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Soutien financier de 400 M$ : le milieu culturel de l'Outaouais est soulagé

Le plan d’aide du gouvernement est bien accueilli en Outaouais, même si plusieurs questions demeurent.

Un masque de théâtre souriant et un autre qui fait la moue.

Le milieu des arts est durement touché par la pandémie qui sévit à l'heure actuelle.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Plamondon

Radio-Canada

Le plan de relance annoncé lundi après-midi par le gouvernement du Québec pour venir en aide au monde des arts et de la culture réjouit la communauté artistique de la région de l’Outaouais. Plusieurs devaient composer, depuis le début de la pandémie, avec une perte considérable de revenus.

À Gatineau, les salles de spectacles, de théâtre et de cinéma sont fermées depuis le milieu du mois de mars.

Le plan d’aide annoncé par la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, comprend un investissement de 400 millions de dollars. Pour boucler ce programme d’aide, le gouvernement a dû procéder à des réaménagements budgétaires et injecter 250 millions d’argent frais.

91,5 M$ pour la production de séries télévisuelles et la production de film;

71,9 M$ pour les organismes culturels qui ont dû fermer en raison de la pandémie; 

50,9 M$ pour les arts de la scène; 

33,5 M$ pour la musique et ses artisans ainsi que 6,5 M$ pour mieux rémunérer les oeuvres musicales;

5,9 M$ en soutien aux festivals annulés;

13 M$ en publicité pour faire la promotion des spectacles d’ici afin de « ramener les Québécois dans les salles de spectacles ».

Cependant, cet investissement ne permettra pas encore aux salles de spectacle et de cinéma de rouvrir leurs portes. La ministre a laissé entendre que cela ne serait possible qu'autour du 24 juin, si la santé publique le permet.

Deux femmes sourient en tenant de la documentation entre leurs mains.

La présidente et la directrice générale de Culture Outaouais, Céline De Guise et Julie Martineau

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Une aide à étudier

C’est sûr que dans ces annonces-là, on ne parle pas de mesures compensatoires, on ne parle pas de filet social pour le moment, mais on s’en réjouit quand même, a déclaré Julie Martineau, directrice générale du Conseil régional de la culture de l'Outaouais.

C’est sûr qu’on se réjouit pour le milieu et particulièrement, on se réjouit aussi pour les créateurs.

Julie Martineau, DG, Conseil régional de la culture de l'Outaouais

À l’heure où on se parle, il manque beaucoup de détails, a-t-elle ajouté. Il y a encore beaucoup de choses qui ne sont pas claires et qui doivent d’être répondues, mais on sent que le gouvernement est à l’écoute et prêt à trouver des solutions.

Le Conseil regardera toutes « les virgules » de cette annonce aide afin d’accompagner les artistes et les exploitants le mieux possible.

Des questions sans réponses

Cet accompagnement, les gens du milieu culturel de l’Outaouais en auront bien besoin, compte tenu du manque à gagner enregistré depuis le début de la crise.

L’auteure-compositrice-interprète Geneviève Robert-Bouchard apprécie le soutien financier annoncé par Québec, mais admet ne pas savoir comment elle pourra en profiter.

Après le point de presse, j’avais plus de questionnements que de réponses.

Geneviève Robert- Bouchard, auteure-compositrice-interprète

Je trouve ça super le fun qu’il y ait de l’argent qui soit mis en culture, mais je ne sais pas comment cela va nous revenir, a-t-elle réagi lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada dans les heures qui ont suivi le dévoilement des mesures gouvernementales.

Elle note que l’annonce mise beaucoup sur la création de nouveaux projets. Ayant déjà produit du nouveau matériel tout au long de l’année dernière, elle remarque qu’elle a déjà dépassé le stade créatif dans son cheminement artistique.

C’est ça qui est touché [délicat], parce que c’est ça qu’on a besoin de faire dans notre processus, personnellement, c’est d’être sur scène, a lancé l’auteur compositrice-interprète.

C’est certain qu’il faudra y penser. La création, ça n’arrive pas comme ça. Si on trouve de nouvelles idées, on va se lancer là-dessus, mais on avait deux mois [pendant le confinement] pour y penser quand même et on n’avait pas d’autres choses que d’attendre que la scène revienne!

La réalisatrice Sonia Bonspille Boileau, sur le plateau de tournage du film Vivaces.

La réalisatrice Sonia Bonspille Boileau, sur le plateau de tournage du film Vivaces

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Des bonnes nouvelles pour certains

Selon la cinéaste Sonia Bonspille-Boileau, cette annonce est la bouée de sauvetage tant attendue, car elle comporte deux bonnes nouvelles pour sa compagnie de production, Nish Media : un soutien financier et la reprise des activités des plateaux de tournage dès le 8 juin.

On commençait à craindre de ne pas pouvoir travailler de l’été, qui, évidemment, est la grosse saison de tournage en télé.

Sonia Bonspille-Boileau, cinéaste

Maintenant, reste à gérer la logistique entourant le déconfinement. Mme Bonspille-Boileau soutient qu’elle et son associé, Jason Brennan, ont déjà réfléchi à un plan de retour au travail.

On s’est dessiné plusieurs scénarios, à quoi ressemblerait le déconfinement, et [on a cerné les projets qui] pouvaient être tassés de quelques semaines, quelques mois et même d’un an. On est quand même bien préparé, a-t-elle affirmé.

Nous on est très contents, car il y a quand même plusieurs projets — surtout des projets documentaires à petites équipes — qui vont pouvoir commencer dès la semaine prochaine.

Et même si certains projets d’envergure internationale devront être reportés plus longtemps, la cinéaste remarque avec soulagement que toute la production ne tombera pas à l’eau. On va y arriver, a-t-elle lâché.

Avec les informations de Christelle D'Amours et de Marilou Lamontagne

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Ottawa-Gatineau

Culture