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Les usines de crevette du Grand Gaspé fermées jusqu’à la fin juin

Des crevettes fraîches dans un bac de plastique au moment du débarquement.

La saison de pêche à la crevette est toujours en suspens.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les transformateurs estiment que le prix au débarquement fixé par la Régie des marchés agricoles est trop élevé. Le prix déterminé par la Régie étant valide jusqu'au 30 juin, les usines resteront donc fermées d'ici là.

L’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) a fait part de sa décision à l’Office des pêcheurs de crevettes de la Ville de Gaspé.

L’AQIP a invité l’Office à discuter à nouveau afin de trouver un terrain d’entente. La proposition a été refusée, rapporte Jean-Paul Gagné. On était prêts à s’asseoir pour trouver une solution, dit-il, pour que les gens puissent aller à la pêche et qu’on puisse transformer. Mais on nous a avisés [mardi] matin qu’ils ne changeraient pas d’idée.

La décision était appuyée et documentée, il n’y a pas de raison de ne pas la respecter. On s’en tient à la décision de la Régie. La journée où les transformateurs vont être prêts à prendre de la crevette, on s’attend à ce que ce soit ces prix-là qui vont être payés, commente Patrice Élément.

Dans sa décision, rendue la semaine dernière, la Régie des marchés agricoles du Québec fixe le prix au débarquement à 1,65 $ pour une livre de grosses crevettes, à 1,35 $ la livre pour la crevette de seconde catégorie, et à 0,84 $ la livre pour la petite crevette.

La Régie a retenu essentiellement la proposition déposée par l’Office des pêcheurs de crevette de la Ville de Gaspé.

Jean-Paul Gagné, directeur de l'Association québécoise des industriels de pêches

Jean-Paul Gagné, directeur de l'Association québécoise des industriels de pêches

Photo : Radio-Canada

Le directeur de l’Office, Patrice Élement, souligne qu’il agit d’une réduction moyenne des prix de 35 % comparativement à la seconde partie de la saison de 2019. Ces prix sont par contre assez similaires à ceux de la première partie de la saison 2019, hormis celui de la petite crevette qui descend de 0,30 $.

L’AQIP estime que dans le contexte de la pandémie, c’est trop.

Les transformateurs offraient 0,50 $ de moins pour la grosse crevette. On ne peut pas ouvrir les usines à ce compte-là. On n’est pas les seuls dans cette situation. Que ce soit au Nouveau-Brunswick ou à Terre-Neuve, dans ces chiffres-là, ils ne sont pas intéressés à acheter non plus , soutient le directeur de l’AQIP, Jean-Paul Gagné.

Une saison compromise

La saison aurait dû débuter le 1er avril, mais les pêcheurs sont toujours à quai et ne savent pas s’ils auront une saison en raison d’importants stocks invendus et de marchés toujours restreints à cause de la pandémie.

Toutes les flottilles de crevette du golfe sont paralysées.

Jean-Paul Gagné assure que la situation du printemps n’a pas évolué. Il n’y a pas de marché actuellement pour la crevette, dit-il. Il y a des inventaires partout. On va vendre cette crevette-là quelle date? On va supporter ça combien de temps? Il y a des coûts là-dedans assez exceptionnels.

Patrice Element, directeur de l'Office des pêcheurs de crevettes de la ville de Gaspé

Patrice Element, directeur de l'Office des pêcheurs de crevettes de la ville de Gaspé

Photo : Radio-Canada

Le directeur de l’Office des pêcheurs de crevettes de la Ville de Gaspé assure que les crevettiers sont bien au fait des incertitudes qui pèsent sur la saison. C’est une inquiétude, admet le porte-parole des pêcheurs, mais je répète qu’aller à la pêche, cette semaine, au prix que les transformateurs ont mis sur la table, c’est juste pas rentable de pêcher, c’est vraiment pelleter de l’argent dans l’eau.

Ce qui était offert, ajoute-t-il, était l’équivalent d’un prix moyen de 63 ¢ la livre, ce qui est plus bas que le seuil de rentabilité de la quasi-totalité des entreprises de pêche.

Nouveau bras de fer

D'autres négociations entre l’AQIP et l’Office doivent avoir lieu sur les prix payés durant la seconde partie de la saison qui débute le 1er juillet.

Sans entente, les parties retourneront à nouveau devant la Régie des marchés agricoles. Si c’est le cas, nous, on va revenir avec les mêmes arguments, les mêmes propositions, commente Patrice Élement.

Les crevettiers se disent bien conscients que les transformateurs sont aux prises avec un stock important. Ils font toutefois valoir que la crevette pêchée maintenant sera vendue beaucoup plus tard à un bon prix. Notre argumentaire, explique M. Élement, est basé sur le fait que ce n’est pas nécessairement sur les prix actuels que les prix d’achat aux pêcheurs devraient être basés, mais sur les prix auxquels les transformateurs vont effectivement vendre leurs produits.

L’AQIP admet que les crevettes transformées en 2020 commenceront à être vendues seulement en 2021.

Crevettes nordiques

Crevettes nordiques

Photo : Radio-Canada / Crvettes

Par contre, pour Jean-Paul Gagné, les arguments de l’Office reposent sur des hypothèses qui n’incluent pas l’ensemble du portrait. On sait qu’il y a un malaise actuellement dans l’industrie de la crevette qui est amplifiée par la COVID-19, indique M. Gagné.

L’industrie de la crevette, dit-il, éprouvait déjà des difficultés avant même que la pandémie provoque la fermeture des marchés.

Selon lui, la concurrence avec la crevette d’élevage et la crevette asiatique avait déjà des répercussions dans les entrepôts. De la crevette pêchée en 2018 est toujours invendue, soutient le porte-parole de l’AQIP.

À cet argument, l’Office rétorque que les usines du Grand Gaspé sont spécialisées dans la crevette cuite et congelée une seule fois et que les prix et les marchés pour ce type de produit sont demeurés fermes jusqu’en février. Le déconfinement en Europe favorisera une reprise des marchés et une remontée des prix.

Le plan qui détermine le prix payé au débarquement pour la crevette nordique dans les usines de transformation du Grand Gaspé, Marinard et Crevettes du Nord Atlantique, existe depuis 2001.

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