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Le restaurant Mon ami Louis quitte l’Esplanade Riel

La devanture du restaurant Mon ami Louis, situé au centre d'un pont piétonnier.

Mon ami Louis était le troisième restaurant depuis 2003 à tenter sa chance sur le pont piétonnier après Salisbury House et Chez Sophie sur le pont.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Radio-Canada

Après les restaurants Salisbury House et Chez Sophie, c’est au tour de Mon ami Louis de plier bagage sur l’Esplanade Riel. Le lieu dont est propriétaire la Ville de Winnipeg continue d’éprouver des problèmes de rentabilité.

WOW Hospitality, la compagnie propriétaire de Mon ami Louis, indique qu'elle remettra la clé du restaurant à la Ville de Winnipeg vendredi. C'est le troisième restaurateur qui est contraint d'abandonner l'aventure en 12 ans.

Le directeur général de WOW Hospitality, Doug Stephen, dit qu'il n'y a pas eu de mauvaise volonté entre sa compagnie et la Ville de Winnipeg, mais qu'ils sont en négociations depuis quatre ans et demi, car elles ne s'entendaient pas sur la définition des « coûts d'exploitation ».

WOW Hospitality voulait que la Ville diminue et prenne en charge certains coûts les mois de l'année où le restaurant n'était pas ouvert, dont l'entretien des tuyaux en hiver pour qu'ils ne gèlent pas.

La route a été difficile avec les coûts de fonctionnement d’une structure si unique et intéressante, affirme-t-il.

M. Stephen explique qu'une clause dans l'accord de location permettait à WOW Hospitality de se dégager du bail après un an si un certain niveau de rentabilité n'était pas atteint.

La compagnie a exercé cette prérogative en 2016, mais la Ville a demandé que le restaurant reste tout de même sur le pont piétonnier, proposition que WOW Hospitality avait accepté.

Toutefois, quand la Ville a demandé son paiement des coûts d'exploitation il y a six mois, puisque cette question n'était toujours pas résolue, les deux parties ont décidé de mettre fin à la relation d'affaires.

Si nous avions pu résoudre la question des coûts de fonctionnement avec la Ville de Winnipeg, nous serions toujours ici, conclut-il.

Une perte pour Saint-Boniface

Le local de l’Esplanade Riel est le seul qui soit destiné à un restaurant sur un pont en Amérique du Nord. Pour le quartier de Saint-Boniface, il était perçu comme une fenêtre sur la culture francophone, vu qu’il se trouve en plein milieu du pont qui relie le quartier francophone au centre-ville. Sa construction avait fait l'objet d'une longue consultation communautaire quand la Ville avait annoncé son intention de démolir l'ancien pont Provencher, qu'elle a finalement remplacé par un pont destiné aux voitures et un autre aux piétons. Ce dernier, nommé par la suite Esplanade Riel, est orienté vers l'avenue Broadway et le Palais législatif, comme l'était le tout premier pont reliant Saint-Boniface à Winnipeg.

C’est décevant, c’est triste parce que c’était très très bien comme endroit, du fait que c’est un anglophone qui a pris ça et osé mettre le nom Mon ami Louis, en français […] C’est tellement bien que c’est dommage qu’on n’ait pas donné une plus grande chance à ce restaurant-là, fait valoir Mariette Mulaire, PDG du World Trade Centre de Winnipeg.

Elle espère que le futur restaurateur s’attache lui aussi à cette idée d’un pont entre deux cultures.

Pour sa part, le conseiller municipal du quartier de Saint-Boniface n’est pas surpris. J’ai entendu des rumeurs que les choses étaient difficiles, mais il n’y avait rien d’officiel. Avec la COVID-19, quand j’ai lu la nouvelle, ce n’était pas une grande surprise pour moi, indique Mathieu Allard.

Je pense que l'un des facteurs, c’est qu’il y a seulement un certain marché local. On sait que dans le plan secondaire du nord de Saint-Boniface, il y a seulement 5000 personnes qui peuvent marcher vers les restaurants sur le boulevard Provencher, comparativement à 20 000 sur [l’avenue] Corydon, par exemple, poursuit-il.

Il souligne aussi que la Ville ne peut pas subventionner des commerces privés.

Avec les informations de Catherine Logan et de Mohamed-Amin Kehel

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