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Mise en service d’un pipeline pour le carbone albertain

Les installations de capture du carbone près de la raffinerie Sturgeon, près d'Edmonton.

Le carbone est capté dans deux usines et envoyé vers des champs de pétrole vieillissants.

Photo : YouTube/Enhance Energy

Radio-Canada

Un projet ambitieux de capture et de stockage du carbone se concrétise en Alberta, avec la mise en service d’un pipeline capable d’aider à séquestrer d’importantes quantités de gaz à effet de serre dans le sol, tout en donnant un coup de pouce à des puits de pétrole vieillissants.

Ce pipeline est géré par Wolf Midstream, basé à Calgary. Le président de l’unité carbone de l’entreprise, Jeff Pearson, est content que ce pipeline soit enfin opérationnel.

C’est bon pour la province, c’est bon pour le pays

Jeff Pearson, président de l’unité carbone de Wolf Midstream

[L’accomplissement de ce projet] a été un travail long et difficile pour de nombreuses personnes, alors c’est agréable de le voir en service, ajoute M. Pearson.

Quand il a été annoncé en 2009, appuyé par des financements de la province et du fédéral, le pipeline Alberta Carbon Trunk Line (ACTL) devait entrer en service en 2012. Toutefois, le projet a été retardé de nombreuses fois, comme lors de la chute des prix du pétrole en 2014.

Le pipeline est décrit comme le plus important du monde en ce qui concerne les pipelines capables de transporter du dioxyde de carbone produit par l’activité humaine. Sa capacité totale affichée s’élève à 20 % des émissions de gaz à effet de serre des sables bitumineux.

1,8 mégatonne par an

Pour le moment, le pipeline est alimenté à partir des émissions de l’usine d’engrais chimique Redwater et de la raffinerie Sturgeon, toutes deux au nord-est d’Edmonton. Le carbone est transporté, sous forme liquide, pour être injecté dans des réservoirs de pétrole vieillissants dans le centre et le sud de la province.

Le dioxyde de carbone peut être injecté dans les nappes de la région de Red Deer pour pousser le pétrole encore présent sous terre vers les puits qui seraient incapables de pomper ce pétrole sans cette aide.

Ça va changer la façon dont on fait des affaires en Alberta, affirme dans un communiqué le PDG de Enhance Energy, Kevin Jabusch. L’entreprise fait partie du consortium propriétaire du pipeline.

Nous rendons le CO2 utile.

Kevin Jabusch, PDG de Enhance Energy

Dans un premier temps, le pipeline ACTL devrait capturer et stocker jusqu’à 1,8 mégatonne de CO2 chaque année, soit l’équivalent de la pollution produite par 339 000 véhicules. Le potentiel est de 15 mégatonnes par an.

En 2009, le gouvernement fédéral de Stephen Harper avait fourni 63 millions de dollars en appui au projet, et le gouvernement provincial, 495 millions. Les gouvernements provinciaux successifs se sont montrés bien moins enthousiastes par la suite sauf celui du Parti conservateur uni.

  • En 2011, Alison Redford a déclaré que l'Alberta devrait trouver « de meilleures initiatives et opportunités » pour réduire les émissions que les paris coûteux du CSC.

  • En 2014, Jim Prentice l'a rejeté disant que ce n’était qu’une « expérience scientifique ».

  • En 2015, Rachel Notley a déclaré qu'elle continuerait de financer les projets uniquement parce que des contrats liaient le gouvernement.

  • En 2019, le ministre de l'Environnement, Jason Nixon, a affirmé que le CSC était un exemple de "technologie innovante qui change la donne"

Ces technologies ne font pas l'unanimité. Certains avancent que cet argent serait mieux dépensé dans le développement de l’énergie renouvelable. D’autres craignent que la capture du carbone n’incite pas les entreprises à réduire leurs émissions.

Trois installations importantes sont déjà en service au Canada :

  • le projet Quest à la raffinerie Scotford de Shell, près d’Edmonton
  • la centrale au charbon Boundary Dam, en Saskatchewan
  • le site de Weyburn, en Saskatchewan, qui enfouit du CO2 capté dans une centrale électrique du Dakota du Nord.

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