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Après la COVID-19, les tournages menacés par l’absence d’assurances 

Trois personnes travaillent sur un plateau de tournage en portant un masque.

Les tournages de films et de séries pourront reprendre le 8 juin au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La pandémie de COVID-19 a provoqué l’arrêt des tournages depuis la mi-mars. La reprise des tournages, prévue pour le 8 juin en raison de l’amélioration de la situation sanitaire, est désormais mise en péril par un autre problème : le manque d’assurances. Des producteurs et productrices demandent donc l’aide de Québec.

Les tournages de films et de séries sont couverts par des assurances, notamment pour compenser le coût d’un retard pris lorsqu’un acteur ou une actrice tombe malade, par exemple, ou qu’une épidémie de grippe se propage dans l’équipe. 

Désormais, les compagnies d’assurances refusent non seulement de couvrir le risque de la COVID-19, mais aussi toutes les maladies infectieuses, même une banale gastro-entérite ou un feu sauvage trop visible sur le visage d’une personne pour être maquillé.

De plus, les différents investisseurs, notamment Téléfilm Canada et la SODEC, ou encore les banques exigent que les productions soient assurées pour leur accorder du financement. 

Résultat, même si la Direction générale de la santé publique a donné son feu vert à la reprise des tournages au Québec, certaines productions resteront à l’arrêt en raison de ce problème de couverture assurantielle. 

Sans solution pour l’assurance, personne ne voudra avancer de l’argent pour un film, à cause du risque d’une deuxième vague de COVID-19, explique Pierre Even, producteur de cinéma et notamment du prochain film Maria Chapdelaine.

Mais la suite du tournage de Maria Chapdelaine, prévu en août, sera assurée, car l’assurance avait été souscrite avant la crise de la COVID-19. 

Des producteurs et productrices sonnent l’alarme

Avec sept autres producteurs et productrices de films, Pierre Even fait partie du Regroupement des producteurs indépendants de cinéma du Québec. 

Le groupe a envoyé, mardi, une lettre au premier ministre québécois, François Legault, et à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, pour les alerter de ce problème des assurances qui deviendra le plus grand frein à la reprise dans le secteur audiovisuel du Québec.

Avec l’aide de spécialistes en assurance, le Regroupement des producteurs indépendants de cinéma du Québec a calculé le coût que pourrait occasionner la suspension d’un tournage pendant 14 jours à cause de la COVID-19 pour un film moyen. Le montant pourrait dépasser le million de dollars. 

Les majors américaines ont les moyens de s’autoassurer, mais aucun producteur indépendant ne peut se le permettre.

Pierre Even

L’aide de Québec demandée

Les signataires de la lettre demandent la création d’un fonds doté d’une somme garantie par le gouvernement québécois à hauteur de 50 millions de dollars pour couvrir les risques liés à la COVID-19 et aux autres maladies infectieuses. 

Les entreprises de production pourraient être appelées à contribuer au fonds en versant une prime additionnelle à la SODEC [qui administrerait ce fonds], indique la lettre. 

Ce fonds, destiné à prendre le relais des compagnies d’assurances, resterait en place pendant deux ans, le temps que l’industrie de l’assurance adapte ses polices à la nouvelle réalité sanitaire et qu’un vaccin contre la COVID-19 fasse ses preuves. 

Pour le moment, Pierre Even et ses collègues n’ont pas encore reçu de réponse à leur lettre. 

Une solution pancanadienne également à l’étude 

L’Association canadienne des producteurs médiatiques (CMPA), qui représente les producteurs et productrices de télévision et de cinéma, travaille également sur une solution similaire. 

La CMPA envisage sur un système de primes que paieraient les compagnies de productions pour être couvertes. L’argent ainsi mis en commun servirait à compenser les coûts des tournages perturbés par la survenue de cas de COVID-19.

Et le gouvernement fédéral contribuerait au fonds si ce dernier, débordé par le nombre de réclamations, ne suffit pas à compenser les pertes occasionnées par une deuxième vague de COVID-19. 

Le Regroupement des producteurs indépendants de cinéma du Québec préférerait qu’une solution québécoise soit trouvée. Ce serait plus facile et plus rapide, précise Pierre Even. 

Comme la CMPA, Pierre Even et ses collègues ont pris leur inspiration de solutions semblables proposées dans plusieurs pays européens, comme la France. 

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