•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les éponges siliceuses menacées par le réchauffement des eaux au large de la C.-B.

Un récif d'éponges siliceuses.

Le détroit de Hecate, en Colombie-Britannique, sert d'habitat à de nombreuses espèces marines, dont les crevettes tachetées, les sébastes et les requins.

Photo : Société pour la nature et les parcs du Canada

Radio-Canada

Le réchauffement des eaux causé par les changements climatiques menace la survie des éponges siliceuses au large des côtes de la Colombie-Britannique, démontre une étude publiée dans Scientific Reports.

L’eau plus chaude peut gravement entraver la capacité des éponges à filtrer l’eau, conclut la chercheuse en zoologie à l’Université de la Colombie-Britannique, qui a fait cette recherche (Nouvelle fenêtre).

Leur habileté à filtrer est réduite de 2 à 5,5 fois, affirme Angela Stevenson. C'est lorsque la hausse de la température est ajoutée à l’acidification de l’eau (causée par une absorption accrue du CO2) que l’effet est le plus important, révèlent ses expériences menées au courant des trois dernières années.

Les récifs formés par les éponges siliceuses peuvent atteindre une hauteur de 20 mètres. Ils jouent un rôle majeur dans le maintien de la qualité de l’eau au large des côtes de la Colombie-Britannique, en filtrant les microparticules et en diffusant des nutriments utiles aux créatures qui vivent dans les profondeurs sous-marines.

Un plongeur sous-marin fait des observations près d'un récif d'éponges.

Les récifs d'éponge siliceuse peuvent atteindre 20 mètres de haut, au large des côtes de la Colombie-Britannique.

Photo : Adam Taylor/MLSS

Ces éponges ont un squelette composé de silice – un minerai qu’on retrouve dans le verre – recouvert d’une fine couche de peau blanche.

Les éponges siliceuses ressemblent à des gobelets ou à des vases et fournissent un habitat à plusieurs espèces telles que les homards, les crabes, les sébastes, les flétans et les crevettes.

C’est une zone d’alimentation et de reproduction, c’est un endroit où différentes espèces viennent chercher refuge, explique Angela Stevenson.

Imiter la hausse prévue de la température des océans

Son équipe a mesuré la température de l’eau dans la baie Howe pendant les mois d’été, l’a égalée et augmentée en laboratoire, puis a constaté que cette hausse avait un effet négatif sur les échantillons d’éponges.

Nous avons augmenté la température de 1,5 degré Celsius, ce qui est assez peu et se situe dans les prévisions d’un avenir rapproché, dit la chercheuse. Nous avons observé un stress et un arrêt de l’alimentation.

Une éponge sur une roche, entourée de colorant.

Du colorant est injecté près d'une éponge siliceuse en laboratoire pour évaluer sa capacité de pompage.

Photo : Angela Stevenson/UBC

Les scientifiques ont cru, jusqu’à la découverte de récifs près de l’archipel Haida Gwaii dans les années 1980, que cette espèce d’éponge siliceuse avait disparu il y a 40 millions d’années.

Fragiles, les éponges sont facilement endommagées par certaines pratiques de pêche, comme le chalutage de fond, qui consiste à traîner un filet alourdi sur les fonds marins. La libération de sédiments obstrue leur système de filtration interne.

En 2017, le gouvernement fédéral a limité la pêche commerciale dans une zone de 2410 kilomètres carrés entre l’île de Vancouver et l'archipel Haida Gwaii, une mesure qui s'ajoutait à quelques poches de protection dans le détroit de Georgia et la baie Howe.

Avec des informations de CBC et la Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Colombie-Britannique et Yukon

Changements climatiques