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Voyage controversé d'un conseiller municipal ontarien au Nouveau-Brunswick

Un élu politique en costume cravate

Le conseiller municipal de Perterborough, Stephen Wright.

Photo : AVEC L'AUTORISATION DE STEPHEN WRIGHT

Radio-Canada

La mairesse de Peterborough demande des excuses au conseiller Stephen Wright, qui a séjourné le mois dernier au Nouveau-Brunswick pour un voyage d'affaires non essentiel de dix jours dans le secteur de la restauration. Or, des associations de commerces dans cette province disent qu'ils ne l'ont jamais rencontré.

Le conseiller Stephen Wright affirme qu'il s'est rendu au Nouveau-Brunswick pour sonder l'opinion de restaurateurs envers la réouverture de leurs établissements dans cette province, qui a redémarré son économie plus tôt que les autres.

Les déplacements de l'extérieur y sont toutefois soumis à de sévères restrictions durant la pandémie.

M. Wright affirme qu'il est resté chez des amis durant son séjour dans l'Est et non dans un hôtel.

Il a expliqué à CBC qu'il avait décidé de faire le voyage, parce qu'il recevait des informations contradictoires des autorités au sujet de l'autorisation d'entrer ou non au Nouveau-Brunswick.

Le conseiller soutient qu'il a pris les précautions nécessaires pour préserver sa santé durant ses déplacements et que toutes les personnes avec lesquelles il est entré en contact étaient en santé.

Un agent portant une veste jaune remet un document à quelqu'un dans sa voiture.

Un point de contrôle de la frontière à Amherst, en Nouvelle-Écosse, à l'entrée du Nouveau-Brunswick le 5 avril 2020.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Il dit en revanche avoir été mal compris à propos de la durée du voyage par le quotidien Peterborough Examiner, qui a révélé en premier toute cette affaire.

Le journal soutient que Wright a donné aux policiers à la frontière du Nouveau-Brunswick ses coordonnées pour le joindre par téléphone ou à l'adresse où il allait demeurer durant son séjour. Il s'agissait selon lui de l'adresse d'une connaissance qui travaille à distance depuis son domicile.

Il refuse en revanche de révéler l'endroit précis où il a séjourné pour des raisons de vie privée, mais il dit n'avoir eu aucun contact avec quiconque.

Je vivais dans un appartement séparé sans aucune salle commune avec cette personne, admet-il, sans vouloir l'identifier.

Un voyage d'affaires mis en doute

M. Wright ajoute qu'il n'a pas dit aux policiers à la frontière qu'il allait rester dans une résidence privée où vivait déjà une autre personne, parce qu'ils ne le lui avaient pas posé cette question.

Le conseiller, qui siège à un comité de développement économique régional de Peterborough, voulait savoir comment les restaurants s'y étaient pris pour rouvrir leurs portes lorsqu'ils ont reçu le feu vert de la province.

Il affirme toutefois qu'il n'est entré dans aucun restaurant, mais qu'il a évalué le succès de ces réouvertures en basant son jugement sur le nombre de voitures dans les stationnements ou l'aire des commandes à l'auto des établissements devant lesquels il est passé.

Il souligne qu'il n'a visité aucun restaurant sans stationnement.

Un homme d'affaire

Luc Erjavec de l'Association des restaurants et des services alimentaires du Canada.

Photo : Radio-Canada

M. Wright ajoute qu'il a contacté des organisations de gens d'affaires au Nouveau-Brunswick avant de quitter l'Ontario pour recueillir des informations sur la reprise des activités, mais qu'on ne lui a pas répondu. Il a alors décidé d'aller le constater par lui-même sur place.

Pourtant, quatre organisations affirment qu'elles n'ont jamais reçu de courriels ou d'appels téléphoniques de sa part, jetant ainsi un doute sur les raisons de son voyage à Fredericton et Moncton.

Je n'ai jamais entendu parler de lui, mais nous aurions aimé le faire pour partager notre expérience, affirme Luc Erjavec, le vice-président de la section Atlantique de Restaurants Canada.

Même son de cloche des deux chambres de commerce de Fredericton et du Grand Moncton et de la branche néo-brunswickoise de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 20 mai 2020.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a demandé l'ouverture d'une enquête pour connaître la façon dont l'élu ontarien a réussi à entrer dans la province malgré l'interdiction des voyages jugés non essentiels.

M. Higgs a déclaré dans ce cas-ci qu'il n'existait aucune raison légitime pour un voyage de la sorte.

Le porte-parole de la Sécurité publique de la province, Geoffrey Downey, a ajouté qu'il consulterait la Ville de Peterborough pour déterminer si elle a autorisé ce genre de voyage d'affaires.

M. Downey souligne par ailleurs qu'il revient aux policiers du Nouveau-Brunswick de croire sur parole tout conducteur qui traverse la frontière de la province.

Geoffrey Downey, de l'Organisation des mesures d'urgence du N.-B.

Geoffrey Downey, de l'Organisation des mesures d'urgence du N.-B.

Photo : CBC

À Peterborough, une porte-parole de la mairesse affirme que ni Diane Therrien ni le conseil municipal n'ont donné leur accord à M. Wright et que la Ville n'a pas payé pour son voyage.

M. Wright confirme qu'il a déboursé de sa poche les frais de déplacement et qu'il a l'habitude de payer pour ses propres recherches sur des sujets qui lui tiennent à cœur.

Le voyage de M. Wright a toutefois soulevé la colère et l'indignation des Néo-Brunswickois qui vivent à l'extérieur de leur province et qui ne peuvent y retourner pour visiter un membre de leur famille alité ou pour assister à des funérailles.

M. Wright a par ailleurs laissé entendre que les limites aux déplacements que le Nouveau-Brunswick impose depuis le début de la pandémie sont anticonstitutionnelles, joignant ainsi sa voix à celles d'autres groupes de défense des droits de la personne.

Il assure toutefois qu'il n'a pas entrepris ce voyage par bravade pour faire valoir son point. Il réitère qu'il a porté un masque N95 et des gants lorsqu'il faisait le plein d'essence et qu'il se désinfectait les mains avec une lotion à base d'alcool.

Avec les informations de CBC

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