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Recrutement d'enseignants francophones : un problème persistant à T.-N.-L.

Kim Christianson.

Selon Kim Christianson, directrice à l'éducation du Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador, le recrutement du personnel enseignant demeure un défi de taille.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Pour la deuxième année consécutive, le Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador (CSFP) devra pourvoir environ le quart de ses postes d’enseignement d’ici la rentrée en septembre prochain.

Les défis de recrutement sont particulièrement importants à l’École Boréale, à Happy Valley-Goose Bay, où cinq postes sur huit sont vacants. Le CSFP devra embaucher un nouveau directeur d’école, trois enseignants et un secrétaire pour l’école de 30 élèves.

Au total, 17 postes d'enseignement, de direction et de personnel de soutien sont à pourvoir dans les six écoles francophones de la province. Une cinquantaine d'enseignants travaillent actuellement au CSFP.

On espère bien pouvoir les combler, explique la directrice de l’éducation du CSFP, Kim Christianson, en rappelant que l'éloignement et la faible population de la minorité francophone à Terre-Neuve-et-Labrador rendent le recrutement plus difficile.

Un problème récurrent

Malgré les défis récurrents — le CSFP devait embaucher 14 enseignants et une direction d’école le printemps dernier — Kim Christianson se dit optimiste.

Avec beaucoup d'efforts, c'est bien possible qu'on puisse les combler. On se prend assez d'avance pour les entretiens. Présentement, nous allons avoir des entretiens cette semaine et dans les semaines à venir. Donc on espère que les gens vont accepter les postes une fois qu'ils seront retenus, affirme-t-elle.

Mme Christianson ajoute que la majorité des offres d’emploi affichées ont reçu des demandes et que depuis les dernières années, le CSFP a consacré de plus en plus d’efforts au recrutement.

Une subvention de 180 000 $, accordée au CSFP en vertu d’un fonds fédéral créé pour s'attaquer à la pénurie des enseignants dans les écoles françaises en situation minoritaire, permettra bientôt au CSFP d'ouvrir un nouveau poste en ressources humaines pour venir en aide spécifiquement au niveau de recrutement, selon Mme Christianson.

Le CSFP participe aussi aux foires de recrutement dans d'autres provinces et même à l’étranger. Mais ces voyages sont suspendus depuis mars dernier, en raison de la pandémie, un facteur qui rend plus complexes les efforts actuels.

Un défi à l'échelle nationale

Marianne Cormier, doyenne de la faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Moncton, explique qu’une pénurie d’enseignants francophones se fait sentir à travers le Canada.

Si on est un enseignant qui peut parler le français, qui peut enseigner en français et qui a les compétences adéquates, on est choyés, parce qu'on peut pratiquement choisir où on veut travailler au Canada.

Marianne Cormier, doyenne, faculté des sciences de l’éducation, Université de Moncton

C'est très difficile, surtout dans les régions éloignées rurales, d'attirer des enseignants qui veulent aller travailler, souligne-t-elle.

Marianne Cormier, en entrevue avec une journaliste.

Marianne Cormier, doyenne de la faculté des sciences de l’éducation à l'Université de Moncton

Photo : Radio-Canada

Mais la situation est bien différente en Nouvelle-Écosse, où 95 % des postes d'enseignants sont présentement comblés en prévision de l’année scolaire 2020-2021, selon la porte-parole Cathy Simon.

Il reste approximativement 25 postes d’enseignants à combler travers la province, affirme Mme Simon. Nous sommes optimistes que la majorité des postes seront comblés d’ici la fin du mois de juin.

Dépendance des effectifs de l'extérieur de T.-N.-L.

Le CSFP essaie de recruter des employés qui habitent à Terre-Neuve-et-Labrador, mais il demeure difficile d’embaucher des enseignants originaires de la province qui ont le niveau de français pour pouvoir enseigner dans un conseil scolaire francophone.

Selon Martine Fillion, la directrice générale de la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve-et-Labrador (FPFTNL), la plupart des enseignants, tout comme la majorité des employés des services français de la province, proviennent de l’extérieur.

Portrait de Martine Fillion

Martine Fillion, directrice générale de la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

L’éloignement a causé des problèmes, le fait que tu ne vois pas ta famille pour X temps et pour un temps inconnu aussi, soutient-elle.

Je pense qu’il y a peut-être des enseignants ou du personnel qui se disent : “Écoute, ça fait deux mois, trois mois que je n’ai pas accès à ma famille. Je fais mes bagages et je m’en retourne sur le continent.”

Martine Fillion, directrice générale, FPFTNL

En raison du contexte exceptionnel de la pandémie, Mme Fillion observe présentement l’intensification de la concurrence entre les organismes francophones provinciaux pour remplir des postes vacants.

Avec les informations de Marie Isabelle Rochon

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Terre-Neuve-et-Labrador

Éducation