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Éducation à distance : une « inertie totale » selon des parents

Une salle de classe vide, vue à partir d'un bureau d'élève.

Des parents dénoncent la qualité de l’éducation tandis que les écoles sont fermées à cause de la COVID-19.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Radio-Canada

Des parents au Nouveau-Brunswick ont l'impression d'être laissés à eux-mêmes en matière d'éducation de leurs enfants depuis la fermeture des écoles à cause de la pandémie.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Je crains le retard dans le sens : est-ce que l'année prochaine, les enseignants vont réellement revenir sur la matière qu'ils auraient dû atteindre cette année?, se demande Sébastien Poirier, un parent.

Des parents expriment aussi une grande insatisfaction quant aux ressources en ligne mises à leur disposition pour l’éducation de leurs enfants.

C'est une des institutions les plus importantes, le système d'éducation. On dirait que ce n'est pas une priorité, qu'il n'y a pas de responsabilité, qu'il n'y a pas d'imputabilité, qu'il n'y a pas d'action : une inertie totale.

Jeanne Bernardin, parente

Jeanne Bernardin est l’une des signataires d’une lettre adressée au ministre Cardy, qui exprime une profonde déception envers la plateforme jemeduque.ca (Nouvelle fenêtre). Cette dernière dirige les parents vers des activités éducatives des districts francophones du Nouveau-Brunswick.

Nous voulons plus qu’une plateforme. Nous voulons un plan d’étude hebdomadaire avec un enseignement spécifique, structuré et avec des exercices correspondants. Ce plan d’étude doit venir des enseignants et être adressé aux enfants. La plateforme proposée est un collage et une banque de sites, et ne constitue pas un programme en lien et en continuité avec le programme scolaire interrompu depuis presque 3 mois, peut-on lire dans la lettre de Jeanne Bernardin et de Georges Tétégan, des parents d’élèves en 8e et 12e années.

Jeanne Bernardin interviewée dans l'arrière-cour d'une maison.

Jeanne Bernardin, parente d'élèves, dit ne pas avoir l'impression que l'éducation est une priorité en ce moment au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Ils soulignent dans leur lettre que les universités, des entreprises et des services publics ont réussi à maintenir l’offre de leurs services les plus importants. On ne peut pas en dire autant du système d'éducation primaire et secondaire, disent-ils.

Presque 3 mois plus tard, malgré la distribution de matériel électronique aux enfants, il n’y a toujours peu ou pas d’enseignement offert. Il est honteux de ne pas prioriser l’éducation de nos jeunes et de s’attendre à ce que la province se relève économiquement à l'avenir, ajoutent les auteurs de la lettre.

Les districts scolaires sont dans le néant

Le ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, a indiqué cette semaine que le scénario de la rentrée ne sera dévoilé que quelques jours au préalable.

C'est impossible de faire la prédiction sur ça jusqu'à temps, deux trois jours avant, que l'école commence, a déclaré M. Cardy.

Pendant que le ministère de l'Éducation travaille sur le scénario de rentrée, les districts scolaires ne savent pas à quoi s’attendre.

C'est certain qu'au moment où on se parle, les gens sont un petit peu encore dans le néant, c’est-à-dire que ce n’est pas clair, estime le directeur général du District scolaire francophone Nord-Est, Marc Pelletier.

Le District scolaire francophone Nord-Est a notamment reçu la consigne suivante : si on retombe en phase rouge du confinement, il doit y avoir une poursuite de l'apprentissage dès le lendemain, avec des évaluations à l'appui. Cela explique notamment pourquoi les districts allègent déjà les programmes scolaires.

La planification prendra du temps. Par exemple, plus de 70 % des élèves du District scolaire francophone Nord-Est prennent l'autobus. Si la distanciation physique reste en vigueur, il faudra des semaines pour revoir le service d’autobus scolaire.

Monique Boudreau en entrevue devant les bureaux du district scolaire.

Le temps presse pour recevoir des directives claires, selon la directrice générale du District scolaire francophone Sud, Monique Boudreau.

Photo : Radio-Canada

Les districts scolaires souhaitent avoir des directives claires avant la rentrée des enseignants.

C'est sûr que c'est un petit peu décevant. Est-ce que je suis surprise? Je ne suis pas surprise. Mais là, on commence à donner le message que ça presse. [...] Il y a certains éléments sur lesquels on est capables de travailler, mais les lignes directrices, on a besoin de les avoir pour continuer notre travail, explique la directrice générale du District scolaire francophone Sud, Monique Boudreau.

La période prévue pour l'apprentissage à la maison se termine le 12 juin. Les enseignants travaillent jusqu’au 23 juin et ils recevront des formations pour mieux se familiariser avec les outils technopédagogiques.

Avec les renseignements de Jean-Philippe Hughes

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