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Mort de George Floyd : l'heure est venue d'exiger des changements, dit Obama

L’ancien président a appelé les maires des villes américaines à revoir leurs politiques encadrant le recours à la force par les autorités.

Barack Obama, un doigt en l'air, parle à la caméra devant une bibliothèque murale.

L'ancien président américain Barack Obama a participé à une conversation virtuelle sur la brutalité policière.

Photo : Getty Images / Handout

Inspiré par la mobilisation d’autant de jeunes dans les rues des États-Unis, l’ancien président Barack Obama a appelé ceux-ci à « saisir l'occasion » qui se présente pour exiger de profonds changements. « Vous avez le pouvoir d’améliorer les choses », a-t-il lancé aux jeunes Américains racisés, dans la foulée de la mort de George Floyd.

Le sentiment d’urgence qu’ont insufflé ces milliers de manifestants d’un bout à l’autre du pays pour dénoncer haut et fort la brutalité policière et les inégalités est ce que j’ai vu de plus puissant et transformateur ces dernières années, a-t-il confié, mercredi, au cours d’une conversation virtuelle organisée par sa fondation.

Depuis plus d'une semaine, les rassemblements se sont multipliés, de New York à San Francisco, en réaction à la mort de George Floyd, cet Afro-Américain asphyxié par un policier de Minneapolis sous le regard de trois autres agents.

Les défis et les problèmes structurels qui sont le propre des États-Unis ont été mis en évidence par ce drame, selon Barack Obama. Et ceux-ci découlent du passé, de l’esclavage, de Jim Crow, de l'exclusion systématique et du racisme institutionnalisé, a-t-il poursuivi.

Bien que les dernières semaines aient été tragiques, difficiles et inquiétantes, elles ont aussi été une incroyable occasion d’éveiller les esprits [à ces réalités], a souligné l’ancien président.

Aux jeunes hommes et femmes de couleur qui ont […] été témoins de trop de violence, de trop de morts – et trop souvent, cette violence venait de ceux qui étaient censés vous protéger –, je veux vous dire que vous comptez. Vos vies comptent, vos rêves comptent.

Barack Obama

S'adressant aussi aux membres des forces de l'ordre qui ont démontré leur soutien aux manifestants, Barack Obama a rappelé que leur contribution était essentielle à la conversation. Le changement exige la participation de tous, a-t-il ajouté.

Sans jamais nommer celui qui lui a succédé à la Maison-Blanche, Barack Obama a appelé au dialogue et à l'écoute entre manifestants et policiers, un message qui contraste avec la réponse militaire offerte cette semaine par Donald Trump.

Des réformes à l'échelle locale

Cela dit, le problème du racisme institutionnalisé ne se réglera pas seulement à coup de manifestations, ce qu'a souligné M. Obama.

À ceux qui estiment que le changement doit passer par les urnes comme à ceux qui croient mordicus à la désobéissance civile, l'ancien président a dit qu'il ne s'agissait pas de choisir entre les deux.

Pour que de vrais changements s'opèrent, il nous faut mettre en évidence un problème et rendre les gens en position de pouvoir inconfortables, a-t-il soutenu, mais nous devons aussi faire en sorte que cela se traduise par des solutions et l'adoption de lois.

Barack Obama estime qu'une des solutions consiste à faire pression sur les administrations des quelque 19 000 municipalités et villes américaines. La plupart des réformes dont nous avons besoin pour éradiquer les violences et les injustices que nous avons vues doivent être adoptées à l'échelle locale, a-t-il plaidé.

Et ce, parce que les maires et les chefs de l'exécutif des comtés ont le pouvoir de nommer ceux qui sont à la tête des services de police et de modifier les pratiques qui encadrent leurs activités, a-t-il expliqué en substance.

Aujourd'hui, j'exhorte tous les maires de ce pays à revoir les politiques encadrant le recours à la force [par les services de police], a déclaré M. Obama, les appelant du même souffle à en faire une priorité.

Un appel qui se retrouve au cœur du programme My Brother’s Keeper Alliance, de la Fondation Obama. Celui-ci a pour but de redéfinir la sécurité publique afin que l'humanité et la dignité de chacun soient reconnues, peut-on lire sur la plateforme.

D'autres ex-présidents américains ont réagi avant lui à la crise qui secoue les États-Unis. Dénonçant l'immoralité de la discrimination raciale, Jimmy Carter a condamné mercredi les violences et a ajouté qu'il nous faut un gouvernement aussi bon que son peuple. Dans un communiqué publié mardi, George W. Bush a fait valoir que les États-Unis [devaient] examiner leurs tragiques échecs et prendre le temps d'écouter au lieu de donner des leçons.

Cette prise de parole d'Obama coïncide aussi avec l'annonce, quelques heures plus tôt, de nouvelles accusations contre les quatre agents qui ont participé à l'arrestation de George Floyd.

Ça ne devrait pas être "normal" en 2020, aux États-Unis. Ça ne peut pas être "normal". Si nous voulons que nos enfants grandissent au sein d’une nation à la hauteur de ses plus grands idéaux, nous pouvons et nous devons faire mieux, avait-il écrit dans une déclaration publiée sur Twitter, quelques jours après la mort de l'homme de 46 ans.

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