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L'Alberta veut être responsable du contrôle des armes à feu

Des armes à feu

L'Alberta s'engage à soutenir les propriétaires d'armes à feu qui contesteront la décision d'Ottawa d'interdire certains type d'armes devant les tribunaux.

Photo : iStock

Charlotte Dumoulin

Un mois après l'interdiction du gouvernement fédéral d'acheter ou de vendre 1500 modèles d'armes d'assaut de type militaire au pays, le gouvernement de l'Alberta contre-attaque en tentant de faire valoir ses propres pouvoirs en matière de contrôle des armes à feu.

Ce n’est pas nouveau, le Parti conservateur uni cherche depuis qu'il a pris les rênes du pouvoir l'an passé des façons pour devenir plus indépendant des politiques d’Ottawa. L’Alberta avait lancé une consultation publique pour étudier des idées qui lui donneraient justement plus d’autonomie et à laquelle ont participé beaucoup d’Albertains.

Le comité responsable des consultations a remis son rapport au mois de mai dernier. Mais en attendant son dévoilement, le premier ministre albertain, Jason Kenney, en va déjà de quelques initiatives pour répliquer à la décision du premier ministre Justin Trudeau de bannir ces 1500 modèles d’armes au Canada.

Si son intention d’éradiquer les crimes commis par les armes à feu est bonne, Jason Kenney juge que le gouvernement fédéral ne s’y prend pas de la bonne façon.

Nous croyons que le gouvernement fédéral a raté la cible parce qu’[il met] l'accent sur des réglementations qui ne sont pas raisonnables contre les propriétaires [qui ont acquis légalement] des armes à feu, a-t-il répondu en français pendant sa conférence de presse mercredi.

D'après M. Kenney, il faut viser le trafic des armes illégales aux frontières canado-américaines.

Des carabines AR-15 sont alignées sur une étagère.

Ottawa interdit 1500 modèles d'armes à feu. Les propriétaires de telles armes bénéficient d'une amnistie jusqu'au 30 avril 2022.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Contrôleur des armes à feu provincial

En réponse au gouvernement Trudeau, la province met alors sur pied mercredi un comité consultatif sur les armes à feu composé de 12 membres, dont des députés, un ancien chef de police et des tireurs professionnels. Ce groupe fournira au gouvernement des recommandations pour permettre à la province de mieux affirmer ses pouvoirs et ses compétences dans le domaine.

L’une des idées possibles est de créer un poste de contrôleur des armes à feu provincial comme cela est déjà le cas au Québec et en Ontario. Il serait responsable d’octroyer les autorisations et les permis entourant l’utilisation et la possession d’armes. Le rôle ne serait plus attribué à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Les contrôleurs des armes à feu provinciaux doivent respecter la loi fédérale sur les armes à feu. Mais d’après mon expérience, ils ont la discrétion de mettre en place leurs propres règles pour l’appliquer, souligne Solomon Friedman, professeur de la Faculté de droit à l’Université d’Ottawa.

James Cox, propriétaire de la boutique d'arme à feu à Calgary The Shooting Edging, jubile devant l'idée d'un contrôleur des armes à feu provincial.

Un homme en chemise dans une boutique d'armes à feu

James Cox, propriétaire de la boutique The Shooting Edging à Calgary

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

Je trouve cela très bien. C’est un premier pas, je suis content de voir la création d’un comité consultatif avec des membres qui comprennent l’industrie et l’impact de leur décision, dit James Cox toujours amer contre Ottawa.

À la suite de l’annonce fédérale, ce dernier avait dû retirer de son magasin les armes d’assaut qu’il vendait, ce qui représente pour lui une perte de 300 000 $

L'Alberta assure par ailleurs qu'elle soutiendra devant les tribunaux les propriétaires d'armes qui, comme lui,contestent déjà l'interdiction d'Ottawa en cour.

Un laboratoire provincial pour l’analyse des armes

L'Alberta veut aussi mettre en place un laboratoire provincial pour accélérer le processus d'analyse des armes à feu qui ont servi aux criminels. D'après la province, ces analyses normalement faites au laboratoire de la GRC font face à des délais d’environ huit mois.

L’absence d’un laboratoire d’analyse des armes à feu réduit notre capacité d’inculper les vrais criminels dans de courts délais, estime le premier ministre en faisant référence à l’arrêt Jordan qui fixe la durée maximale d’un procès à 30 mois.

Dans la province, Calgary et bientôt Edmonton ont leur propre laboratoire. Les autres villes albertaines dépendent toujours de la GRC.

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Politique fédérale