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Pénurie de vélos à prévoir en Ontario

Un homme à vélo avec un bandana qui lui couvre la bouche et le nez.

Les détaillants de vélos et d'accessoires de vélo font des affaires d'or depuis quelques mois, mais les stocks commencent à manquer.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Les ventes de vélos ont monté en flèche depuis près de deux mois en Ontario, de sorte que de nombreux propriétaires de boutiques spécialisées craignent une pénurie de leurs modèles les plus populaires.

Les gens ont retrouvé la joie de faire du vélo. Ce n’est pas juste les enfants, les parents aussi, note Albert Koehl, un défenseur du transport urbain durable à Toronto. C’est une option très spéciale pendant la pandémie!

N'empêche que les Ontariens qui désirent se procurer une nouvelle bicyclette ont moins d’options qu’auparavant dus à des inventaires réduits. Ils sont aussi contraints d’attendre plus longtemps qu’à l’habitude alors que le personnel de la majorité des boutiques s'avère complètement débordé.

M. Koehl a lui-même passé une commande pour un nouveau vélo à la boutique Curbside Cycle, qui a pignon sur rue au centre-ville. Après plusieurs semaines d’attente, il a enfin pu récupérer sa nouvelle bicyclette, qui se veut un cadeau pour son soixantième anniversaire de naissance.

Un homme sourit à la caméra.

Albert Koehl est un ardent défenseur du transport urbain durable à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de Curbside Cycle, Eric Kamphof, peut se réjouir des affaires d'or que fait sa boutique. Au vu de ses recettes des derniers mois, les vélos qu'il vend, conçus pour des trajets quotidiens, sont très populaires.

La semaine dernière, si je me souviens bien, on a vendu un vélo à un homme de 40 ans. C'était son tout premier vélo à vie. Il n'en avait encore jamais fait!, raconte-t-il. Il faut croire que le temps libre qu'il a gagné et le beau temps l'ont convaincu.

Un homme se tient, bras croisés, devant sa boutique au centre-ville de Toronto. Il sourit.

Le nom de la boutique Curbside Cycle peut être pris littéralement depuis le début des mesures de confinement alors que les clients reçoivent un service de vente sur le trottoir.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

L'achalandage est tel dans le Grand Toronto que la boutique de M. Kamphof peine à répondre à la demande. Une cinquantaine de vélos doivent encore être assemblés en boutique pour des clients qui ont passé leur commande dernièrement comme Albert Koehl.

Curbside Cycle s'approvisionne principalement auprès de fabricants européens dont la production n'a pas été aussi atteinte par la crise sanitaire qu'en Chine, par exemple. Certains modèles pourraient bientôt manquer, mais Eric Kamphof estime que sa boutique risque d'éviter la pénurie prédite pour les commerçants qui font des vélos récréatifs ou de compétition leur spécialité.

Des carnets de commandes pleins jusqu'en octobre

Un homme transporte une grosse boîte contenant un vélo.

La boutique torontoise a reçu un nouveau chargement de vélos, mercredi après-midi. La plupart d'entre eux sont déjà vendus.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

La fermeture temporaire des manufactures en Chine au tout début de la pandémie commence à se faire sentir. Le réapprovisionnement est difficile, voire impossible. De nombreux fabricants de vélos importants comme Trek, Norco, Specialized, Opus et Kona n’arrivent pas à répondre à la demande des détaillants.

Leurs carnets de commandes sont complets. Auprès de certains fournisseurs, ce n'est pas possible de commander quoi que ce soit avant le mois d’octobre, explique Annie Shawanda de la boutique The Outside Store, à Sudbury.

Ed Kraus estime que l'achalandage dans ses boutiques Ideal Bikes de Belleville et Wellington a augmenté de 75 %. Tous ses vélos à plus bas prix sont vendus depuis plusieurs semaines.

On éprouve beaucoup de difficultés à ajouter plus de vélos à nos inventaires. La plupart de nos fournisseurs ont tout vendu

Ed Kraus, propriétaire de Ideal Bikes

Les grands magasins qui peuvent seulement vendre des vélos de la marque Trek, par exemple, ont prévu le coup. Les deux plus récents chargements de vélos en provenance de la Chine ont été précommandés il y a longtemps!, rajoute-t-il.

Compte tenu des mesures de distanciation physique, les rendez-vous pour les ajustements ont été reportés à cinq ou six semaines dans certaines boutiques. D'autres magasins ont carrément arrêté d'offrir ce service, mais les employés ne manquent pas de quoi faire.

Pour la plupart de ces commerces, la vente de vélos constitue 50 % des revenus générés en magasin. Les accessoires de vélo se vendent aussi très rapidement depuis quelques semaines. Les casques, notamment, sont très populaires, dit-on.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Les petits entrepreneurs ne pensent plus à la faillite

Ryan Melnyck, qui opère Cachet Bicycle Company, une petite entreprise spécialisée dans la production de vélos sur mesure à North Bay, craignait d'avoir à cesser ses activités quelques semaines après le début des mesures de confinement.

J'ai compris que les gens allaient se tourner vers les vélos urbains et les options de base pour les adeptes du gym qui veulent garder la forme, mais j'avais complètement négligé la volonté des gens d'investir dans un nouveau vélo haut de gamme, raconte-t-il.

Je croyais que j'allais perdre mon entreprise, mais finalement j'ai presque tout vendu ce que j'avais en stock!

Ryan Melnyck, Cachet Bicycle Company

Avant de se retrouver avec une tonne de cadres de vélo et aucun client à qui les vendre, l'Ontarien a décidé, il y a quelques semaines, d'annuler toutes ses commandes de réapprovisionnement auprès de fournisseurs au Mexique, aux États-Unis et au Japon.

Avec l'annulation des compétitions et la fermeture des parcs de sauts sur buttes, j'ai cru que la dernière chose que les gens auraient voulue, c'est ce que j'ai à vendre, admet-il. Je me suis tiré dans le pied!

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