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Des Saskatchewanais dénoncent le profilage racial et la violence policière

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Gedidia Mupenzi est un jeune saskatchewanais qui dit avoir été victime de profilage racial de la part de la police de Saskatoon. Il porte des lunettes et une tuque noires.

Le Saskatchewanais Gedidia Mupenzi dit avoir été victime de profilage racial de la part de la police de Saskatoon. Il déplore le racisme en Saskatchewan et demande un dialogue entre les différents segments de la société.

Photo : Radio-Canada

Alors que des manifestations contre la violence policière et le racisme retentissent aux États-Unis et au Canada après la mort de l'Afro-Américain George Floyd, des Saskatchewanais dénoncent le racisme anti-noir et le profilage racial dans la province.

Il y a deux ans, alors qu’il était avec des amis, le Fransaskois Gedidia Mupenzi raconte s’être fait arrêter par la police de Saskatoon et avoir été victime de profilage racial.

Je conduisais avec des amis, on est arrivé à un arrêt. J’étais le seul Noir dans la voiture. La police nous a arrêtés. Ils m’ont enlevé de la voiture, m’ont menotté et ils m’ont mis dans la voiture de policiers. J’ai dit aux policiers : "je sais que vous m’avez arrêté parce que je suis noir", témoigne-t-il.

Gedidia Mupenzi est un ancien élève de l’École canadienne-française de Saskatoon. Il dit que le racisme anti-noir existe au Canada et en Saskatchewan.

Ça fait mal parce qu'ici au Canada, on croit que ça ne passe pas. Ça se passe ici. Ici au Canada, il y a aussi des policiers qui font du profilage.

Gedidia Mupenzi

Ça m’a rendu triste 

Gedidia Mupenzi ne cache pas sa tristesse face à la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, aux mains d’un policier blanc.

Ça m’a rendu triste de voir la vidéo circuler dans les réseaux sociaux. Ça m’a blessé parce qu’en tant que Noir, je reconnais que ça se passe même quand il n’y a pas de caméra. Ça m’a blessé de voir quelqu’un perdre sa vie juste comme ça devant la caméra, devant tout le monde, indique le jeune homme.

Un portrait de George Floyd dessiné à la craie sur le trottoir avec un bandeau «Black Lives Matter» et le slogan «I can't breathe».

Un portrait de George Floyd dessiné à la craie devant l'Assemblée législative de la Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

Derek Chauvin, le policier qui a mis son genou sur le cou de la victime, est le seul des quatre agents présents à avoir été arrêté. Accusé de meurtre au troisième degré, il comparaîtra lundi. Les quatre policiers ont été licenciés.

Une Réginoise afro-autochtone, Sentilla Bubb, dénonce également la violence policière contre les personnes noires et autochtones en Amérique du Nord.

Nos vies nous sont continuellement enlevées à travers des actes insensés de violence. Maintenant, nous devons nous mobiliser pour nous battre en solidarité en vue de notre libération, dit-elle dans un message adressé à Radio-Canada.

Espoirs de voir un changement

Mardi, des centaines de Saskatchewanais de tous les âges se sont rassemblés devant le palais législatif, à Regina, afin d’exprimer leur solidarité avec le mouvement Black Lives Matter et leur désir d’enrayer pour de bon le racisme et la brutalité policière.

Quelques heures après la manifestation, le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, a indiqué avoir été choqué par la mort de George Floyd, qu'il a qualifiée d'insensée.

Gedidia Mupenzi et son père, Bogenlunginu Mupenzi, espèrent voir un changement.

L’individu n’est pas un ennemi. C’est un citoyen qu’il faut protéger. Si vous le tuez, vous supprimez la vie. La vie c’est un droit, c’est sacré, précise le père Mupenzi.

Le racisme demeure un problème dans nos communautés et nous devons en parler, conclut Gedidia Mupenzi.

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