 février 2019.

Le rassemblement se ralliera aux mouvements américains contre le profilage racial et la brutalité policière, catalysés par la mort de George Floyd le 25 mai à Minneapolis. L’homme de 46 ans est mort asphyxié après avoir été maintenu au sol par un agent de police, aidé de trois collègues.

Comme personnes noires, nous voyons, nous entendons ce genre d’histoires, mais quand Machuar a été abattu ici dans la ville où je vis, c’est devenu une réalité pour moi, dit Sandy Deng, membre de la communauté sud-soudanaise de Winnipeg, qui connaissait Machuar Madut.

C’est une preuve que ces choses-là arrivent, et pas seulement aux États-Unis, ajoute-t-elle.

Une femme ayant les larmes aux yeux.

Sandy Deng prendra la parole à la manifestation pour dénoncer le traitement que Machuar Madut a reçu de la police en 2019.

Photo : CBC / Jeff Stapleton

Elle raconte que Machuar Madut, arrivé au Canada après être passé par un camp de réfugiés kényen, souffrait de problèmes de santé mentale et maîtrisait mal l’anglais. Selon elle, sa santé mentale s’est détériorée en 2010, lorsque sa femme a déménagé en Colombie-Britannique avec leurs trois enfants.

Sandy Deng prendra la parole devant l’Assemblée législative du Manitoba vendredi pour dénoncer les traitements subis par Machuar Madut comme par George Floyd.

Elle espère que tous se joindront à la marche. Une injustice envers n’importe qui dans la société est une injustice envers tous, affirme-t-elle.

Ils n’allaient pas lui donner une chance

L’Unité d’enquête indépendante (UEI) du Manitoba, qui a enquêté sur les circonsances de la mort de Machuar Madut, a conclu que l’usage de la force par l’officier qui a l'abattu était nécessaire et ne devait pas conduire à des accusations criminelles.

Sandy Deng a lu le rapport et ne considère pas que justice a été rendue.

Les agents n’ont pas pris en considération qui il était, à mon avis. Ils sont simplement arrivés, ont vu un gros type noir effrayant et n’allaient pas lui donner une chance de s’expliquer, affirme-t-elle.

Machuar Madut, décrit par sa famille et ses voisins comme un homme calme et poli, avait été évincé de son appartement parce qu’il avait brisé une porte, selon le rapport de l’UEI. Il a passé toute la nuit du 22 février 2019 à jeter les meubles de son appartement dans une benne à ordures.

Il était suivi pour ses problèmes de santé mentale, mais depuis son éviction, la situation empirait et il était désespéré, raconte son cousin Ayei Madut, qui habitait dans le même immeuble. Machuar imaginait que des gens le suivaient et il ne prenait pas ses médicaments, dit-il.

Un homme sérieux et pensif.

Ayei Madut est convaincu que s'il avait été avec son cousin ce matin-là, les choses se seraient passées autrement.

Photo :  CBC / Jeff Stapleton

Des voisins ont raconté avoir vu Machuar Madut frapper dans des portes d’appartements avec un marteau le matin du 23 février et éventuellement réussir à entrer dans l’un d’eux, ce qui a terrifié les locataires qui essayaient d’en sortir. Plusieurs personnes ont appelé le 911 pendant que Machuar Madut endommageait l’appartement.

Deux agents ont coincé Machuar Madut dans son appartement. Leur pistolet électrique n’a eu aucun effet sur lui en raison de ses vêtements d’hiver, selon le rapport de l’UEI.

Le rapport indique également que lorsque les policiers se sont approchés de lui, Machuar Madut a asséné un coup de poing sur la tête de l’un d’entre eux, puis l’a poursuivi dans l’appartement en brandissant un marteau. Cette situation a incité l’autre agent à tirer sur l'homme à plusieurs reprises.

Selon Sandy Deng, la police n’a pas réussi à désamorcer la situation.

Un expert en santé mentale qui travaille avec la police a déjà mentionné à CBC qu’il n’y avait pas de tolérance lorsque quelqu’un se dirige vers des policiers avec une arme.

Le bureau du médecin-légiste a commandé une enquête sur la mort de Machuar Madut.

La demande de commentaires de CBC au Service de police de Winnipeg et à l’UEI est restée sans réponse.

Avec les informations d'Erin Brohman

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