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Comment devenir un allié dans la lutte contre le racisme?

Un groupe de jeunes posent le genou par terre, signe de solidarité envers les personnes racisées victimes de violence policière.

Les Blancs peuvent être des alliés dans la lutte des Noirs contre le racisme systémique et les brutalités policières.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Radio-Canada

Comment être un bon allié? Comment s’engager? La mort de l’Américain George Floyd a réveillé de nombreux démons dans les pays à travers le monde. Pour beaucoup, c’est aussi un rappel que la lutte contre la racisme est loin d’être terminée. À ceux qui s’interrogent sur la manière de soutenir les victimes de racisme, des Winnipégois apportent des solutions.

Il ne faut pas attendre d’être victime d’une injustice pour se sentir concerné [par celle-ci], lance Raymond Ngarboui, Winnipégois originaire du Tchad.

Le Manitobain d’adoption est très impliqué dans le milieu communautaire à Winnipeg. Il oeuvre notamment auprès des familles de nouveaux arrivants et des jeunes des communautés africaines. Les événements tragiques qui se sont déroulés aux États-Unis l’ont ému.

Rappel des événements

Filmée par une passante le 25 mai, une vidéo de l'arrestation de George Floyd montre un policier qui le plaque au sol en gardant pendant de longues minutes son genou sur son cou. On entend George Floyd geindre et répéter : Je ne peux pas respirer.

Le policier, Derek Chauvin, ainsi que les agents Thomas Lane, J. Alexander Kueng et Tou Thao, qui l’ont aidé à maintenir George Floyd ou qui ne sont pas intervenus, font face à des accusations de meurtre au deuxième degré, de complicité de meurtre au deuxième degré et de complicité d'homicide involontaire.

La mort de George Floyd a entraîné un mouvement de protestation et d’appels à la justice qui s’est étendu dans plusieurs villes des États-Unis, où ont eu lieu depuis une semaine plusieurs manifestations.

Selon un article du New York Times, la police de Minneapolis recourt à la force contre les Afro-Américains, qui sont pourtant minoritaires, sept fois plus souvent que contre les Blancs.

Le temps d'agir

Selon Raymond Ngarboui, pour venir à bout de ce racisme systémique, il faut que tout le monde se lève, peu importe la couleur de sa peau.

Un jeune homme africain, debout les bras croisés devant un escalier.

Raymond Ngarboui.

Photo : Radio-Canada / Daniel Gervais

Il faut être proactif et essayer de se mettre à la place des personnes qui subissent le racisme, dit-il, ajoutant qu’il est temps de passer à des actions concrètes.

Éducation, premier pilier

Pour cet homme engagé qui a fui la guerre civile au Tchad, cela commence par l’éducation. Il faut aider les gens à comprendre ce à quoi font face les personnes qui ont la peau noire.

Je serais très content de voir insérer dans les programmes scolaires l’histoire des Africains, depuis la traite négrière. Il serait intéressant de voir ce qu’a causé l’esclavage et son impact sur leurs descendants, qui vivent en Amérique du Nord pour la plupart, et qui font partie des personnes racialisées, estime le Manitobain d'adoption.

L’éducation, c’est aussi ce que prône Jayda Hope, qui organise avec d’autres membres de la communauté noire un rassemblement contre le racisme et les violences policières, prévu vendredi à 18 heures devant lepalais législatif du Manitoba, à Winnipeg.

En parallèle au rassemblement, les organisateurs publient chaque jour un appel à l’action sur les réseaux sociaux. Le premier était surtout destiné aux alliés de leur cause.

Informez-vous sur la manière de devenir un allié tous les jours, était-il écrit.

Ne pas se taire

Jayda Hope a expliqué à CBC que les personnes qui ne sont pas noires peuvent soutenir le mouvement en se tenant informées de l’évolution de la situation et en suivant les organisateurs sur les réseaux sociaux.

Elle invite aussi les alliés à devenir le porte-voix des femmes et des hommes noirs et à les défendre dès qu’ils en ont l’occasion.

Pensez simplement aux personnes que vous connaissez personnellement, à ceux avec qui vous avez été à l’école, peut-être avec qui vous travaillez. Communiquez avec eux, explique-t-elle. Ne leur demandez pas seulement de l’information, mais prenez de leurs nouvelles et demandez-leur si elles ont besoin de quelque chose.

Raymond Ngarboui se réjouit de voir le soutien des personnes blanches. C’est bénéfique, dit-il, de s’entourer de tout le monde dans ce combat.

En tant que personnes non racialisées, leurs voix portent plus car, quand, par exemple, des personnes concernées, comme ici les Noirs, agissent, on dit qu’ils font jouer la victimisation, ajoute ce dernier.

En attendant de voir quelle tournure prendront les événements, Raymond Ngarboui et Jayda Hope se disent remplis d’espoir.

Avec les informations de Geneviève Murchison et de CBC

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