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Pour relancer son économie, Montréal réclame de l'aide de Québec et d'Ottawa

Des clôtures dans le centre-ville de Montréal avec des panneaux indiquant les mesures d'hygiène et de distanciation sociale à respecter.

Fortement touchée par la pandémie, Montréal aura besoin d'aide de Québec et d'Ottawa pour redémarrer son économie.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Pour relancer son économie, durement touchée par la pandémie de COVID-19, la Ville de Montréal réclame une aide financière substantielle de la part des gouvernements fédéral et provincial, notamment pour éponger le déficit provoqué par la forte baisse de la fréquentation de son réseau de transport en commun. Montant de la facture? Jusqu'à 500 millions de dollars.

Lors d'une conférence de presse, mardi, la mairesse Valérie Plante a indiqué que, depuis l'éclatement de la crise sanitaire, les revenus ont fondu. La Ville se retrouve face à un défi de taille : assurer une relance efficace de la métropole tout en assurant la santé financière de la Ville et la santé de la population, a-t-elle ajouté.

Au dire de la première magistrate, les défis sont nombreux : il faudra non seulement revoir le fonctionnement des nombreuses entreprises installées dans la métropole, notamment au centre-ville, mais aussi repenser l'aménagement urbain, les horaires de travail, voire faciliter la transition numérique des commerçants et privilégier la consommation locale, entre autres propositions.

Tout cela, en plus des autres recommandations d'un comité d'experts contenues dans le rapport intitulé Du confinement à la relance : pour une métropole résiliente, rapport que la Ville a très favorablement accueilli, mardi, forcera donc l'administration Plante à se tourner vers les deux autres ordres de gouvernement pour obtenir un coup de pouce financier équivalant à un peu plus de 8 % de son budget 2020 de 6,2 milliards de dollars.

De ce demi-milliard d'aide demandé par la Ville, environ la moitié servirait à combler le manque provoqué par le transport collectif, lit-on dans le rapport.

Ce manque à gagner, dit-on, est celui anticipé dans le scénario le plus pessimiste, dans lequel la reprise suivant le confinement n'est pas rapide.

Toujours en vertu de ce scénario, la véritable reprise des activités économiques ne se concrétise réellement qu'à l'automne.

Montréal réclamera aussi auprès de Québec, de façon temporaire, la suspension de son obligation d'équilibrer son budget. Les municipalités ne peuvent normalement pas engendrer de déficits, mais, selon Mme Plante, il est pertinent de remettre en question la Loi sur les cités et les villes, qui oblige d'atteindre un déficit zéro annuellement.

Une fois cette obligation levée, la Ville pourrait émettre des obligations spéciales de relance.

Aux yeux de la mairesse, la situation financière de Montréal était déjà serrée avant la pandémie, même si la métropole avait engrangé une croissance économique record l'an dernier. Depuis l'éclatement de la crise, Montréal a déposé un plan de redressement de ses activités, qui devrait lui permettre d'économiser 123,4 millions cette année, mentionne le rapport.

Valérie Plante qui porte un masque.

La mairesse de Montréal Valérie Plante réclame la possibilité d'engendrer temporairement des déficits pour favoriser la relance de la métropole.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une relance verte

Devant la forte baisse de l'achalandage du transport collectif, en raison de la mise en veilleuse des activités des entreprises situées au centre-ville et des craintes concernant une possible contamination par la COVID-19, Montréal persiste et signe : ce même transport en commun joue et continuera à jouer un rôle de soutien important pour l'activité économique.

Même si le déficit d'opération du transport public augmente avec la réduction de l'achalandage, son apport en particulier au bon fonctionnement du marché de l'emploi métropolitain – certes difficile à quantifier – est important pour la relance si l'on vise, à échéance, un retour à la normale, écrivent ainsi les auteurs du rapport.

Ce transport collectif sera effectivement utile pour favoriser les déplacements des travailleurs, une fois que la réouverture de la société aura suffisamment progressé pour permettre le retour dans les bureaux et autres locaux du centre-ville.

Encore faut-il, souligne le rapport, que les employeurs du centre-ville réduisent leur nombre d'employés en télétravail. Assurément, le centre-ville risque donc de voir son économie perturbée tant qu'une portion du télétravail se poursuivra, y est-il écrit.

De façon quelque peu paradoxale, le rapport avance que Montréal doit offrir du soutien aux PME pour développer le télétravail, tout en prenant en compte la réalité des commerçants du centre-ville qui dépendent de la venue des travailleurs sur leur territoire.

Toujours dans une perspective de relance économique, Montréal souhaite par ailleurs coordonner emploi, consommation et lutte contre les changements climatiques, par exemple en mettant en place des mécanismes de priorisation de l'achat local, de l'économie circulaire et des circuits courts.

Et pour réduire les émissions polluantes qu'entraînent les heures de pointe, où des milliers de travailleurs s'entassent dans leur voiture et encombrent les routes et les ponts, la Ville souhaite travailler de concert avec les grands employeurs, entre autres pour permettre des ajustements des heures de travail afin d'optimiser le transport.

Pour obtenir toute cette aide visant à maximiser l'efficacité de son réseau de transport en commun, Montréal souhaite aussi mettre en place un plan d'infrastructure structurant afin de prioriser [la métropole] dans les investissements qui seront dégagés par les gouvernements fédéral et du Québec.

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