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Ces espèces canadiennes qui ne se trouvent nulle part ailleurs sur Terre

Environ 200 d'entre elles ont été désignées en péril. Seul le Canada peut les sauver.

Un loup de l'Est (Canis lupus lycaon).

Un loup de l'Est (Canis lupus lycaon)

Photo : Bill Crins (iNaturalist)

Radio-Canada

Existe-t-il d'autres espèces aussi canadiennes que l’orignal et le castor? Oui, révèle un nouveau rapport (Nouvelle fenêtre) qui montre que pas moins de 308 espèces et sous-espèces animales et végétales ne se trouvent que sur le territoire canadien, et nulle part ailleurs sur la planète.

Cette liste comprend des mammifères tels que le loup de l'Est, la marmotte de l'île de Vancouver, le bison des bois et le caribou de Peary; des oiseaux tels que le geai de Steller du Pacifique; et des poissons tels que le naseux des rapides de Banff, le corégone de l'Atlantique et la lamproie de Vancouver.

 Un geai de Steller du Pacifique

Un geai de Steller du Pacifique

Photo : chowan (iNaturalist)

La grande majorité de ces espèces, environ 80 %, sont des plantes et des insectes, et sont méconnues du grand public.

Ce sont les espèces les plus canadiennes parce qu'elles ne vivent qu'ici.

Dan Kraus, biologiste principal à Conservation de la nature Canada et l'un des principaux auteurs du rapport sur les espèces endémiques
Des caribous de Peary.

Le caribou de Peary est le plus petit parmi toutes les sous-espèces de caribous.

Photo : Anthony B. Zerafa (iNaturalist)

La plupart d’entre elles ont des aires de répartition et des populations réduites, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l'extinction. Les biologistes estiment que seuls 10 % sont considérées comme en sécurité, tels le satyre fauve des Maritimes – un papillon – et l'épilobe à feuilles d'or du Yukon – une plante à fleurs.

Les populations de seulement 20 % de ces espèces ont été évaluées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) afin de déterminer à quel point elles sont menacées.

Ce sont des espèces que seuls les Canadiens peuvent protéger, affirme M. Kraus.

Protéger ces espèces est la priorité du Canada dans sa lutte contre la perte de la biodiversité mondiale, soutient ce biologiste. La conséquence de notre échec à les protéger est l’extinction.

Conservation de la nature Canada est une organisation à but non lucratif dont l'objectif est de protéger les zones naturelles qui assurent la subsistance des plantes et de la faune.

Dans ses recherches des zones à protéger, l’organisation donne la priorité aux espèces endémiques, c’est-à-dire celles qui ne se trouvent qu'au Canada.

Une plante, la drave du Yukon (Draba yukonensis).

Drave du Yukon (Draba yukonensis).

Photo : Sean Blaney (iNaturalist)

C’est pour arriver à établir une liste des zones à protéger qu’elle a décidé de dresser celle des espèces que l'on trouve uniquement au Canada. Une liste qui n’existait pas jusqu'ici, du moins dans une forme exhaustive.

Pour y arriver, elle s’est associée avec NatureServe Canada, un réseau international de collecte et de distribution de données sur la conservation qui comprend huit centres de données indépendants de conservation (CDC) au Canada couvrant toutes les provinces et tous les territoires, sauf le Québec et le Nunavut.

En comparant les données canadiennes et américaines, les scientifiques ont dressé une liste des espèces qui existent au Canada mais pas aux États-Unis. Des dizaines d'experts dans tout le pays ont été consultés pour y arriver.

Un papillon cuivré des marais salés sur une fleur.

Un papillon cuivré des marais salés.

Photo : K. Melville (iNaturalist)

Les auteurs du rapport ont été surpris de découvrir combien d'espèces endémiques vivent dans les régions du nord du Canada, mais surtout à quel point elles étaient peu connues.

En fait, de nouvelles espèces endémiques ont été découvertes au cours de la rédaction du document qui a nécessité deux ans de travail, notamment un coléoptère au Yukon.

Cet insecte a été observé dans 27 zones géographiques où se trouvent de nombreuses espèces endémiques.

Il est possible que certains de ces points chauds soient beaucoup plus vastes que ce que nous avons cartographié ou qu'il y ait d'autres espèces endémiques au Canada.

Dan Kraus, biologiste principal à Conservation de la nature Canada

Il reste encore tant de découvertes à faire dans notre propre pays affirme M. Kraus, ajoutant que cela le stimule en tant que biologiste canadien.

La plupart de ces points chauds se trouvent dans des écosystèmes uniques, comme les dunes de sable d'Athabasca en Alberta ou les péninsules Great Northern et Avalon à Terre-Neuve, ainsi que des îles isolées comme l'île de Vancouver ou l'île de Sable en Nouvelle-Écosse, et les quelques régions du Canada qui n'étaient pas couvertes de glace lors de la dernière période glaciaire.

À l’heure actuelle, plusieurs de ces points chauds sont déjà connus comme des régions d’intérêt pour la biodiversité en général, et certains sont déjà protégés.

La Colombie-Britannique, le Québec, l'Alberta et le Yukon comptent le plus grand nombre de plantes et d'animaux endémiques.

Liste des espèces endémiques au Canada par province

  • Colombie-Britannique : 105
  • Québec : 57
  • Alberta : 54
  • Yukon : 43
  • Terre-Neuve-et-Labrador : 40
  • Saskatchewan : 36
  • Territoires du Nord-Ouest : 32
  • Manitoba : 31
  • Nunavut : 29
  • Nouvelle-Écosse : 28
  • Ontario : 28
  • Nouveau-Brunswick : 17
  • Île-du-Prince-Édouard : 7

L’aire de distribution de beaucoup d’espèces endémiques au Canada est restreinte, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la perte d’habitat, aux changements climatiques et à la présence d’espèces envahissantes, explique Patrick Henry, directeur général de NatureServe Canada.

Ce rapport fournit aux autorités des informations très importantes pour savoir où il faut investir en conservation afin de sauvegarder ces espèces qui ne vivent qu’au Canada.

Patrick Henry

Le Pr Fangliang He, de l’Université de l'Alberta, est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biodiversité et modélisation du paysage. Le chercheur, qui n’a pas participé à ce travail de recensement, note que la liste ne contient pas beaucoup d’espèces, car un grand nombre d’entre elles ont tendance à traverser la frontière avec les États-Unis, soit vers le sud, soit vers l'Alaska.

Par exemple, le nouveau rapport dresse la liste de 64 espèces de plantes endémiques (sans compter les mousses et les hépatiques) et 109 espèces, sous-espèces et variétés, alors qu'il estime qu'il y a environ 4000 espèces de plantes au Canada.

Il considère que ce type d’étude est utile.

C'est une information fondamentale très importante pour la conservation, particulièrement lorsque les ressources sont limitées.

Fangliang He, Chaire de recherche du Canada en biodiversité et modélisation du paysage

Les plantes et les animaux endémiques en général devraient vraiment être une priorité dans le domaine de la conservation, conclut le Pr Fangliang He.

Avec les informations de CBC

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