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La présence de personnel d’agence mal formé en CHSLD, c’est inacceptable, dit Legault

« Ça s’appelle de l’exploitation », a renchéri Manon Massé, évoquant ces migrants mal formés envoyés par des agences dans des zones chaudes.

Quebec Premier Francois Legault responds to the Opposition during question period Wednesday, June 3, 2020 at the legislature in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

François Legault a reconnu un problème avec des agences de placement durant cette crise sanitaire, après une enquête publiée par Radio-Canada.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le premier ministre du Québec, François Legault, n’a pas mâché ses mots après l’enquête de Radio-Canada, publiée en début de semaine, révélant le rôle des agences de placement au cours de cette crise sanitaire, particulièrement dans les CHSLD.

Une situation qui est inacceptable, s'est-il exclamé sur les bancs de l’Assemblée nationale, après une interpellation sur ce sujet de Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire (QS).

Cette dernière venait alors de déplorer le manque de formations proposées aux migrants envoyés au front, dans les zones chaudes, par certaines agences de placement.

Celles-ci ont également trimbalé ces travailleurs, qui parfois ne comprenaient pas la langue française, d’établissement en établissement.

On parle, a détaillé Manon Massé, d’agents de sécurité qui ont eu 83 secondes de formation, des préposés à l'entretien qui ne comprennent pas un mot de leurs instructions, du monde payé des pinottes, sans prime, qui pognent le virus, mais qui cachent leurs symptômes parce qu'ils ont peur, bien sûr, de perdre leur statut.

Ces agences-là, leur modèle d'affaires, c'est l'exploitation des gens précaires, fragiles et isolés.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Qui profite de cette situation?, a questionné la députée solidaire. Des agences de placement privées, parfois sans permis, parfois fondées avant-hier, qui veulent se remplir les poches sur le dos du pauvre monde, a-t-elle expliqué, en demandant au premier ministre s’il allait interdire le recours aux agences de placement privées dans le réseau de la santé.

Mme Massé devant des drapeaux du Québec.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, a vivement déploré les agissements de certaines agences de placement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

François Legault n’a néanmoins pas pris un tel engagement. Tout en décriant cette situation, il a déploré le manque de bras dans les établissements de santé et l’obligation de faire appel à des bénévoles qui viennent prêter main-forte sans nécessairement de formation.

Donc, effectivement, ce n'était pas une situation qui est idéale et, dans certains cas, oui, on a fait affaire avec des agences de placement, a-t-il confié.

Pour moi, une agence de placement, ça devrait être seulement utilisé de façon exceptionnelle s'il y a un imprévu. Mais là, évidemment, on voulait prendre tous les gens qu'il y avait de disponibles.

François Legault, premier ministre du Québec

On est en train de régler le problème, a-t-il ajouté, en faisant référence à la volonté de son gouvernement de recruter dans les prochaines semaines 10 000 préposés aux bénéficiaires par le biais d’une formation rémunérée.

Le recours aux agences diminuera, dit Québec

Après avoir soutenu lundi que les employés d’agences de placement ont l’équipement de protection nécessaire et une formation au même titre que tous les travailleurs de la santé, malgré des témoignages contraires entendus sur le terrain, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a affirmé que le réseau public fera de moins en moins appel à ces agences.

Plus on va avoir notre personnel à nous, en public, moins on va avoir besoin des agences de placement. Puis on va embaucher, former les personnes qui sont actuellement dans les agences de placement, a-t-elle indiqué.

En début de semaine, le Parti québécois et Québec solidaire ont réclamé la mise en place d’une enquête publique visant les agences de placement en santé. Le Parti libéral a quant à lui dénoncé le laxisme du réseau de la santé et de la CNESST.

Depuis le début de l’année, un règlement oblige les agences de placement à détenir un permis gouvernemental. Elles doivent également verser obligatoirement un salaire au moins égal à celui proposé par les établissements à leurs employés. Or, la CNESST a reconnu qu'aucune vérification n'a encore été faite.

Par le biais d’un arrêté ministériel, Québec a également, mi-mai, imposé un plafond sur les factures envoyées par ces agences.

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