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L’hydroxychloroquine n’est pas efficace pour prévenir la COVID-19, conclut une étude

Deux chercheurs de l’Université McGill ont participé à ce premier essai en double aveugle, randomisé et contrôlé par placebo, dont les résultats complets sont publiés.

Un chercheur place des pilules d'hydroxychloroquine dans un contenant.

D’autres essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde, y compris au Canada.

Photo : Reuters / George Frey

Radio-Canada

La controversée hydroxychloroquine n'est pas efficace pour prévenir le développement de la COVID-19 chez les personnes exposées au SRAS-CoV-2, le virus responsable de la maladie, montrent des travaux réalisés en collaboration avec des chercheurs canadiens.

Tantôt jugé prometteur pour prévenir ou pour traiter la COVID-19, tantôt remis en question, ce médicament est l’objet de plusieurs études, et certaines ont été interrompues dans la controverse.

Ces résultats concernant l'hydroxychloroquine sont publiés dans le New England Journal of Medicine (en anglais), et ont été obtenus dans un contexte de prophylaxie post-exposition, c’est-à-dire chez des personnes qui avaient été exposées au SRAS-CoV-2.

Pas moins de 821 adultes asymptomatiques américains et canadiens ayant été exposés à la maison ou dans un milieu de soins à une personne atteinte de la COVID-19 ont participé à cette recherche coordonnée par le Dr David Boulware de l'Université du Minnesota et ses collègues Todd Lee et Emily McDonald de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.

De ce nombre, 719 personnes ont signalé une exposition à haut risque à un cas confirmé de COVID-19, c'est-à-dire qu'elles se sont trouvées à moins de deux mètres pendant plus de dix minutes et sans un des éléments de l'équipement de protection individuelle (par exemple, un masque ou un écran facial).

Il s'agissait de jeunes adultes en bonne santé vivant dans la collectivité (âge moyen de 40 ans) dans la plupart des cas.

Dans les quatre jours suivant l'exposition, les participants ont reçu un placebo ou de l'hydroxychloroquine à prendre pendant cinq jours. Ni les chercheurs ni les participants ne savaient lesquels d’entre eux recevaient bel et bien le médicament. Un comité de surveillance indépendant a évalué les données.

Notre étude démontre que l'hydroxychloroquine n'est pas meilleure que le placebo lorsqu'elle est utilisée comme prophylaxie post-exposition dans les quatre jours suivant l'exposition à une personne infectée par le nouveau coronavirus.

Todd Lee, IR-CUSM

Parmi les participants, 107 ont finalement développé la COVID-19 (soit un cas confirmé par un test ou des symptômes compatibles) au cours des 14 jours de suivi.

Les cas confirmés et les cas probables ont été inclus dans l’étude en raison du manque de disponibilité de tests de diagnostic aux États-Unis.

Parmi ceux qui ont reçu de l'hydroxychloroquine, 49 ont développé la maladie (ou des symptômes compatibles tels que la fièvre ou la toux), contre 58 dans le groupe ayant reçu le placebo.

En tout, deux patients ont dû être hospitalisés – un dans chaque groupe – et aucun n’a perdu la vie.

Sans surprise, des effets secondaires, notamment de la nausée et une gêne abdominale, ont été plus fréquents chez les participants qui prenaient de l'hydroxychloroquine que chez ceux qui ont reçu le placebo (40 % contre 17 %).

Aucun effet indésirable grave lié au traitement, comme de l’arythmie cardiaque, n'a été signalé lors de cet essai.

Un homme tient un paquet de Plaquenil qui contient de l’hydroxychloroquine

Un paquet de Plaquenil qui contient de l’hydroxychloroquine, un traitement actuellement étudié pour soigner la COVID-19.

Photo : afp via getty images / GERARD JULIEN

Approfondir les connaissances

Les auteurs des travaux estiment que des travaux supplémentaires doivent être réalisés pour déterminer si l'hydroxychloroquine peut être efficace dans le cadre d’un traitement précoce de la COVID-19, et si la prophylaxie préexposition peut être efficace dans les populations à haut risque.

D’autres essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde, y compris au Canada. Au CUSM, un essai portant sur le traitement précoce à domicile est en cours.

Au Canada, l'hydroxychloroquine est un médicament approuvé pour traiter la malaria et certaines maladies auto-immunes, dont le lupus et la polyarthrite rhumatoïde.

Ce médicament peut cependant causer des dommages au foie et aux reins, une baisse du taux de sucre dans le sang et des troubles du système nerveux. Dans les cas les plus graves, ses effets sur le rythme cardiaque peuvent être mortels. Pour toutes ces raisons, l'hydroxychloroquine doit être prise uniquement sous la supervision d'un médecin.

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