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Des chefs religieux américains furieux de la photo de Trump avec une bible

Donald Trump s’est fait prendre en photo lundi devant une église, une bible à la main, après la dispersion de manifestants.

Donald Trump, brandissant une bible devant l'église St. John's à Washington.

« Nous avons un grand pays », a déclaré Donald Trump, une bible à la main.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Agence France-Presse

Des dirigeants religieux américains ont dénoncé mardi les violences policières à Washington et fustigé la décision de Donald Trump, la veille, de faire disperser violemment des manifestants pour se faire photographier devant une église dégradée, une bible à la main.

C'était traumatisant et profondément insultant dans le sens où quelque chose de sacré était détourné au profit d'une position politique, a dénoncé à la radio publique NPR Mariann Budde, l'évêque épiscopalienne de Washington.

Selon elle, le milliardaire républicain, qui compte parmi ses partisans nombre de chrétiens évangéliques, a utilisé le pouvoir symbolique de notre livre sacré et l'a tenu dans la main comme si c'était la justification de ses positions et de son autorité.

Au moment de la dispersion, la manifestation était totalement pacifique et il n'y avait pas de justification à l'emploi de la force, a dit l'évêque.

Donald Trump a adopté lundi un ton martial à la Maison-Blanche en menaçant de faire appel à l'armée pour ramener le calme dans le pays, où des centaines de milliers de personnes manifestent leur colère depuis la mort, le 25 mai, de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, lors de son interpellation par la police à Minneapolis. Les rassemblements pacifiques ont parfois dégénéré en émeutes.

Au moment où il s'exprimait, plusieurs centaines de personnes protestant à l'extérieur de l'enceinte présidentielle étaient dispersées à coups de gaz lacrymogènes.

L'objectif était de libérer le champ vers l'église St. John's, bâtiment emblématique tout proche, qui appartient à l'Église épiscopalienne et que des casseurs avaient dégradée dimanche soir. Le président s'y est rendu à pied, entouré de membres de son cabinet, pour s'y faire photographier, une bible à la main.

Honteux et moralement répugnant

D'autres responsables épiscopaliens de Nouvelle-Angleterre ont, dans un communiqué, dénoncé un acte honteux et moralement répugnant, le président voulant prétendre avoir le soutien des chrétiens et celui de l'Église épiscopalienne en se livrant à cette séance photo.

La visite mardi du président et de la première dame au Sanctuaire national Saint-Jean-Paul II, dans le nord-est de la capitale fédérale, a également fait bondir la hiérarchie catholique.

Je trouve cela déconcertant et répréhensible qu'un site catholique permette d'être détourné et manipulé d'une façon si flagrante [et] qui viole nos principes religieux, a dénoncé dans un communiqué l'archevêque de Washington, Wilton Gregory.

Le souverain pontife, mort en 2005, n'aurait certainement pas cautionné l'usage de gaz lacrymogènes et d'autres moyens de dissuasion pour faire taire, disperser ou intimider [les manifestants] pour se faire photographier devant un lieu de prière et de paix, a-t-il ajouté.

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