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La Chambre de commerce recommande la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine

Une seule personne marche sur la rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal en pleine journée.

La rue Sainte-Catherine vide en raison des mesures de confinement en raison de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) veut sauver les commerces du centre-ville en rendant la rue Sainte-Catherine piétonnière sur une longueur de plus de 4,5 kilomètres entre les rues Atwater et Papineau.

C’est une des principales recommandations du sous-comité de la vitalité commerciale du centre-ville de Montréal coprésidé par Michel Leblanc de la CCMM et Monique Simard de Partenariat du Quartier des spectacles.

Cette proposition favoriserait l'achalandage au centre-ville qui, en raison de la pandémie, s'est vidé de ses 100 000 étudiants, de ses millions de touristes et d'un grand nombre de ses 310 000 travailleurs, dont au moins 80 % pourraient demeurer en télétravail pendant encore plusieurs mois.

La rue Sainte-Catherine à Montréal.

La rue Sainte-Catherine mercredi matin. La CCMM propose de la rendre piétonnière entre les rues Atwater et Papineau.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En entrevue à Tout un matin, Michel Leblanc, président de la CCMM, plaide pour un « achalandage optimal ». D'après M. Leblanc, il ne fait aucun doute : Les commerces du centre-ville vont vivre une période très difficile.

Toute l’idée est d’amener les gens à considérer venir au centre-ville pour aider les commerçants.

Michel Leblanc, président de la CCMM
Des gens faisant leurs courses, achats et emplettes.

Michel Leblanc cite l’exemple d’un « parcours mode avec un certain type de boutiques qui vont être mises en évidence pour les jeunes ».

Photo : Ivanoh Demers

Le comité, qui a été mandaté par la Ville, suggère également de piétonniser certains axes nord-sud. Cela permettrait de rejoindre le Vieux-Montréal, de mobiliser les institutions culturelles, d'animer ainsi le secteur et de créer des parcours thématiques.

M. Leblanc cite l’exemple d’un parcours mode avec un certain type de boutiques qui vont être mises en évidence pour les jeunes.

Il est aussi question d’accorder au Partenariat du Quartier des spectacles un mandat et un budget conséquents pour l’animation de toute la zone à travers une programmation qui renforcera son caractère distinctif.

Interdiction de stationner sur la rue Sainte-Catherine.

La CCMM et le Partenariat du Quartier des Spectacles recommandent des mesures incitatives, comme le stationnement gratuit le soir et les fins de semaine près de la rue Sainte-Catherine.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

D’autres propositions de mesures incitatives sont également sur la table, comme permettre le stationnement gratuit au moins le soir et les fins de semaine pour les véhicules près du centre-ville. De grands stationnements de vélos devront également être mis en place.

À ceux qui pourraient être incommodés par de tels aménagements, M. Leblanc rappelle qu’il s’agit d’une question de survie pour les commerces.

Si on ne fait rien, il va y avoir des fermetures massives dans les prochains mois, parce qu’il n’y a pas d’achalandage et les loyers sont élevés.

Michel Leblanc, président de la CCMM

Urgence pour les restaurants et les bars

Interrogé à propos de la faisabilité de ce projet de piétonnisation, Luc Rabouin, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal et responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal, estime que le tout pourrait se faire « dans les prochaines semaines ».

Ce dont nous voulons nous assurer, c'est qu'avec la Société de développement commercial (SDC), avec les partenaires locaux, c'est bien l'option souhaitée, a-t-il souligné.

Pour les directeurs généraux des SDC Destination centre-ville et du Village, justement, piétonniser n'est pas une mauvaise chose, mais la Ville aurait davantage intérêt à se concentrer sur le sort des restaurateurs et des tenanciers de bars, qui sont toujours dans l'incertitude.

L'ouest [de la rue Sainte-Catherine] a été frappé par l'arrêt total des activités dans les tours de bureaux, puis dans les commerces, a mentionné Émile Roux, le DG de la SDC Destination centre-ville, de passage à l'émission Le 15-18, sur les ondes d'ICI Première.

Pour M. Roux et son homologue de la SDC du Village, Yannick Brouillette, la réouverture des commerces ayant pignon sur rue a permis d'aider certains propriétaires, mais si les restaurants et les bars doivent s'en tenir aux terrasses, cet été, pour servir des clients afin de respecter les normes de distanciation sociale, l'espace dont disposent certains d'entre eux n'est pas suffisant pour compenser les coûts d'opération élevés au centre-ville.

Comment gère-t-on les restaurants dans les foires alimentaires au centre-ville? Ils n'ont aucune terrasse. On devra très rapidement créer des lieux où la réglementation sera assouplie pour permettre de fréquenter ces lieux, a ajouté M. Roux.

Ce dernier s'attend par ailleurs à ce que les restaurants puissent rouvrir leurs portes d'ici quelques semaines.

Le déficit comme solution?

L'hôtel de ville de Montréal.

L'hôtel de ville de Montréal

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Un autre comité de relance économique, présidé par le fiscaliste Luc Godbout, recommande carrément que le gouvernement du Québec permette temporairement à Montréal de présenter un budget déficitaire.

Contrairement aux provinces et au fédéral, les villes n’ont légalement pas le droit d’enregistrer de déficit.

La mairesse de Montréal Valérie Plante, qui craint un gouffre financier pouvant atteindre un demi-milliard de dollars, dit ne pas avoir le choix.

Si les gouvernements ne viennent pas en aide aux municipalités, dont Montréal, le plus gros budget de fonctionnement du Québec, […] il me reste deux options : taxer, couper dans les services, ou encore les deux.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La Ville de Montréal réclame une aide financière substantielle de la part des gouvernements fédéral et provincial, notamment pour éponger le déficit provoqué par une forte baisse de la fréquentation de son réseau de transport en commun, une perte qu’elle estime à quelque 500 millions de dollars.

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