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Le racisme existe à l'Île-du-Prince-Édouard, reconnaissent les leaders politiques

Manifestation de la Société culturelle des Noirs de l'Île-du-Prince-Édouard.

Mardi, une vingtaine de membres de la Société culturelle des Noirs de l'Île-du-Prince-Édouard se sont réunis devant l'Assemblée législative pour demander aux dirigeants politiques de la province de prendre position contre le racisme en réaction aux événements aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

François Pierre Dufault

« Nous ne pouvons pas être naïfs et laisser entendre que le racisme n'existe pas ici, à l'Île-du-Prince-Édouard. Il existe. Nous pourrions penser à notre époque, avec tout ce que nous savons, que ce n'est pas le cas. Mais c'est le cas. »

C'est dans ces mots que le premier ministre Dennis King exhorte ses concitoyens de la plus petite province canadienne à parler ouvertement du racisme et à élever la voix pour le dénoncer.

Le premier ministre Dennis King lors de la manifestation pour dénoncer le racisme et la brutalité policière à l'Île-du-Prince-Édouard, le 2 juin 2020.

Le premier ministre Dennis King lors de la manifestation pour dénoncer le racisme et la brutalité policière à l'Île-du-Prince-Édouard, le 2 juin 2020.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

La mort du citoyen afro-américain George Floyd aux mains de policiers blancs de Minneapolis, la semaine dernière, et les tensions raciales qui embrasent depuis les États-Unis ont des échos jusqu'à l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, cette semaine.

Le député libéral Gord McNeilly, premier Noir élu à Province House en 2019, lance un appel à combattre le racisme par l'amour et la compréhension.

Nous devons remplacer la colère par la compréhension. Nous devons remplacer la peur par l'amour. Nous pouvons promettre de faire mieux. Mais nous devons avoir ce sentiment au plus profond de nos cœurs. C'est là qu'il faut étouffer le racisme.

Gord McNeilly, député libéral à l'Île-du-Prince-Édouard

Nous avons fait beaucoup de chemin, mais il nous en reste encore beaucoup à faire, a insisté Dennis King en s'adressant aux députés réunis à Charlottetown, mardi, pour faire l'examen de la réponse des autorités à la pandémie de COVID-19.

Puissions-nous ne jamais rester silencieux sur une question d'une telle importance, a-t-il ajouté en parlant du racisme comme d'un enjeu quotidien dans la province.

Le chef de l'opposition officielle, Peter Bevan-Baker, abonde dans le même sens. Les préjugés, le manque d'inclusion et le racisme flagrant ne sont malheureusement pas étrangers à notre île, observe-t-il.

Personnellement, je ne me souviens pas d'une époque où j'ai été plus conscient du malaise que je ressens tout autour de moi, a déclaré le chef du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard en s'adressant lui aussi à l'ensemble des députés, mardi.

La superposition d'une urgence sanitaire, d'une convulsion économique et maintenant d'une agitation sociale aiguë nous rend tous profondément anxieux.

Des gens devant la Société culturelle des Noirs de l'Île-du-Prince-Édouard qui s'apprêtent à parler dans un micro.

La mort du citoyen afro-américain George Floyd aux mains de policiers blancs de Minneapolis, la semaine dernière, et les tensions raciales qui embrasent depuis les États-Unis, ont des échos jusqu'à l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, cette semaine.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Peter Bevan-Baker invite à son tour ses concitoyens à faire avancer de manière persistante les causes de la paix, de la justice sociale et de l'égalité. C'est notre devoir, presse-t-il. Mais il prévient du même souffle qu'il n'existe pas de solution facile à l'égard du racisme, qu'il décrit comme un enjeu séculaire et qui est ancré dans l'exploitation, l'injustice et l'inégalité systémiques.

Le chef libéral par intérim, Sonny Gallant, reconnaît lui aussi que le racisme existe dans notre province et notre pays. Il met au défi ses collègues d'agir au-delà des discours politiques pour combattre durablement la discrimination et la haine basées sur la couleur de la peau.

Mardi, une vingtaine de membres de la Société culturelle des Noirs de l'Île-du-Prince-Édouard se sont réunis devant l'Assemblée législative pour demander aux dirigeants politiques de la province de prendre position contre le racisme en réaction aux événements aux États-Unis. Nous ne pouvons pas dire en toute honnêteté que le racisme n'existe pas ici, a déploré Tamara Steele, la présidente du groupe.

Le député Gord McNeilly promet de ne pas laisser tomber la lutte contre le racisme. Il dit s'inspirer à la fois de l'exemple de son père et de celui de sa fille.

Je suis chanceux d'avoir une fille qui me rappelle l'importance de voir les événements [aux États-Unis] à travers le prisme de mon père, le Dr Russell McNeilly. Sa vision était égalitaire, inclusive et multiculturelle, raconte le premier député noir de l'Île-du-Prince-Édouard. Mon père était un homme noir qui travaillait fort et qui m'a appris la gentillesse. Mais il ne m'a pas appris la couleur de ma peau; c'est la société qui l'a fait.

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