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Projet de loi 61 : François Legault accusé de revenir à « l'époque Duplessis »

L'opposition reproche au gouvernement de contourner plusieurs lois afin d'accélérer la relance économique.

François Legault en conférence de presse.

La situation exceptionnelle entraînée par la pandémie de coronavirus exige des mesures exceptionnelles, affirme François Legault.

Photo : Radio-Canada

« Pourquoi s'embarrasser des règles quand on a juste à passer une loi pour les éliminer? » a demandé la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade. La libérale accuse le premier ministre de vouloir gouverner « avec le moins d'entraves possible ».

Réduire les délais, ça ne veut pas dire nécessairement contourner les lois.

Dominique Anglade, cheffe du PLQ

La situation exceptionnelle exige des mesures exceptionnelles, répond le premier ministre François Legault. Son gouvernement a déposé, mercredi, le projet de loi 61 qui prévoit « assouplir » et « alléger » plusieurs procédures, notamment en environnement, afin de réaliser le plus vite possible des chantiers d'infrastructures.

L'objectif, ce n'est pas de réduire les exigences, c'est de réduire les délais.

François Legault, premier ministre du Québec

Québec solidaire accuse le gouvernement de confondre urgence et précipitation. La cheffe de Québec solidaire, Manon Massé, croit qu'à force d'aller vite, le danger c'est de rater le virage écologique.

Déjà, les groupes environnementaux sont vent debout contre le projet de loi 61 qui prévoit autoriser la destruction de la faune et la flore en échange d'une compensation financière.

Le ministre de l'Environnement qualifié de « fossoyeur » de la nature

Benoît Charette pendant la période des questions à l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Environnement du Québec, Benoît Charette, se dit « tout à fait à l'aise » avec le projet de loi 61.

Photo : Radio-Canada

Le porte-parole du Parti québécois en matière d'environnement, Sylvain Gaudreault accuse le gouvernement de marchander la destruction d'espèces menacées ou vulnérables.

Le ministre Benoit Charette lui a répondu qu'il est tout à fait à l'aise avec le projet de loi et qu'il en cautionne l'entièreté.

On ne modifie aucune norme environnementale, on change les façons de faire.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement du Québec

La promesse de faire de 2020 l'année de l'environnement, c'était de la foutaise, a ajouté la porte-parole libérale en matière d'environnement, Marie Montpetit, avant de retirer l'emploi du mot et le remplacer par bouillie pour les chats.

Est-ce que le ministre de l'Environnement peut enfin avoir une colonne ou va-t-il laisser son collègue au Trésor faire de lui le fossoyeur de tous nos règlements en environnement?

Marie Montpetit, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'environnement

En guise de réponse, le ministre l'a mise au défi de nommer des projets de relance, dont plusieurs touchent sa circonscription, qui ne sont pas conformes au principe de développement durable.

Lors de son point de presse quotidien, François Legault a exclu d'adopter le projet de loi 61 sous bâillon. « On veut l'adopter avec l'appui des partis d'opposition », a-t-il dit.

Le gouvernement a déjà consenti à quelques amendements au projet de loi, mais aucune ne concerne les articles traitant d'environnement.

François Legault veut faciliter les expropriations

Un extrait du décor de la conférence de presse de lundi, avec une carte de la future ligne bleue.

Le projet de loi prévoit d'empêcher toute contestation d'expropriation dans le cadre de grands projets, comme celui du prolongement de la ligne bleue.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

La majorité des Québécois trouve que ça prend trop de temps de réaliser des projets, a justifié le premier ministre. Le projet de loi prévoit de faire disparaître pour deux ans le droit de contester une expropriation dans des projets de REM et de métro.

Si vous allez voir les gens qui sont responsables de la ligne bleue à Montréal, ils vont vous dire que, si on ne fait rien, il ne va rien se passer pendant les deux prochaines années.

François Legault, premier ministre du Québec

Ça me rappelle les expropriations de Mirabel, a déclaré la députée libérale d'Anjou-Louis-Riel, Lise Thériault, où doit aboutir la ligne bleue.

C'est pour les Québécois et pour la relance économique qu'on le fait, a répété le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé.

Le leader parlementaire de l'opposition officielle, Marc Tanguay, s'est levé pour demander : pourquoi le président du Conseil du trésor dit : On respecte toutes les lois, mais qu'il a besoin d'un projet de loi pour amender des lois qu'il respecte par ailleurs?

Le poids et contrepoids, c'est ce qu'il n'y avait pas suffisamment dans l'époque de Maurice Duplessis.

Marc Tanguay, leader parlementaire libéral

La ministre de la Justice peut-elle se lever pour justifier ce retour à Maurice Duplessis? a demandé Marc Tanguay.

Sonia LeBel lui a répondu que le gouvernement n'aura pas d'immunité totale pour ses actions. Elle a rappelé qu'une commission parlementaire doit se réunir dans les prochains jours pour analyser le projet de loi, afin éventuellement de le modifier, avant son adoption, prévue d'ici le 12 juin.

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