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Archives

Sortir en famille au ciné-parc

Enseigne d'un ciné-parc aussi affiché comme Drive-In Theatre.

Les premiers ciné-parcs ont fait leur apparition au Québec dans les années 70.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Saviez-vous que le Québec a été la dernière province canadienne à autoriser le cinéma en plein air sur son territoire? Nos archives témoignent de l’éclosion des ciné-parcs dans le paysage québécois au début des années 70.

Le public québécois a dû se battre longtemps pour se divertir au ciné-parc.

Dans les années 50 et 60, au moment où l’engouement pour les « drive-in » était à son comble aux États-Unis, ils étaient totalement interdits au Québec.

Discours d'Yves Gabias, 29 mars 1967

Cette archive du 29 mars 1967 témoigne de la pression sur le gouvernement du Québec pour permettre la projection de films en plein air.

Au cours de la saison estivale, nombreuses sont les familles qui vont à l'extérieur, soit en Ontario ou aux États-Unis, voir ces représentations cinématographiques en plein air, affirme alors le secrétaire de la province Yves Gabias. Autant de revenus qui ne restent pas chez vous et autant de revenus qui ne restent pas dans la province.

Mais sous le règne de l’Union nationale, le clergé est puissant et ce dernier considère que cette forme de divertissement porte atteinte aux bonnes mœurs.

Il faudra attendre l’été 1970 pour que la loi québécoise autorise la construction de ciné-parcs dans la province.

Format 30, 22 septembre 1970

Un des premiers ciné-parcs à ouvrir au Québec est celui de Boucherville, qui peut accueillir jusqu’à 1000 voitures.

À l’émission Format 30 du 22 septembre 1970, les clients de ce nouveau lieu de divertissement décrivent leur expérience au journaliste Jacques Fontaine.

Tous disent préférer le ciné-parc à la salle de cinéma traditionnelle.

Je peux fumer, il n'y a personne qui me pile sur les pieds, explique un spectateur interviewé. Je suis dans mon char, alors je suis assez confortable!

C'est notre première expérience au Québec, mais disons qu'on l'a fait auparavant aux États-Unis, affirme un autre qui dit aussi apprécier cette sortie qui évite d’avoir à payer une gardienne.

Plusieurs parents ont l’habitude d’amener les enfants avec eux et de les coucher à l’arrière de la voiture, confirme le gérant du ciné-parc. De plus, l’entrée est gratuite pour les moins de douze ans.

Les familles comptent d’ailleurs pour 75 % de la clientèle du ciné-parc de Boucherville en 1970.

Montréal ce soir, 21 mai 1991

« L'ambiance dans un ciné-parc fait penser à une fête champêtre qui se déroulerait dans un champ d'asphalte », illustre le journaliste André Chouinard dans ce reportage au Montréal ce soir du 21 mai 1991. « Il est évident que les gens viennent pour autre chose que le cinéma. »

Dans les années 90, l’industrie des ciné-parcs est en pleine croissance au Québec.

On présente désormais sur les écrans en plein air des films récemment sortis au cinéma, plutôt que des films de deuxième ordre.

Le film de l’été 1991 : Robin des bois, avec Kevin Costner.

Le site du ciné-parc lui-même est devenu un lieu de rencontre et de divertissement, avec un restaurant, une salle de jeux d'arcade, des gadgets à vendre et de l’animation.

Bien que la projection ne commence que vers 21 h, le stationnement du ciné-parc est bondé dès 18 h.

Et enfin, après trois heures d’attente, à la brunante, la lune qui se lève a le visage de votre acteur préféré, conclut le journaliste André Chouinard.

Téléjournal, 5 août 2011

Après trois décennies d’engouement, les ciné-parcs ont la vie dure au cours des années 2000.

C’est ce que nous explique ce reportage de Renée Dumais-Beaudoin au Téléjournal du 5 août 2011.

Avec l’étalement urbain, il est souvent plus rentable de céder un terrain à un promoteur immobilier plutôt que d’y exploiter un ciné-parc quatre mois par année.

Le virage numérique représente aussi un autre enjeu financier pour les exploitants.

D’une vingtaine de ciné-parcs au début des années 2000, il n’en reste plus que dix en 2011.

Le ciné-parc demeure cependant une tradition auprès de nombreuses familles québécoises. Une fièvre qui arrive avec le printemps, comme l’annonce la présentatrice Claudine Bourbonnais.

Le printemps 2020 pourrait d’ailleurs susciter un regain de popularité des ciné-parcs au Québec, puisqu’ils font partie de la courte liste des établissements culturels autorisés à rouvrir par le gouvernement du Québec.

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