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Pas de retour à l’école pour de jeunes Manitobains souffrant de graves problèmes de santé

Un garçon et une femme assis dans les marches menant à la porte d'une résidence.

Beckett Meyer et sa mère, Desneige, observent un confinement strict depuis janvier.

Photo :  CBC / John Einarson

Radio-Canada

Le petit Beckett Meyer, âgé de 11 ans, n’est pas sorti de sa maison depuis janvier, sauf pour se rendre à des rendez-vous médicaux. Et même si certains de ses camarades regagnent les salles de classe ce mois-ci, Beckett, lui, poursuivra les leçons en ligne.

Atteint de fibrose kystique et de diabète, il est aux prises avec une infection pulmonaire depuis novembre. N’importe quelle maladie, incluant la COVID-19, peut donc être fatale à cet élève de 6e année immunosupprimé.

Beckett ne survivrait pas à cette infection, explique sa mère, Desneige Meyer. Sa capacité pulmonaire est déjà à environ 62 %.

Par conséquent, quand il quitte la maison, Beckett se lave les mains et met un masque. Sa mère et lui jouent à celui qui touchera le moins de surfaces. Je gagne souvent parce que maman touche les boutons d’ascenseurs et les portes, explique Beckett avec un sourire.

Le stress de la pandémie a entraîné beaucoup de nuits sans sommeil, affirme sa mère. Maintenant, quand nous sortons, nous n’avons pas seulement peur des gens qui reniflent, éternuent ou toussent. Nous ne savons pas qui est un porteur asymptomatique, ajoute-t-elle.

Un retour en classe à l’automne?

Mme Meyer espère pouvoir envoyer son fils à sa nouvelle école secondaire cet automne, mais elle n’en est pas assurée. Elle basera sa décision sur le nombre de cas de COVID-19 dans la province et sur les mesures mises en place par les divisions scolaires, dit-elle.

Selon la mère de deux enfants, qui travaille sur un doctorat en santé publique, il faudrait qu’en plus de la réduction des groupes et des lavages de mains fréquents, des contrôles de santé et de température soient faits pour tous les élèves.

Un retour en classe semble également lointain pour Russell Lepp, 11 ans, né avec une cardiopathie congénitale, en raison de laquelle il a subi une greffe lorsqu’il avait seulement cinq mois.

Un homme et son garçon qui sourient.

Donald Lepp espère qu'on en saura assez sur la COVID-19 en août pour qu'il ait assez confiance pour envoyer son fils Russell à l'école.

Photo : Donald Lepp

Le garçon de 5e année est en santé, mais les médicaments antirejet qu’il prend pour son coeur affaiblissent son système immunitaire, explique son père.

Confinée depuis le 12 mars, alors que le Manitoba annonçait son premier cas de COVID-19, la famille ne projette pas de lever son isolement bientôt. Nous en apprenons toujours davantage sur la COVID-19, nous en savons beaucoup plus maintenant qu’il y a six ou huit semaines, estime Donald Lepp. Espérons qu’en août nous serons tellement mieux informés que nous pourrons le renvoyer à l’école en toute sécurité, poursuit-il.

Pour l’heure, les médecins de son fils ont averti la famille qu’un retour en classe serait risqué, d’autant que la mère de Russell vit avec la même cardiopathie congénitale que son fils.

Peu de données au sujet des enfants malades

Le docteur Sergio Fanella, directeur du programme des maladies infectieuses pédiatriques à l’Université du Manitoba, dit que les risques qu’un enfant tombe malade en attrapant la COVID-19 sont bas. Mais on ne sait toujours pas comment le virus pourrait affecter des enfants ayant des prédispositions médicales particulières.

Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas de preuves à propos des effets de la COVID-19 sur les enfants avec des comorbidités médicales, souligne-t-il. Il ajoute que quelques petites études ont suggéré que les enfants immunodéprimés ne semblaient pas davantage à risque de complications sévères que les autres, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Pour le moment, son conseil aux familles est de choisir l’option avec laquelle elles se sentent le mieux, en se basant sur leur propre évaluation de risques. Il n’y aura jamais de risque nul d’infection, rappelle-t-il.

La mère de Beckett, elle, a complété sa réflexion. À l’école, il y a un risque élevé pour très peu de bénéfices, estime-t-elle.

La province se déconfinant graduellement, elle espère que tous continueront à suivre les instructions de la santé publique, en se rappelant que certains d’entre nous sont plus vulnérables.

Avec les informations de Jill Coubrough

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