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La mort de George Floyd suscite aussi l'indignation dans l'Est-du-Québec

Une pancarte sur laquelle est écrit : Black Lives Matter ici aussi (archives)

Dans nos régions aussi, la mort de George Floyd suscite l'indignation (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Colère, indignation, chagrin, épuisement. Chez nous aussi, la mort de George Floyd suscite de vives émotions et dérange.

Dans l'Est-du-Québec, il n'y a pas eu de manifestations comme à Montréal ou aux États-Unis, mais les mots-clics #blacklivesmatter et #blackouttuesday, ainsi que les carrés noirs ont déferlé sur les réseaux sociaux au cours des derniers jours.

Est-ce que ça va finir un jour par finir? se questionne la Rimouskoise d'origine rwandaise, également professeure en psychologie et travail social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Jeanne-Marie Rugira. Ça réveille des mémoires de vieilles blessures, dit celle qui raconte avoir ressenti à la fois de la sidération, de la colère et du chagrin en voyant ce qui s'était passé à Minneapolis.

Un homme souriant assis sur une chaise.

Père Ali Nnaemeka Omi est originaire du Nigeria et missionnaire oblat pour les communautés d'Ekuanitshit et Matimekush Lac John, sur la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Pour Ali Nnaemeka Omi, originaire du Nigeria et maintenant missionnaire oblat pour les communautés d'Ekuanitshit et Matimekush Lac John, sur la Côte-Nord, le cas de George Floyd, c'est comme la goutte d'eau qui fait déborder le vase, ça vient vraiment amplifier la réalité qui était là.

Le drame de Georges Floyd a été filmé, mais il y a tellement de Georges Floyd qu'on n'a pas pu capter et qui étaient sous l’œil de la police.

Ali Nnaemeka Omi

La scène de la mort de George Floyd, qui a été vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, heurte et dérange, comme en témoigne cette lettre ouverte publiée mardi dans plusieurs quotidiens québécois, signée notamment par le fondateur et coordonnateur du Cabaret de la diversité à Rimouski, Lénine Nankassa Boucal.

Le plus frappant dans cette scène surréaliste, c’est l’attitude du policier dont le genou appuie brutalement sur la nuque de Floyd. Malgré son appel à l’aide, “ s’il vous plaît, je n’arrive plus à respirer ”, le policier l’ignore totalement, comme si ce n’était pas un humain.

Extrait d'une lettre ouverte cosignée par le fondateur du Cabaret de la diversité, Lénine Nankassa Boucal
Portrait d'un homme.

Lénine Nankassa Boucal a cosigné une lettre ouverte pour faire connaître son indignation (archives).

Photo : Radio-Canada

Alors que ce drame devrait contribuer à changer les choses, Nnaemeka Ali Omi se désole de la réaction que les multiples manifestations suscitent chez les autorités aux États-Unis.

On a déjà détourné les paroles comme si [les gens qui sont dans la rue étaient] des casseurs, des manifestants, des ingrats [...] On ne parle pas de la cause, on parle de l'effet, déplore-t-il.

Des manifestants marchent sur le pont de Manhattan, à New York, en pleine nuit.

Des manifestants ont tenté de traverser le pont de Manhattan, mais ont dû rebrousser chemin devant un barrage policier, la nuit dernière, à New York.

Photo : Getty Images / Scott Heins

L'importance de dénoncer

Là, il y a une certaine mobilisation, mais est-ce que dans trois semaines, dans un mois, on va oublier et tout va recommencer? se demande pour sa part Marie-Ange Niwemugeni, qui a été élevée à Rimouski par sa mère rwandaise, Mme Rugira.

Je réagis à ça avec beaucoup de fatigue, c'est comme une sorte d'épuisement mental de voir tout ce racisme-là dirigé depuis des siècles vers les communautés noires, dit-elle.

Pour que cela cesse, il faut parler et dénoncer, considère de son côté Christophe Boucar Diouf, un résident de Sept-Îles natif du Sénégal.

C'est le silence qui fait en sorte que ces gens-là continuent à faire ce qu'ils ont fait [...] Il faut qu'on les dénonce et après il faut que les peines suivent.

Christophe Boucar Diouf
Jeanne-Marie Rugira, une femme avec des lunettes et souriante, originaire du Rwanda

Jeanne-Marie Rugira explique que l'histoire de George Floyd ravive de vieilles blessures pour la communauté noire (archives).

Photo : Maxence Matteau

Selon Jeanne-Marie Rugira, l'espoir passe aussi par la prise de parole et de conscience, ailleurs comme chez nous. Elle déplore cependant que certains événements des dernières décennies aient, selon elle, accentué cette peur de l'autre.

Je suis encore plus inquiète depuis 2001 [les attentats de New York], beaucoup plus depuis la charte des valeurs, depuis la montée de l'islamophobie. Je trouve que je ne suis plus dans le Québec qui m'a accueillie dans les années 90, s'inquiète-t-elle.

Manifestants contre la Charte des valeurs québécoises

En 2013, la Charte des valeurs du gouvernement Marois, qui visait entre autres à réglementer le port de signes religieux, avait suscité de nombreux débats et manifestations (archives).

Photo : Ryan Remiorz

Si des accusations pour meurtre ont été déposées contre le policier qui a maintenu son genou sur le cou de M. Floyd, on ignore si ce drame pourra réellement, à long terme, faire cesser la violence policière et la discrimination raciale.

Mon plus grand espoir, c'est que le monde se réveille, dit Mme Rugira.

Il faut que chacun se rende compte que l'autre n'est pas une menace, conclut pour sa part Ali Nnaemeka Omi.

D'après des entrevues réalisées dans les émissions Bonjour la Côte et Info-réveil

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