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Des débats houleux sur les revenus du parc éolien Viger-Denonville

Des éoliennes du parc Viger-Denonville.

Les revenus du parc éolien Viger-Denonville ont chuté de 89 %, selon le maire de Saint-Paul-de-la-Croix (archives).

Photo : Radio-Canada

Le maire de Saint-Paul-de-la-Croix, Simon Périard, dénonce une baisse de 89 % des dividendes reçus des activités du parc éolien Viger-Denonville.

Le maire Périard a sursauté lorsqu'il a constaté que sa municipalité n'a récolté que 2491 $ en dividendes des opérations du parc Viger-Denonville pour le premier trimestre de l'année 2020.

En 2019, nous avions reçu un peu moins de 22 500 $ au cours du même trimestre, souligne-t-il.

C'est ce qui l'a incité à dénoncer cet état de fait sur sa page Facebook professionnelle. Ce qui me déçoit, c'est que j'ai obtenu ces chiffres en épluchant les chiffres d'Innergex, notre partenaire privé à 50 %. Je trouve ça un peu étrange que ces chiffres soient rendus publics par notre partenaire privé alors que la MRC de Rivière-du-Loup, une entité publique, garde ça pour elle, déplore-t-il.

À la lecture des états financiers d'Innergex, il est effectivement possible de constater que la production moyenne à long terme (PMLT) du parc Viger-Denonville a diminué d'environ 21 % pour le premier trimestre de 2020, par rapport à l'année 2019.

Toutefois, selon le président du conseil d'administration du parc et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, comparer les chiffres du premier trimestre de l'année 2019 à ceux de l'année 2020 est cependant une erreur.

Oui, il y a une baisse. Mais c'est surtout parce que l'année 2019 a été exceptionnellement bonne. Si on se fie aux revenus des cinq dernières années, on se rend compte que le portrait n'est pas du tout le même.

Michel Lagacé, président du parc éolien Viget-Denonville
Michel Lagacé se tient devant un bâtiment de la ville et pose pour la caméra.

Michel Lagacé, préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président du conseil d'administration du parc éolien Viger-Denonville (archives).

Photo : Radio-Canada / Denis Leduc

Selon les données colligées par le président du conseil d'administration, les revenus des premiers trimestres sont révélateurs. Pour le premier trimestre de 2016, nous étions à 374 000 $ versés à la MRC. En 2017, 262 000 $. En 2018, 424 000 $. En 2019, 649 000 $, précise-t-il.

Toutefois, il admet que les dividendes du premier trimestre de 2020, qui se chiffrent à 149 000 $, sont moins intéressants. Ça s'explique de plusieurs façons. De un, le vent n'était pas au rendez-vous de la même façon et on ne peut pas inventer du vent, ironise M. Lagacé, visiblement irrité.

Si on produit moins d'électricité parce qu'il y a moins de vent, c'est normal qu'il y ait moins de bénéfices. Ajoutez à ça le rachat de Senvion, qui nous pousse à la prudence. Ça explique les résultats moins probants pour ce début d'année, ajoute le président du conseil d'administration.

Baisse de dividendes, baisse de budget

Ce n'est toutefois pas la première fois que Simon Périard critique la gestion du parc éolien. En juillet 2019, il a même démissionné du conseil d'administration.

Le maire Périard est d'avis que la baisse de dividendes enregistrée cette année aura un impact important sur les finances de sa municipalité.

Il y a un peu plus de 350 résidents à Saint-Paul-de-la-Croix et ça représente un manque à gagner d'environ 20 000 $. Je ne suis pas certain que ce soit récupérable. [...] Il se peut qu'on ait à repenser à nos dépenses pour être certains de ne pas faire de déficit.

Simon Périard, maire de Saint-Paul-de-la-Croix
Le maire Simon Périard sourit à la caméra devant la salle municipale de Saint-Paul-de-la-Croix.

Le maire de Saint-Paul-de-la-Croix, Simon Périard (archives)

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Michel Lagacé réplique cependant en disant que les autres maires étaient au courant de cette baisse de revenus. Vous savez, tous les collègues maires de M. Périard, à la MRC, étaient au courant de la baisse de revenus. Si le maire assistait aux réunions de travail comme tous ses collègues le font, il ne serait pas à la remorque des explications qu'on fournit, tranche le préfet.

Ça me fait de la peine. Au lieu de commenter sur Facebook sans être au courant, il devrait se renseigner au préalable. Vous savez, dans la vie, on apprend. Il semble que M. Périard préfère commenter au lieu d'apprendre. C'est malheureux.

Michel Lagacé, président du conseil d'administration du parc Viger-Denonville

Simon Périard admet qu'il ne participe pas aux réunions de travail de la MRC depuis environ un an. Il y a une raison. Au fil du temps, on s'aperçoit qu'on a beau proposer des choses ou amener des sujets, mais ce n'est jamais écouté et on continue le train-train habituel. C'est un peu une perte de temps, estime-t-il.

Alors que Simon Périard se prépare à prendre des décisions difficiles pour les finances de sa municipalité en raison de la baisse de dividendes, Michel Lagacé, lui, recommande d'être patient. On va divulguer les résultats du troisième trimestre en juillet. Vous allez voir que les nouvelles sont très bonnes, dit-il.

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