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Pascal Siakam « choqué » par le racisme ambiant aux États-Unis

Pascal Siakam en conférence de presse.

« Je suis un homme noir, je ne peux que me connecter à ça », dit l'ailier des Raptors de Toronto en référence aux manifestations qui ont embrasé les États-Unis depuis la mort de George Floyd.

Photo : CBC / Albert Leung

Radio-Canada

L’ailier des Raptors a partagé mercredi son point de vue sur le racisme aux États-Unis, où il a vécu plusieurs années avant d’intégrer les rangs de la franchise de la NBA à Toronto.

Dix ans après avoir quitté le Cameroun, Pascal Siakam révèle avoir appris à être confronté au profilage racial, dont il a fait l'expérience en tant que Noir vivant aux États-Unis.

Le joueur des Raptors de Toronto sent le soupçon peser sur lui quand il déambule dans les boutiques haut de gamme.

En allant dans un magasin, les gens vous regardent un peu différemment et se demandent si vous allez acheter quelque chose, ils vous regardent un peu. Cela n'arriverait certainement pas d'où je viens, remarque Siakam, qui a déménagé de Douala, au Cameroun, aux États-Unis quand il avait 16 ans.

Deux joueurs de basketball

Pascal Siakam a été élu joueur le plus amélioré de la saison 2018-2019 de la NBA.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le plus triste pour moi est de pouvoir le normaliser. Je me sentais comme "OK, c'est exactement ce qui se passe lorsque vous êtes de cette couleur". Je dois juste accepter le fait que les gens vont me regarder un peu bizarrement, et qu’ils vont me surveiller un peu.

C'est triste que je doive programmer mon esprit à penser comme ça et me dire, "OK, c'est OK, ne panique pas". C'est vraiment triste. Et c'est juste le pays [les États-Unis] dans lequel nous vivons.

Siakam s'est entretenu avec des journalistes lors d'une conférence téléphonique, mercredi, alors que la NBA se prépare à reprendre sa saison fin juillet.

Une fois plongé dedans, c'est si étrange...

Mais une grande partie de la conversation a tourné autour des manifestations de masse contre l'injustice raciale et la brutalité policière aux États-Unis, déclenchées par la mort de George Floyd, tué la semaine dernière par un policier blanc qui lui a pressé le genou sur son cou pendant près de neuf minutes.

Le Camerounais souligne qu'il savait à quoi s'attendre quand il est arrivé aux États-Unis, adolescent, pour jouer au basket.

Il savait qu’il allait être immergé dans une autre culture.

Pourtant, se retrouver soudainement au cœur d’une minorité dans un pays avec une longue histoire de racisme a été un choc.

Chez moi, toute autre race est minoritaire. J'ai l'habitude de faire partie de la majorité de la population et de voir des gens qui ressemblent à moi, explique-t-il.

Je savais ce qui allait se passer. Mais une fois plongé dedans, c’est si étrange. Évidemment, c'est une culture différente que la culture d'où je viens.

Pascal Siakam

Les frères de l’ailier, Boris, Christian et James ont tous joué dans le championnat de la NCAA, mais Pascal, qui a fait ses classes à la God’s Academy de Lewisville, au Texas, puis au niveau universitaire au Nouveau-Mexique, déclare que le racisme aux États-Unis était rarement abordé dans la fratrie.

Il est temps que ça s'arrête

Ce qui est un autre problème parce que nous ne parlons vraiment suffisamment de ces choses, à mon sens, et il faut en parler. On ne peut plus éviter cette conversation, indique-t-il.

Cette époque est passée et il est temps d'en parler. Il est temps de parler du problème, des problèmes.

L'un des frères de Siakam lui a raconté la semaine dernière une anecdote qui lui est revenue en tête. Alors employé d’accueil chez la compagnie de location de voitures Enterprise, une femme est entrée et a demandé à parler à un Américain.

Peut-être parce qu'il est Africain ou peut-être à cause de son accent ou peut-être parce qu'il est noir, affirme Siakam. Juste des choses comme ça, ça vous montre juste les vraies couleurs et à quelle profondeur ça va. Je pense que tout le monde en a assez et sent qu'il est temps que ça s'arrête.

Reconnaître que le racisme existe

Le joueur le plus amélioré de la saison 2018-2019 confie s’être retrouvé sans voix en visionnant la vidéo qui a capturé la mort de George Floyd.

Remémorant le moment où la victime invoquait sa mère en pleurant, Siakam dit penser aux familles et aux gens. Je sais à quel point je suis un homme de famille. Je suis un homme noir, je ne peux que me connecter à ça. Ça fait mal, ça fait vraiment mal.

Quels conseils donnerait-il aux Blancs souhaitant être informés et apporter leur soutien?

Le premier est de reconnaître que le racisme existe, avance-t-il.

Je pense que beaucoup de gens ne le font pas et ont tendance à agir comme si ça n’arrivait pas ou disent "je n’en vois pas d'où je viens ou d'où je vis". C'est quelque chose qui existe et je suis désolé de le dire, mais si vous ne le voyez pas, vous devez être aveugle.

Avec les informations de La Presse canadienne

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