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Qui doit s’isoler de retour au Nouveau-Brunswick?

Un agent vêtu d'une veste jaune et avec des documents à la main s'approche d'une automobile.

Un poste de contrôle à l'entrée de la Nouvelle-Écosse, à la frontière avec le Nouveau-Brunswick, le 23 mars 2020.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Radio-Canada

Un aidant naturel déplore le manque de clarté autour de la question de l’isolement après un séjour à l’extérieur du Nouveau-Brunswick.

Sa femme lutte contre un cancer et doit se rendre à Halifax pour une collecte de cellule souche. Selon le site web du gouvernement provincial, elle est exemptée de l'isolement à son retour chez elle, comme elle voyage pour accéder à des soins qui ne sont pas offerts au Nouveau-Brunswick.

Michel Doucet tente de faire lumière sur les règles sanitaires afin de savoir s’il sera aussi, comme sa femme, exempté du confinement obligatoire.

Mais ses appels à la ligne téléphonique sur le coronavirus n'ont rien fait pour apaiser ses inquiétudes. Des réponses contradictoires lui ont été fournies, certaines indiquant qu’aucun d’eux n’a besoin de s’isoler, d’autres stipulant exactement le contraire.

Michel Doucet, qui est aussi avocat, déplore d’une part l’imprécision du règlement sur l'isolement et d’autre part, la formation inadéquate des travailleurs qui répondent au téléphone.

Ces gens-là ne semblent pas en savoir plus que nous par rapport au règlement.

Michel Doucet, proche aidant et avocat

Michel Doucet déplore également une espèce d’approche aléatoire.

Un homme en entrevue.

Michel Doucet, dont la femme est atteinte de cancer, déplore le manque de clarté des règlements de la province concernant l'isolement et les frontières.

Photo : Radio-Canada

On semble tout remettre entre les mains de l’agent qui sera au poste frontalier la journée où vous allez traverser, dit-il.

Serge Rousselle, professeur de droit à l’Université de Moncton, voit un danger dans le caractère dit « aléatoire » de l'interprétation du règlement aux postes frontaliers.

Quand quelqu'un appelle à Fredericton et se fait dire que c'est une zone grise, bien imaginez l'incertitude dans laquelle on se retrouve, parce que cette zone grise-là doit finalement être interprétée par quelqu'un à la frontière qui n'a pas de critères précis. C'est très dangereux, surtout lorsqu'on parle d'une situation qui met en jeu la liberté des gens.

Un agent du ministère de l'Environnement s'approche d'une automobile à l'entrée de la Nouvelle-Écosse.

Les précisions sur les exemptions d’isolement se trouvent dans un document de renseignements pour les voyageurs et non dans cet arrêté.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

M. Rouselle croit ainsi que des éclaircissements à l'arrêté d'urgence obligatoire s’imposent.

Les précisions sur les exemptions d’isolement se trouvent dans un document de renseignements pour les voyageurs et non dans cet arrêté, explique-t-il.

De plus, il existe des différences d'écriture et d'interprétation entre l'arrêté, la Loi sur les mesures d'urgence et les indications faites par le gouvernement sur son site web.

Ces imprécisions sont à ses yeux inadmissibles dans le contexte actuel.

Rappelez-vous ici que la liberté des gens est en question. C'est-à-dire que pour 14 jours, ces gens-là, dans une société libre et démocratique, ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent. C'est très sérieux et s'il y a effectivement des exemptions générales, et bien je pense que ça devrait se retrouver dans ce document-là et non pas dans des renseignements généraux pour voyageurs qu'on retrouve en fouillant sur un site Internet.

Serge Rousselle est assis devant des microphones.

Le professeur à la Faculté de droit de l'Université de Moncton, Serge Rousselle.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Interrogée par courriel à ce sujet, la province a indiqué mercredi que si un patient a besoin qu’une personne soignante l’accompagne, celle-ci n’est pas non plus tenue de s’auto-isoler.

Une réponse directe que Michel Doucet aurait aimé obtenir plus tôt.

Juste la maladie, c’est déjà un stress énorme. Si on ajoute la pandémie pis on ajoute cette incertitude aux frontières, ça aide certainement pas.

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, réclame lui aussi une gestion plus souple des frontières. Il a affirmé en entrevue avec Radio-Canada cette semaine qu'une réunion sur la question devait avoir lieu jeudi.

Avec les informations de Wildinette Paul et de Karine Godin

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