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Appel à la compassion pour le Dr Ngola

Un téléphone intelligent.

Le Dr Jean-Robert Ngola dit avoir vu son nom et sa photographie circuler partout sur les réseaux sociaux, souvent accompagnés de propos racistes.

Photo : Associated Press / Wilfredo Lee

Les maires des municipalités les plus touchées par l'éclosion de COVID-19 dans la région du Restigouche, au Nouveau-Brunswick, réagissent aux propos du Dr Jean-Robert Ngola, particulièrement au traitement qui lui a été réservé dans les médias sociaux.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

La toute première entrevue accordée par le Dr Ngola à l’émission La matinale, mardi matin, a beaucoup fait réagir dans la grande région de Campbellton.

Je trouve qu’on a été vraiment méchants, témoigne le maire d’Atholville, Michel Soucy, après avoir entendu la version des faits du médecin.

Le Dr Jean-Robert Ngola dit avoir vu son nom et sa photographie circuler partout sur les réseaux sociaux, souvent accompagnés de propos racistes ou haineux.

Personne n’a besoin d’être traité comme cela. En plus, c’est un patient. Il a la COVID-19. Ça prend un peu d’empathie pour sa situation aussi, affirme Stéphanie Anglehart-Paulin, mairesse de Campbellton.

Le PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, qualifie la situation de malheureuse pour le Dr Ngola.

C’est quelqu’un qui a été l’objet de plusieurs commentaires dans les médias sociaux et malgré tout ce qu’il a pu faire pour collaborer, les gens ont quand même commenté. On trouve ça tout à fait malheureux. Pour nous, comme réseau, tous les employés et les médecins, ce sont des gens très, très importants. La seule chose qui est plus importante, ce sont les patients. Donc à l’intérieur de nos valeurs organisationnelles, qui sont le respect, la compassion, l’intégrité, entre autres, on est très désolé de ce qui arrive, affirme Gilles Lanteigne, en entrevue à l’émission La matinale, d’ICI Acadie, mercredi matin.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, a aussi lancé un appel à la compassion le 28 mai en soulignant que personne n’a volontairement propagé la COVID-19 dans le Restigouche.

Les médias sociaux en temps de crise

Stéphanie Anglehart-Paulin ajoute qu’aucun humain ne devrait avoir à subir autant de négativité.

Les derniers mois ont fait monter le niveau de stress de tous, dit-elle. Ce n’est pas en mettant des messages haineux [sur Internet] que ça va aider.

La mairesse de Campbellton, Stephanie Anglehart-Paulin, souriante devant un tableau de Campbellton.

La mairesse de Campbellton, Stephanie Anglehart-Paulin.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Selon la mairesse, il faut plus que jamais penser aux autres et prendre une inspiration avant d’écrire quoi que ce soit sur les médias sociaux.

Le maire d'Atholville, qui qualifie l'incident de l'éclosion de très malheureux, demande à la population de faire attention.

Ce n’est pas le temps de porter des jugements, de condamner des personnes dans les médias sociaux. C’est le temps de se mettre coude à coude et de se dire on va s’en sortir, déclare Michel Soucy.

Photo de Michel Soucy, président par intérim de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick et maire d’Atholville, souriant à la caméra.

Michel Soucy, maire d’Atholville.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier souhaite que cette histoire soit une leçon à retenir pour l’avenir. Il dit avoir beaucoup d’empathie pour le médecin dans cette situation.

N’oublions jamais ce qu’il fait et ce qu’il a fait pour ses patients pour la période de temps qu’il est ici depuis plusieurs années.

Michel Soucy, maire de la ville d’Atholville

Le racisme ne sera pas toléré

Dans un communiqué de presse, la Société médicale du Nouveau-Brunswick se dit très préoccupée d’apprendre que le Dr Jean-Robert Ngola a été victime de racisme.

Le racisme ne peut et ne doit pas être toléré, affirme le Dr Chris Goodyear, président de la Société médicale.

Il qualifié de décourageante et de honteuse la publication en ligne des renseignements personnels du médecin, les attaques verbales racistes et de fausses déclarations faites à la police par des individus.

Nous devons être solidaires pour éliminer le racisme.

Dr Chris Goodyear, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick
Une manifestation avec un homme avec à ses mains une pancarte antiracisme.

Une marche pacifique contre le racisme a eu lieu à Moncton lundi après-midi. Plus de 400 citoyens ont marché dans la rue pour le mouvement Black Lives Matter.

Photo : Radio-Canada / Guy R Leblanc

Nous voudrions que tout le monde réfléchisse à l’impact que les commentaires racistes ont sur la perception générale d’une société à l’égard des minorités visibles et sur l’impact à long terme qu’elle peut causer, souligne pour sa part le conseil d’administration de l’Association multiculturelle du Restigouche dans un communiqué.

Le Nouveau-Brunswick compte de 3000 à 3500 nouveaux arrivants travaillant dans des domaines liés à la santé qui desservent la communauté, ajoute l’Association multiculturelle du Restigouche.

Avec les informations de Serge Bouchard et de l'émission La matinale, d'ICI Acadie

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