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Meurtre de George Floyd : la vague d'indignation atteint Québec

Uner manifestante portant un foulard sur son visage sur lequel se lit I Can't Breathe, ''Je ne peux pas respirer''

Depuis une semaine, des manifestations ébranlent les grandes villes des États-Unis et du Canada.

Photo : Getty Images / Mark Makela

La vague d’indignation soulevée par la mort brutale de George Floyd atteint Québec. Un rassemblement pacifique aura lieu dimanche contre la brutalité policière et la discrimination raciale.

Le rappeur originaire de Limoilou, Ali Ndiaye alias Webster, participera au mouvement, qui se mettra en branle devant l’Assemblée nationale à 11 h.

Pour moi, c’est extrêmement important de dire que ça existe ici aussi, explique l’artiste hip-hop. C’est trop facile de montrer du doigt les États-Unis, c’est même réconfortant pour les gens.

Webster avec un casque d'écoute sur les oreilles, devant un micro

L'artiste hip-hop Webster participera au rassemblement pacifique de dimanche à Québec, où les règles de distanciation physique sont préconisées.

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Ali Ndiaye explique que la colère exprimée depuis une semaine et largement relayée par les médias du monde entier habite les communautés noires - et autochtones, souligne-t-il - depuis longtemps.

L’indignation qui se manifeste en ce moment, nous la vivons depuis longtemps au quotidien. C'est comme hier, comme avant-hier, comme la semaine dernière pour nous. Ce qui est nouveau, c’est que la mort de George Floyd, comme celle de tant d’autres avant lui, fait en sorte que l’ensemble de la société commence à s’indigner elle aussi.

Ali Ndiaye, alias Webster, artiste hip-hop et poète

Quelque 5 000 personnes ont exprimé leur appui à la manifestation de dimanche sur Facebook.

Une mort ‘’traumatisante’’

L’agonie de George Floyd, filmée pendant de longues minutes alors que l’homme suffoquait en implorant le policier de le laisser respirer, a suscité une onde de choc qui résonne jusqu’ici, à 2 000 km de Minneapolis.

Pour moi, c’est extrêmement traumatisant, lâche Aurèle Fanny Deutcha Nguelieu, présidente de l’Association des étudiants de cycles supérieurs de l’Université Laval.

Je pense qu’on devrait se regarder, en tant qu’humanité.

Aurèle Fanny Deutcha Nguelieu devant le parlement du Québec

Aurèle Fanny Deutcha Nguelieu dit qu'elle n'a pas vu un homme noir couché dans la rue, à Minneapolis, mais plutôt ''un être humain agonisant sous le poids d'un autre être humain''.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Même si la violence américaine n’a rien à voir avec celle d’une ville comme Québec, Rosine Toguem croit que le racisme n’épargne pas la société québécoise.

C’est une gangrène qui perdure et qui perdure, déplore-t-elle. 

Chaque fois c’est regrettable, surtout aux États-Unis parce que la statue de la Liberté s’y trouve aux États-Unis, parce que les chaînes ont été brisées dans ce pays. 

Rosine Toguem

Ça réveille le passé esclavagiste qu’ont subi nos ancêtres, souligne l’étudiant Laurent Francis Ngoumou. Ça réveille le passé colonial, ça réveille aussi le fait que tout ne nous est pas acquis dans notre société d’accueil. Ça réveille surtout le sentiment de peur que nous avons chaque matin de circuler, parce que quelqu’un peut porter atteinte à notre personne, juste parce que notre peau est noire..

Rosine Toguem devant les fortifications du Vieux-Québec

Rosine Toguem raconte que le racisme s'exprime parfois à Québec, mais qu'il est davantage systémique, notamment dans les médias où ''très peu de gens à la peau noire'' sont visibles.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Les trois intervenants sont unanimes : la discrimination existe bel et bien à Québec en 2020.

Plus nous montons vers le sommet de la pyramide sociale, moins nous voyons de personnes racisées, indique Webster. C’est le cas au gouvernement, dans les sociétés d’État, au sommet des grandes corporations, même à la tête des musées. 

Rosine Toguem, elle, insiste que le racisme s’exprime encore au grand jour.

Mon voisin me racontait qu’il y a deux jours, son voisin l’a traité de ‘’sale nègre’’. Sa faute : il sablait sa véranda et ç’a dérangé le voisin, même si l’heure était raisonnable.

Rosine Toguem

Il a décidé de porter plainte pour protéger sa famille. Si ce voisin-là était prêt à l’insulter lui, le chef de famille, qu’est-ce qu’il était prêt à faire à ses enfants?

Condamnations policières

Le SPVQ et le service de police de Lévis condamnent tous les deux la force fatale déployée à l’encontre de George Floyd.

Les gestes posés ne reflètent en aucun temps les valeurs de notre organisation, indique par communiqué la police de Québec.

Un policier se dresse devant la ville à côté d'une moto sur laquelle le mot ''Police'' est écrit.

La police de Québec condamne les gestes qui ont mené à la mort de George Floyd à Minneapolis.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Les valeurs du Service de police de la Ville de Lévis vont à l’encontre de ces agissements, renchérit celle de Lévis.

Tous les corps de police du monde entier vont dire qu’ils sont indignés, réplique Ali Ndiaye, alias Webster. Ça ne disculpe pas la police de Québec de la réflexion qu’elle doit avoir concernant la composition de ses membres. Pourquoi il n’y a pas plus de personnes racisées dans la police de Québec? Québec devient de plus en plus diversifiée : son corps policier devrait le refléter.

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