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Un dentiste de la Beauce teste un respirateur « plus efficace » que le masque N95

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une femme porte le respirateur dans une clinique dentaire.

Le reportage de Marc-Antoine Lavoie

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Un respirateur conçu en Chaudière-Appalaches pourrait être une solution de rechange aux fameux masques N95 dans les milieux de soins. Convaincu de son efficacité, un dentiste de la Beauce teste présentement le prototype.

C’est avec un masque muni de tuyaux reliés à un respirateur que Bruno Bédard accueille maintenant ses patients dans sa clinique dentaire située à La Guadeloupe en Beauce.

Je n’avais pas l'impression qu'on allait recommencer avant le mois de septembre. Mais là, on est au feu. On est sur la ligne d'action, ça prend absolument le respirateur pour que moi je sois en confiance, affirme le dentiste Bruno Bédard.

Le respirateur conçu par l’entreprise eTrace Medical de Thetford Mines filtre l’air inspiré et expiré par la personne qui le porte.

Deux dentistes traitent un patient.

Le respirateur permet aux dentistes de travailler près de la bouche du patient, malgré la production d'aérosols lors des traitements.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les organismes emprisonnés dans le filtre sont immédiatement anéantis à haute température ou par charge électrique. Contrairement aux masques N95, aucune charge virale ne s’y accumule.

Toutes particules de 1 nanomètre et plus sont bloquées. Ce filtre est en acier inoxydable et exposé à une température très élevée. Donc, on tue les virus et les bactéries, assure le président-directeur général de la compagnie, Yves Gamaches.

Éliminer les risques de contamination

La personne qui le porte ne peut donc ni contaminer l’air ambiant ni être elle-même contaminée par celui-ci, ce qui est grandement utile dans une clinique dentaire où de nombreux aérosols sont produits lors des traitements.

Pour M. Bédard, qui pratique depuis le début des années 80, cette innovation est la seule façon de s’assurer que son cabinet ne devienne pas un vecteur de propagation de la COVID-19.

Quand on travaille, on veut protéger le patient, mais aujourd'hui on doit se protéger du patient. Le masque chirurgical a ses limites, dit-il.

Avec ce masque-là, je n'aurais pas peur de traiter un patient malade de la COVID-19.

Bruno Bédard, dentiste
Le dentiste Bruno Bédard installe son masque.

Bruno Bédard est dentiste à La Guadeloupe en Beauce.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Pallier la pénurie

Bruno Bédard se dit surpris que les dentistes soient autorisés à reprendre leur pratique depuis le 1er juin puisque les démarches sont encore pénibles pour se procurer le matériel de protection adéquat.

J'ai placé des masques en commande depuis deux mois et il n’y en a pas de disponibles encore, déplore-t-il.

Le respirateur à l’essai dans sa clinique l’a toutefois convaincu qu’il pourrait rouvrir ses portes, d’autant plus qu’il est selon lui plus confortable et écologique que les masques jetables.

La première chose qui arrive quand on travaille avec un N95, c’est qu’aussitôt qu'on se met en position de travail, la visière devient embuée et on a de la difficulté à travailler, soulève-t-il.

Prototype

La compagnie eTrace Medical est présentement en démarches pour obtenir les autorisations de Santé Canada afin de démarrer la production et la distribution de son respirateur.

Dans la foulée de la COVID-19, on est sur une liste d'attente. Il serait important de faire vérifier par des tiers pour confirmer ce que l'on dit, souhaite Yves Gamache.

J'espère que ce système va se retrouver rapidement sur le marché. Si on l'avait eu avant, il y aurait beaucoup de gens qui ne seraient pas décédés.

Yves Gamache, président-directeur général de eTrace Medical
Yves Gamache discute avec le dentiste Bruno Bédard.

Yves Gamache, président-directeur général, eTrace Medical

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Un respirateur qui se porte à la ceinture est aussi en développement.

Les conducteurs de taxi, les ambulanciers, les concierges en CHSLD et les préposés aux bénéficiaires pourraient travailler de façon sécuritaire sans contaminer leurs collègues ou leurs patients, ajoute M. Gamache.

L’entreprise participe à trois concours du gouvernement fédéral afin d'obtenir le financement nécessaire au lancement de la production à grande échelle de son respirateur.

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