•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quand art autochtone et mode collaborent pour éviter l'appropriation culturelle

Une femme porte une robe arborant un motif noir et blanc.

Les designs de l'artiste d'origine outaouaise Caroline Monnet font partie de la nouvelle collection de la Maison Simons, qui met en valeur la création autochtone.

Photo : Gracieuseté de la Maison Simons

Marika Bellavance

L’art autochtone et la mode s’unissent dans une nouvelle collection de vêtements de la Maison Simons, qui se veut « collaborative et transparente » - deux mots sur lesquels insistent les créateurs et l’entreprise québécoise.

Les oeuvres de huit artistes autochtones canadiens agrémentent les vêtements de la collection IFWTO + Edito, née d'une collaboration entre la Maison Simons et la Indigenous Fashion Week Toronto (IFWTO).

Caroline Monnet devant une murale composée de nombreux motifs.

L'artiste multidisciplinaire Caroline Monnet, devant une tapisserie créée spécifiquement pour une exposition à la Galerie du Nouvel-Ontario en 2018

Photo : Radio-Canada / Sophie Houle-Drapeau

Parmi ces artistes, l'Anichinabée-Française Caroline Monnet, qui a grandi en Outaouais, signe le design de quatre morceaux de la collection : deux robes, un pantalon et une blouse, offerts depuis le début du mois de mai.

On a vraiment eu un “canevas blanc”. On pouvait faire ce qu’on voulait, précise la créatrice, en soulignant que chaque pièce de vêtement reflète bien le talent des artistes.

Car l'objectif de cette collection est de mettre en valeur les créations de designers autochtones des quatre coins du pays, dont Tania Larsson, de la nation Gwich'in, aux Territoires du Nord-Ouest, et le Micmac Jordan Bennett, de la Nouvelle-Écosse, entre autres.

Une femme aux cheveux longs et portant des lunettes et un veston blanc regarde l'objectif.

L'acheteuse pour la Maison Simons, Océane Stanislas

Photo : Radio-Canada

J’ai vu une opportunité d’en apprendre plus sur l’artisanat autochtone, le savoir-faire passé de génération en génération, explique de son côté l'acheteuse Océane Stanislas, qui se charge de dénicher de nouvelles tendances pour le secteur Edito de la Maison Simons.

La façon dont l’apprentissage se fait, en communauté, dans la joie de se retrouver et de travailler ensemble. On voulait amener ça à un large public.

Océane Stanislas, acheteuse pour la Maison Simons

Collaboration et transparence

Et pour cette collection, les artistes sont au coeur de la création, assure d’ailleurs Mme Stanislas.

Il n’est pas rare de voir des créateurs s’approprier - sans permission - les oeuvres ou l’esthétique d’une culture différente de la leur, ce que déplore Caroline Monnet.

Une mannequin, bras dans le dos, porte un haut écru avec un cercle sur le devant composé de motifs géométriques colorés.

Ce haut est signé par l'artiste micmac Jordan Bennett, de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Gracieuseté de la Maison Simons

Mais l’esprit de collaboration derrière ce projet est un pas dans la bonne direction, selon l'artiste visuelle et cinéaste.

C’est vraiment le contraire d’une maison de mode qui s’approprie quelque chose sans l’approbation des artistes qui l’ont créé.

Caroline Monnet, artiste autochtone

[Les artistes], on a reçu un cachet et on a vraiment fait partie du processus créatif, renchérit l'artiste visuelle et cinéaste.

La mode et les arts pour « éduquer »

D’autant plus que, pour Caroline Monnet, cette initiative permet aussi d’offrir une nouvelle vitrine à sa culture.

C’est une façon d’amener une certaine présence [de l’art autochtone] dans les magasins à grande surface et de l’intégrer à un public qui est peut-être moins connaisseur de l’art contemporain et des cultures autochtones, croit-elle.

Un pantalon est agrémenté d'un motif noir et blanc.

L'artiste autochtone Caroline Monnet présente quatre morceaux dans la nouvelle collection IFTWO X Edito, de la Maison Simons.

Photo : Gracieuseté de la Maison Simons

Quand on sait d’où vient l’oeuvre, ou le design qu’on porte fièrement, et qu’on est capable de donner de l’information sur l’artiste, ça “distribue” le mot à travers le Canada.

Caroline Monnet, artiste autochtone

L’industrie de la mode est plus inclusive, depuis quelques années, mais gagnerait à l'être encore davantage, selon Océane Stanislas. Pour améliorer le futur de la mode canadienne et pour faire grandir l’industrie, c’est important de permettre cette reconnaissance de tous, avance-t-elle.

Et c’est d'autant plus important de le faire de manière « éthique », ajoute Caroline Monnet, et d'éviter toute forme d'appropriation culturelle.

J’espère que les grandes marques vont suivre et qu’on ne les verra plus s’approprier le travail d’artistes.

Caroline Monnet, artiste autochtone

Pour l’instant, la créatrice de l’Outaouais se réjouit de pouvoir offrir son talent artistique au grand public.

J’espère me promener dans la rue, que ce soit à Gatineau, à Montréal ou ailleurs, et voir des gens porter mes designs. Ça va me rendre fière, dit-elle, sourire aux lèvres.

Avec les informations de Kevin Sweet

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Autochtones