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Analyse

Le risque d’alimenter le brasier américain

Aux États-Unis, l’atmosphère était déjà tendue. L’appel à la loi et l’ordre lancé par le président Trump risque d’exacerber davantage les tensions.

Un manifestant pourchassé par plusieurs policiers.

Un manifestant pourchassé par plusieurs policiers près du parc Lafayette, à Washington.

Photo : Reuters

« Ne tirez pas », criaient les manifestants, les mains dans les airs.

Il était environ 18 h 30 au parc Lafayette, face à la Maison-Blanche. Quelques minutes plus tard, avant que le couvre-feu entre en vigueur, les représentants de la police militaire ont foncé. La foule a notamment été repoussée avec des gaz lacrymogènes.

De l’autre côté des grilles, le président Trump a pris la parole quelques minutes plus tard.

Je suis l’allié des manifestants pacifiques, a-t-il déclaré, alors que la foule venait d’être dispersée.

Se présentant surtout comme le président de la loi et l’ordre, Donald Trump a dénoncé les scènes de casse aperçues dans plusieurs villes ces derniers jours. Il a dénoncé une foule en colère, faisant des gestes qui constituent du terrorisme intérieur.

Quelques minutes plus tard, le parc Lafayette étant dégagé, le président s’est rendu de l’autre côté, à l’église des présidents. L’endroit a été vandalisé lors de manifestations survenues la veille. Devant les caméras, le président s’est présenté bible à la main, entouré de sa garde rapprochée.

Ils ont utilisé des militaires pour repousser une foule pacifique, question que le président puisse avoir une prise de photo devant une église, a lancé le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo.

Pour le gouverneur, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une opération politique.

En se présentant comme le président de l’ordre public, Donald Trump entend mobiliser sa base, cruciale pour assurer sa survie politique, au moment où les mauvaises nouvelles s’enchaînent dans les sondages.

Comme ses collègues démocrates du Michigan et de l’Illinois, le gouverneur Cuomo a dénoncé la présence de casseurs et le recours à la violence. Mais ces élus n’ont pas pour autant l’intention de se plier aux volontés du président.

Sans leur accord, il n’est donc pas clair que Donald Trump peut réellement imposer une présence militaire sur le territoire en vertu de l’Insurrection Act, comme il l’a annoncé. Mais l’annonce du président pourrait alimenter des tensions déjà vives.

En 1957, le président Dwight Eisenhower a eu recours à cette loi pour assurer l’intégration des Afro-Américains dans les écoles en Arkansas.

Aujourd’hui, le président Trump brandit cette menace pour mettre fin à un mouvement de protestation qui réclame justement une plus grande justice face aux inégalités raciales.

Une année 2020 sous haute tension

Les événements de la dernière semaine, d’une ampleur jamais vue depuis les émeutes qui ont suivi la mort de Martin Luther King en 1968, s’ajoutent à une liste de crises qui ont alimenté le brasier politique américain ces derniers mois.

Après tout, 2020 a commencé avec un procès en destitution qui a illustré toute la division de la classe politique américaine.

Depuis, une pandémie a fait plus de 100 000 victimes aux États-Unis et 40 millions d’Américains sont désormais au chômage.

Dans un contexte si tendu, la campagne présidentielle de l’automne avait déjà le potentiel de s’enflammer. Avec autant de fumée, difficile d’apercevoir une accalmie à l’horizon.

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