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L’industrie hôtelière québécoise réclame une aide de 589 M$

Le Hilton de Québec

L'industrie hôtelière subit durement les contrecoups de la pandémie de COVID-19.

Photo : Getty Images / BalkansCat

Lourdement heurtée par la pandémie, l’industrie hôtelière québécoise demande l’aide des gouvernements. Après avoir commandé une analyse des besoins du secteur, l’Association hôtellerie Québec (AHQ) souhaite recevoir une aide directe de 589 millions de dollars.

En entrevue à Radio-Canada, le président-directeur général de l’AHQ, Xavier Gret, soutient que son association a fait une estimation des coûts fixes des établissements hôteliers du Québec. Donc, c’est un montant qui pourrait donner un bon coup de main, indique-t-il.

Le gestionnaire ne cache ni son impatience ni son agacement par rapport à la situation vécue par ses membres.

On a été un service essentiel, on a mis l’épaule à la roue, on a accueilli des gens du domaine de la santé dans nos établissements, alors maintenant, il est temps d’avoir le retour de la part du gouvernement, soutient-il.

On représente quand même 10 fois le Cirque du Soleil, on a autant d’employés que le Mouvement Desjardins. C’est un secteur d’activité extrêmement important qui est présentement sous respirateur artificiel et on a besoin d’aide, dit Xavier Gret.

Changement de vocation

Le temps presse dans le secteur hôtelier. La pandémie a forcé certains établissements acculés par les tracas financiers à changer de cap.

Cet hiver encore, la Tour Belvédère, au centre-ville de Montréal, accueillait des gens d'affaires et des vacanciers en quête d'appartements pour de longs séjours.

Récemment, sans crier gare, l'hôtel a changé de vocation pour devenir un édifice locatif résidentiel.

Du coup, une quarantaine d'employés ont été licenciés en bloc, dans la plus grande discrétion.

Ce qui arrive à la Tour Belvédère est symptomatique des difficultés et des changements profonds qui attendent l'hôtellerie.

La Tour Belvédère est la première victime de la crise qui sévit actuellement et elle ne sera pas la dernière, affirme Ève Paré, présidente-directrice générale de l’Association des hôtels du Grand Montréal.

Je sais qu'il y a des décisions qui seront prises au cours des prochaines semaines pour d'autres groupes hôteliers. La situation est à un point critique.

Gros plan de son visage

Ève Paré

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ce constat de « situation critique » est sur toutes les lèvres dans la filière hôtelière québécoise.

Avec la fermeture de 70 % de notre parc hôtelier présentement, il y a 28 000 personnes qui sont sans emploi, affirme Xavier Gret.

Ce qu’on demande c’est un peu d’oxygène pour être capable de passer à travers cette crise-là.

Ève Paré, présidente-directrice générale de l’Association des hôtels du Grand Montréal

Une aide insuffisante

Près du Palais des congrès de Montréal qui se languit des conférences internationales et des expositions, l’Hôtel Monville est sous perfusion.

Le business va très mal, avoue Nathaniel Fraiberger, président et propriétaire de l’établissement.

Aujourd’hui, nous sommes dans un marché qui est sinistré, qui est sinistré pour toute une série de raisons, mais en particulier la fermeture des frontières, l’absence de tourisme, l’absence de visiteurs […] Aujourd’hui, nos revenus sont quasiment à zéro.

L’hôtel survit principalement grâce à la subvention salariale d’urgence du fédéral qui lui permet de garder une partie de ses employés.

Ça durera le temps que ça durera. Il vient un moment où, comme toute entreprise, sans revenu, on ne peut pas continuer, ajoute Nathaniel Fraiberger.

D’autres programmes d’aide ont été conçus pour soutenir les entreprises frappées de plein fouet par la pandémie, comme le Programme de crédit aux entreprises (PCE), mais le secteur hôtelier n’y trouve pas son compte et le juge difficile d’accès.

L’explication que j’ai eue de ma banque est qu’elle n’a pas d’analyste spécialisé dans le domaine de l’hôtellerie capable de traiter la demande qui va être transmise au fédéral, soutient M. Fraiberger.

De toute façon, les hôteliers ne voient pas les prêts des gouvernements d’un œil favorable.

Les prêts, ce n’est pas la panacée. Malheureusement, les pertes que nous subissons aujourd’hui, on ne les rattrapera pas ou, en tous les cas, pas avant longtemps. Donc, aujourd’hui, ces prêts, malheureusement, ne servent qu’à financer des déficits, conclut le propriétaire de l’Hôtel Monville.

L’industrie hôtelière revendique un statut particulier, une aide sur mesure et elle perd patience.

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