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Éclosion dans le Restigouche : le médecin suspendu s’explique

Un stéthoscope posé sur une table

Un médecin suspendu par le Réseau de santé Vitalité à la suite de l'éclosion de COVID-19 dans le Restigouche se défend.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Le médecin qui serait à l’origine de l’éclosion de COVID-19 dans la région du Restigouche, au Nouveau-Brunswick, présente sa version des faits.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Le Dr Jean-Robert Ngola, qui travaille dans la région de Campbellton, explique qu’il s’est récemment rendu au Québec pour aller chercher sa fille de 4 ans parce que la mère de la fillette devait s'absenter pour assister aux funérailles de son propre père, en Afrique. Il reconnaît qu’à son retour au Nouveau-Brunswick, il ne s’est pas isolé pendant 14 jours.

Vous me posez la question que je suis allé au Québec et j’ai oublié de m’isoler. Peut-être un problème de jugement, mais je ne suis pas allé au Québec pour aller prendre le virus et venir le donner à mes patients, se défend le Dr Ngola durant une entrevue accordée à l'émission La matinale, d'ICI Acadie.

Il avait pris des précautions en ne s’arrêtant pas en cours de route, assure-t-il.

Je ne suis pas un idiot. J’ai fait un aller-retour. Je suis sorti de la province. J’arrive. Je prends ma fille. Je la mets dans l'auto. Je roulais nuitamment. Je reviens. Je rentre chez moi. Quand je suis revenu, comme c’était un aller-retour de moins de 24 heures, pas de pause en route, affirme Jean-Robert Ngola.

Dès le lendemain, il a continué à travailler et a confié sa fille à une garderie qui accueille les enfants de travailleurs essentiels.

Le diagnostic de COVID-19 l’étonne. Absolument, parce que jusqu’à [maintenant] je n’ai aucun symptôme, pas de fièvre, pas de toux. Sa fille n’a aucun symptôme non plus, souligne-t-il.

Le coronavirus responsable de la COVID-19 sévit partout dans le monde et il est difficile de savoir s’il l’a contracté au cours de ce voyage ou au contact d’un de ses patients qui l’a consulté après son retour, explique le Dr Ngola.

Alors, le 25, la santé publique m’appelle : “Un de tes patients est testé positif pour COVID”. J’ai dit : “C’est quel patient?” Ils me donnent le nom. Directement, je rappelle le patient: “Que s'est-il passé?” Il dit : “Docteur, maintenant, ça va bien. J’ai fait le rhume, la toux, et puis on m’a testé positif”. J’ai dit : Absolument, est-ce qu’on a testé aussi votre épouse?". Il a dit oui. Automatiquement, j’ai tout arrêté, relate le médecin.

Un homme et une femme portant des masques font la queue.

Des centaines de personnes ont subi des tests de dépistage de la COVID-19 dans la région de Campbellton vendredi.

Photo : Radio-Canada

Il dit avoir cessé de travailler lorsqu’il a appris que la COVID-19 a été dépistée chez ce patient. Sa fille et lui-même, assure-t-il, ont subi le test de dépistage.

Quand on m’a testé, absolument. Je vis avec ma fille qui a 4 ans à la maison. Alors, automatiquement, je l'ai fait tester. Et tout de suite après que le résultat est positif, nous sommes depuis lors en quarantaine, affirme le Dr Ngola.

Ciblé par des messages « haineux »

Le Dr Jean-Robert Ngola souligne qu’étant lui-même un patient, il a droit à la confidentialité. Il déplore que son nom et sa photographie aient rapidement commencé à circuler sur les médias sociaux, souvent accompagnés de propos racistes.

Ma photo, mon adresse, mon numéro dans tous les réseaux sociaux à travers tout le pays. Et des injures racistes ont commencé. Les gens appellent à un retour à la potence. “Voilà le mauvais médecin qui est parti prendre le virus pour venir tuer les gens ici.” Un tollé général. Des gens m’ont appelé des États-Unis, de l’Afrique, de l’Europe, indique le Dr Ngola.

La majorité des messages qu'il décrit comme étant haineux et racistes n’ont pas été publiés par des gens de la région, selon lui.

Les trois quarts de ces gens-là n’habitent pas notre région du Restigouche. Ils mettent des messages pour amuser la galerie, pousser les gens à la violence contre une certaine minorité, dénonce le médecin.

Vitalité appelle à la compassion

Le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, n’est pas disponible pour donner une entrevue, mais son bureau a fait parvenir une déclaration à Radio-Canada.

Le Réseau de santé Vitalité a pris connaissance des récentes déclarations publiques du Dr Ngola concernant la situation reliée à la COVID-19 dans la zone Restigouche. Nous comprenons que la situation est difficile pour toutes les parties concernées et nous sympathisons avec les personnes qui sont touchées par cette affaire, soit directement ou indirectement, affirme Gilles Lanteigne.

Gilles Lanteigne en entrevue dans un bureau, faisant face à la caméra.

Le respect, la tolérance et la compassion sont des moyens de surmonter cette crise, selon Gilles Lanteigne, PDG du Réseau de santé Vitalité.

Photo : Radio-Canada

Vitalité ne peut dévoiler plus de détails à ce sujet parce que tout dossier touchant à ses ressources humaines est confidentiel, explique M. Lanteigne. Il lance un appel au calme dans cette affaire.

Il est plus que jamais important de faire preuve de respect, de tolérance et de compassion les uns envers les autres. C’est ainsi que nous traverserons cette crise et que nous en ressortirons plus forts, conclut Gilles Lanteigne.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, a aussi lancé un appel à la compassion le 28 mai en soulignant que personne n’a volontairement propagé la COVID-19 dans le Restigouche.

Avec les renseignements de l'émission La matinale, d'ICI Acadie

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