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Legault minimise le risque d'exode chez les préposés aux bénéficiaires

François Legault en conférence de presse.

Le premier ministre a de nouveau évoqué une aide financière de l'État pour certaines résidences privées.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le premier ministre du Québec, François Legault, a voulu tuer dans l’œuf les craintes d'un exode des employés des CHSLD et autres résidences privées vers le nouveau programme de formation de préposés aux bénéficiaires pour le réseau public, alors que le nombre de personnes intéressées frôle les 80 000.

Ces précisions ont été apportées jeudi lors du point de presse sur l'évolution de la pandémie au Québec, pendant lequel la ministre Isabelle Charest a aussi présenté le plan de déconfinement graduel du sport d'équipe, et où le premier ministre a défendu son projet de loi 61 sur la relance de l'économie québécoise.

M. Legault a ainsi précisé que, d'ici une semaine, il sera possible de connaître le nombre exact d'employés provenant de résidences privées parmi les 10 000 candidatures retenues dans le cadre du programme de formation.

Vous savez, depuis le début de la crise, on a aidé les résidences privées, entre autres avec le 4 $ de l'heure [d'augmentation] payé par le gouvernement; on va continuer d'aider [...], a soutenu le premier ministre.

Ce dernier a aussi rappelé que les gens sélectionnés dans le cadre du programme de formation qui doit débuter le 15 juin, sont des gens qui n'ont pas de formation de préposé aux bénéficiaires.

Donc, nous ne sommes pas en train d'enlever des préposés aux bénéficiaires à des résidences privées. Ceux qui avaient à transférer du privé aux CHSLD publics l'ont probablement déjà fait, parce que les préposés dans les CHSLD publics gagnent déjà 49 000 $, soit le salaire annuel promis aux futurs préposés qui auront suivi la formation intensive de trois mois.

Les personnes que nous irons chercher sont des gens qui n'ont pas de formation; cela nous fera 10 000 personnes formées en plus... Je pense qu'on ne peut pas être contre cela.

François Legault, premier ministre du Québec

Et s'il a reconnu qu'il serait injuste de ne pas accepter les candidatures de travailleurs œuvrant déjà dans des résidences privées, le chef caquiste a réitéré que le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, planchait sur un projet visant à aider les résidences conventionnées, où le gouvernement place des patients.

Toujours selon François Legault, certaines petites résidences privées pourraient avoir besoin d'une aide financière, tandis que de grandes résidences privées vont devoir augmenter le salaire de leurs employés, même si ce sont des entreprises qui sont là pour faire des profits.

Voilà un certain temps que le premier ministre affirme que les salaires des employés des résidences et centres privés devront augmenter, en évoquant une possible aide financière de l'État.

Le gouvernement sera-t-il véritablement en mesure d'empêcher un exode des employés du secteur privé vers les CHSLD publics? Y compris alors que des travailleurs en ressources intermédiaires, sans formation de préposé, seraient admissibles au programme public?

À cela, François Legault répond que les résidences privées qui perdraient éventuellement des employés pourraient avoir accès, dans certains cas, aux candidatures non retenues pour le programme public.

Des technologies « archaïques »

Le premier ministre a aussi profité de son point de presse pour s'attaquer à des outils qu'il juge archaïques lorsque vient le temps, notamment, de transmettre des informations sur le bilan des victimes de la pandémie.

Au début du mois de mai, notamment, la journaliste Linda Gyulai, du journal Montreal Gazette, rapportait qu'un télécopieur était un appareil essentiel lorsque venait le temps d'envoyer des informations cruciales pour la lutte contre la COVID-19 dans la métropole.

Monsieur [le directeur national de santé publique du Québec, Horacio] Arruda a subi quelques-unes de mes colères depuis trois mois; mes deux garçons ignorent ce que c'est, un fax, juste pour vous dire comment c'est archaïque, a-t-il lancé.

On n'a pas investi, dans les 10, 15, 20 dernières années, dans l'informatique, c'était toujours dans le bas de la liste au ministère de la Santé. Il y a encore du travail à faire... On a commencé à le faire. On travaille entre autres sur la saisie de données, on me dit que cela devrait être entièrement informatisé d'ici une semaine.

M. Legault juge ainsi qu'il y a énormément de rattrapage à faire, puisque des investissements n'ont pas été faits dans le réseau de la santé, du côté de l'informatique.

Un relâchement mal accueilli

Autant le Dr Arruda que le premier ministre ont demandé aux Québécois, et notamment aux Montréalais, de continuer de faire preuve de prudence et de respecter les normes en matière d'hygiène et de distanciation sociale.

Tout cela, a martelé M. Legault, dans le but d'éviter que le nombre de cas d'infection ne reparte à la hausse et que la population ne doive se confiner de nouveau.

Respectez les trois règles : demeurez à deux mètres de distance, lavez-vous les mains et portez un masque, a-t-il lancé.

Par ailleurs, le Québec compte 259 cas de contamination à la COVID-19 de plus que la veille, pour un total de 52 143. Les autorités sanitaires ont également signalé 26 décès supplémentaires par rapport à mercredi, et 65 décès survenus avant le 28 mai, pour un total de 4885 victimes depuis le début de la pandémie.

Le gouvernement rapporte également que le nombre de personnes hospitalisées a diminué de 65 depuis la veille, pour un cumul de 1076. De ce nombre, on recense 146 malades traités aux soins intensifs, soit un recul de 12.

Montréal demeure la région la plus touchée au Québec, avec 25 900 cas confirmés. La métropole a également franchi la barre des 3000 décès liés au coronavirus, avec 3016 victimes.

Les régions limitrophes de Montréal sont aussi largement affectées par la pandémie.

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