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Tourisme Outaouais demande l'aide du gouvernement pour sauver les petites entreprises

Des femmes dans un spa en plein air.

Le groupe Nordik est notamment connu pour son spa à Chelsea, juste à côté d'Ottawa.

Photo :  courtoisie / Nordik Group

L'industrie touristique de l'Outaouais compte sur les visiteurs québécois cet été, mais aussi sur l’aide du gouvernement pour permettre aux entreprises de survivre à la crise de la COVID-19, qui touche tous les secteurs d’activité.Tourisme Outaouais interpelle le ministre Lacombe.

Tourisme Outaouais exhorte le gouvernement du Québec à venir en aide aux entreprises du secteur, sinon le risque est trop élevé pour les entrepreneurs et on les regardera mourir, soutient France Bélisle, présidente-directrice générale de l'organisme.

La province mise sur une stratégie de tourisme intra-Québec. Il s'agit, selon Tourisme Outaouais, du seul scénario envisageable pour offrir un peu d'agrément à la population et de sécuriser les emplois locaux.

L'industrie touristique emploie 8 000 emplois directs et indirects en Outaouais. La région accueille normalement plus de 3 millions de visiteurs par année, dont le tiers sont de l'extérieur du Québec, selon des données de Tourisme Outaouais.

La ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, a annoncé la semaine dernière une première phase du calendrier de déconfinement concernant l’industrie touristique québécoise.

Il y a des secteurs qui ont rouvert comme le camping, bien sûr, explique Mme Bélisle en entrevue à l’émission Les Matins d’ici.

La présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, est souriante lors d'une entrevue.

France Bélisle, présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Mais il y a toute une section qui n’a pas encore rouvert, et ça inquiète beaucoup pour le Québec et pour la région de l'Outaouais. Si un restaurant n’est pas ouvert, il fait partie de l’écosystème touristique, le visiteur, il faut qu'il mange quelque part. [...] Tout cela ça génère de l’économie, si on n’est pas capable d’avoir une idée claire (sur le plan de réouverture du gouvernement), c'est pas juste les industries touristiques, mais tout l’écosystème des villages et des régions du Québec qui sera aussi affecté par ça, précise Mme Bélisle.

Nous attendons avec impatience les prochaines étapes évoquées par la ministre, soit le calendrier de la deuxième phase de déconfinement et le plan de soutien financier de l’industrie, explique Mme Bélisle.

Selon cette dernière, les recettes touristiques dépassent les 435 millions de dollars par an dans la région de l’Outaouais.

Le Parc Oméga veut rouvrir

Charles de Reinach, directeur d’exploitation du Parc Oméga, a indiqué en entrevue à Radio-Canada que son entreprise était prête à accueillir les visiteurs en toute sécurité malgré les consignes du gouvernement du Québec.

Des automobilistes se déplacent sur les sentiers du Parc Oméga. (archives)

Des automobilistes se déplacent sur les sentiers du Parc Oméga. (archives)

Photo : Parc Oméga

On voit, petit à petit, beaucoup de pans de l’économie rouvrir et nous, qui proposons un parcours safari en voiture, on n’a pas l’autorisation d’ouvrir alors qu’on pourrait participer à la relance de l’économie, on pourrait ne pas être des demandeurs de fonds publics et réembaucher nos employés, soutient M. de Reinach. On ne comprend pas, puisqu'on offre une activité complètement sécuritaire.

Capture d'écran de l'homme lors d'une entrevue via Facetime.

Charles de Reinach, directeur de l’exploitation au Parc Oméga.

Photo : Radio-Canada

L’entreprise est fermée depuis le 14 mars et fait face à d’importants coûts fixes pour les soins des animaux, l’entretien des clôtures et la sécurité, entre autres.

Nous, ce qui nous a fait le plus réfléchir récemment, c’est de voir que les ciné-parcs sont ouverts, mais pas les cinémas. Et nous, avec notre parcours en voiture, on est un peu pour les zoos et aquariums, ce que les ciné-parcs sont pour le cinéma, y’a quelque chose qu’on ne comprend pas, conclut M. de Reinach.

Il se désole de ne pas pouvoir accueillir de visiteurs alors que le zoo de Toronto est ouvert après avoir transformé son sentier pédestre en sentier pour voiture.

Même constat à Ottawa

Du côté ontarien de la rivière des Outaouais, Tourisme Ottawa prévoit des pertes de près d'un milliard et demi de dollars cette année, ainsi qu'une reprise très lente.

La subvention de 5 200 000 dollars que vient de lui accorder le gouvernement fédéral sera affectée à la mise en marché de la région de la capitale nationale. Mais comme les frontières sont fermées, Tourisme Ottawa concentrera ses efforts auprès des Canadiens.

Catherine Callary, vice-présidente du développement de la destination, à Tourisme Ottawa a parlé aussi d’un retour à la normale qui sera très lent.

Catherine Callary en entrevue devant un fond blanc portant l'inscription « capitale du Canada, Ottawa ».

La subvention de 5,2 M$ que vient de lui accorder le gouvernement fédéral sera affectée à la mise en marché de la région de la capitale nationale selon Catherine Callary de Tourisme Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Des voyages en voiture, par exemple de Montréal et Toronto, ce qui sont des marchés très importants pour Ottawa, ensuite nous prévoyons que ce sera un marché intérieur qui pourra venir à Ottawa et faire rebondir l'industrie de là et après ça, c'est vraiment un rebondissement très lent vers les visiteurs internationaux, soutient Mme Callary.

Malgré tout, France Bélisle a ajouté que Tourisme Outaouais a élaboré des stratégies pour attirer les Ontariens à s’aventurer dans la région. 

Selon elle, les visiteurs de la province voisine comptent pour 70 % de la clientèle des entreprises comme le SPA Nordik à Chelsea. Mais encore faut-il un assouplissement des règles pour leur permettre de visiter les lieux, indique-t-elle.

Fermer une entreprise comme la nôtre pendant plusieurs mois, sans savoir quand nous pourrons rouvrir nos installations de thermothérapie, occasionne des pertes financières majeures, voire la totalité des revenus, ce qui met en péril la pérennité de notre entreprise, écrit Daniel Gingras, copropriétaire du Nordik Spa-Nature dans un communiqué de Tourisme Outaouais.

Un bâtiment en bois entouré d'arbres

Le Nordik Spa-Nature à Chelsea, en Outaouais

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Nous avons 500 employés et massothérapeutes. Être dans l’inconnu quant au calendrier de déconfinement ne nous permet pas de planifier à court ou moyen terme notre réouverture, même graduelle. D’autre part, nous sommes conscients que nous n’aurons pas le même achalandage qu’avant, pour plusieurs mois à venir, note également Daniel Gingras.

Si les frais fixes, entre autres, peuvent être raccordés, et aussi peut-être maintenir la subvention salariale, ce serait certainement un bon coup de pouce pour les prochains mois, indique de son côté la porte-parole du spa, Marianne Trotier.

Avec les informations de Fiona Collienne et Josée Guérin

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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