•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Ontario doit faire plus de tests pour déconfiner davantage, selon une étude

Doug Ford doit prolonger aujourd'hui l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 30 juin.

Une travailleuse de la santé tient une tige de test à côté d'un véhicule.

Une travailleuse de la santé administre un test de dépistage de la COVID-19 à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Les hôpitaux en Ontario seront rapidement débordés si la province continue à rouvrir l'économie sans augmenter le dépistage de la COVID-19, prévient une étude de l'Université de Toronto.

Pour l'instant, il faut continuer à limiter les grands rassemblements, selon l'épidémiologiste et auteure principale de l'étude Ashleigh Tuite.

Actuellement, le niveau de contact moyen des Ontariens avec leurs pairs est d'environ 30 % de ce qu'il serait normalement, calcule-t-elle, en raison des différentes mesures de confinement et de distanciation physique en vigueur.

Or, selon la modélisation des chercheurs torontois, il suffirait que ce niveau de contact augmente à 50 % pour que le « nombre de cas augmente rapidement et que les unités de soins intensifs dans les hôpitaux soient débordées ».

Il faut plus de tests de dépistage et de suivi des cas. Si c'était en place, on pourrait relâcher certaines mesures de distanciation, parce qu'on pourrait identifier les zones rouges plus rapidement et briser la chaîne de transmission.

Ashleigh Tuite, professeure en épidémiologie à l'Université de Toronto

Pour consulter l'étude de l'Université de Toronto : cliquez ici (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

Il a été révélé, lundi, que le suivi des contacts d’environ 700 personnes infectées dans le Grand Toronto n’avait pas été fait suite au diagnostic, en raison d'un imbroglio entre deux hôpitaux.

Combien de tests?

La professeure Tuite n'a pas voulu chiffrer combien de tests de dépistage par jour la province devrait effectuer. L'important est d'utiliser la capacité des laboratoires pour s'assurer que toute personne ayant des symptômes ou qui est à risque d'exposition puisse subir un test, dit-elle.

Après avoir surpassé la semaine dernière sa cible d'au moins 16 000 tests par jour, l'Ontario est retombé en deçà de cet objectif lundi.

Les laboratoires affiliés à la province peuvent traiter jusqu'à 25 000 tests quotidiennement.

La professeure Tuite se réjouit de la nouvelle stratégie provinciale qui prévoit des campagnes de dépistage ciblées visant des employés des industries agroalimentaires, automobiles, de la construction et du commerce de détail, notamment.

Une clinique de dépistage mobile doit par ailleurs offrir des tests à tout résident préoccupé par sa santé, mardi, dans l'est de Toronto.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Déconfinement régional?

Étant donné que les cas de COVID-19 sont concentrés dans la région de Toronto actuellement, il serait « raisonnable », selon la professeure Tuite, d'adopter une approche de déconfinement par régions, à condition de maintenir une surveillance étroite des éclosions, dit-elle.

Selon cette stratégie régionale utilisée notamment au Québec, certains secteurs moins touchés comme le Nord de l'Ontario pourraient relâcher les mesures de confinement et de distanciation plus rapidement que Toronto.

Le premier ministre Doug Ford s'est dit ouvert à cette approche la semaine dernière après l'avoir rejetée par le passé.

Toutefois, il reste à voir quel échéancier le gouvernement adoptera, alors que la province doit prolonger mardi l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 30 juin.

Pour sa part, la professeure de mathématiques spécialisée en épidémiologie Caroline Colijn de l'Université Simon Fraser dit que ses modélisations indiquent que l'Ontario a « très peu de marge de manoeuvre » en matière de déconfinement si la province veut éviter que son taux d'infection remonte.

Au Québec, la courbe des nouveaux cas baisse plus rapidement qu'anticipé, alors que la Colombie-Britannique a toujours assez de marge de manoeuvre pour poursuivre son déconfinement, ajoute-t-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Toronto

Coronavirus