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L’Alberta veut interdire le vapotage chez les mineurs

Deux adolescentes vapotent.

L'Alberta s'inquiète de la hausse de popularité du vapotage chez les moins de 18 ans.

Photo : iStock

Stéphanie Rousseau

L’Alberta entend interdire le vapotage chez les mineurs et rejoindre ainsi la plupart des autres provinces du Canada.

Le gouvernement a présenté, mardi, les détails de son projet de loi 19, qui vise à modifier la Loi sur la réduction du tabac et du tabagisme.

Ce projet de loi envoie un message fort aux jeunes et à toute personne qui pense qu'il est acceptable de leur fournir des produits de vapotage. Vendre ou offrir ces produits à des mineurs aura des conséquences, a lancé Tyler Shandro, le ministre de la Santé de l'Alberta.

Si le projet de loi est adopté, il sera interdit aux personnes de moins de 18 ans de consommer ou de posséder des produits de vapotage. Les commerces ne pourront plus leur vendre des produits de vapotage et devront demander des cartes d’identité lors de l’achat de produits de vapotage si l’acheteur semble avoir moins de 25 ans.

L’affichage, la publicité et la promotion des produits de vapotage seront aussi limités.

Une femme qui vapote.

L'Alberta veut limiter l'accès à la cigarette électronique aux mineurs.

Photo : ICI Radio-Canada

Le gouvernement interdira la vente de ces produits dans les établissements de santé, les établissements postsecondaires et dans les commerces où il y a des pharmacies. Il sera aussi interdit de les vendre dans des machines distributrices ou dans des endroits temporaires, comme des tentes ou des kiosques.

Dans les dépanneurs ou les stations-service, les règles pour les produits de vapotage seront les mêmes que celles en vigueur pour les cigarettes.

Le vapotage sera interdit dans les endroits où fumer est déjà interdit, comme dans les hôpitaux, les écoles, les terrains de jeu pour enfants et les piscines extérieures.

Les contrevenants s'exposent à des amendes de 100 $ par infraction pour les mineurs et de 500 $ par infraction pour les adultes et les commerces.

Changements principaux proposés par l'Alberta :

  • Interdiction pour les mineurs de consommer ou de posséder des produits de vapotage
  • Interdiction de vendre des produits de vapotage aux mineurs
  • Obligation de demander une carte d’identité lors de l’achat si l’acheteur semble avoir moins de 25 ans
  • L’affichage, la publicité et la promotion des produits de vapotage sera limité
  • Il y aura des restrictions sur les endroits où les produits de vapotage pourront être vendus
  • Les zones sans fumée et sans vapotage seront augmentées
  • Imposition d’amendes en cas de violation pour les commerces et les mineurs
Des produits de vapotage sur une étagère.

En Alberta, les produits de vapotage sont en vente dans les dépanneurs et les magasins spécialisés.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Pas d’interdiction des saveurs

Toutefois, l’Alberta n’interdira pas les liquides à vapoter aromatisés, comme la Nouvelle-Écosse a choisi de le faire. Le gouvernement dit que beaucoup d’adultes qui tentent d’arrêter de fumer trouvent utile le fait d’avoir des parfums et que l’Alberta a choisi une solution de compromis sur cette question.

La décision déçoit Les Hagen, directeur du groupe Action on smoking and health et Sakshi Kaur, de l'organisme Stop Addicting Adolescents to Vaping and E-cigarettes (SAAVE).

Nous espérons que la loi sera modifiée à l'avenir pour comprendre l'interdiction des liquides aromatisés. Jusqu’à ce que cela arrive, nous ne savons pas si la loi va remplir ses objectifs, dit Les Hagen.

Nos principales suggestions étaient de réduire la concentration maximale de nicotine dans ces produits à 20 milligrammes par millilitres, comme l’a fait la Colombie-Britannique, parce que c’est la dépendance à la nicotine qui est la plus dangereuse chez les jeunes. On voulait aussi que le gouvernement interdise les saveurs pour les cigarettes électroniques, ajoute Sakshi Kaur.

L'Alberta ne prévoit pas non plus d'imposer des niveaux de nicotine pour le moment.

Nous ne voyons pas le besoin d'une limite pour le moment, puisque le fédéral en impose déjà une, mais si le besoin se fait sentir, nous pourrions en imposer une, a indiqué le ministre de la Santé, Tyler Shandro.

Une personne tient une cigarette électronique dans ses mains.

Les cigarettes électroniques sont de plus en plus faciles à dissimuler.

Photo : Associated Press / Julio Cortez

Pour le porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, David Shepherd, le projet de loi ne va pas assez loin.

Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne suit pas l’exemple de la Colombie-Britannique, qui a restreint la vente de produits de vapotage aromatisés aux magasins réservés aux adultes. Nous savons que c’est une manière d’attirer les jeunes, dit-il.

Il aimerait également que le gouvernement albertain diminue la quantité maximale de nicotine contenue dans les cigarettes électroniques. 

Les jeunes vapotent plus souvent

Selon le gouvernement, le vapotage a connu une forte augmentation chez les adolescents ces dernières années. Le taux d’adolescents qui vapotent est passé de 8 % en 2014-2015 à 30 % en 2018-2019, parmi les élèves de la 10e à la 12e année.

D'après la province, vapoter peut normaliser le tabagisme chez les adolescents et présente des risques à long terme pour la santé, tels que les lésions pulmonaires, l'intoxication à la nicotine et la dépendance.

Rob Cunningham, analyste principal en matière de politiques pour la Société canadienne du cancer, partage cette opinion et aimerait lui aussi que la province interdise les produits aromatisés et limite la quantité de nicotine contenue dans les produits de vapotage.

On sait que la cigarette électronique peut causer la dépendance et augmenter le risque de tabagisme plus tard, dit-il.

On ne veut pas d’une nouvelle génération dépendante de la nicotine à cause de la cigarette électronique

Rob Cunningham, analyste principal en matière de politiques pour la Société canadienne du cancer

L’Alberta est la deuxième province au Canada où le taux de tabagisme est le plus important au pays. En 2018-2019, 15,6 % des personnes en Alberta disaient fumer quotidiennement ou occasionnellement.

Aux États-Unis et au Canada, on a signalé des cas de problèmes pulmonaires associés au vapotage, principalement de la marijuana.

Le gouvernement a annoncé en octobre dernier des consultations pour alimenter les changements annoncés mardi. Près de 10 000 personnes, experts en santé, en éducation, propriétaires de commerces et représentants des forces de l’ordre et des municipalités ont été consultées, en ligne ou en personne.

Le gouvernement prévoit que les changements législatifs entreront en vigueur cet automne.

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Alberta

Santé physique et mentale