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La Commission des débats des chefs recommande une entité permanente

La Commission souhaiterait maintenant prendre part aux discussions sur le format des prochains débats.

Jagmeet Singh, Elizabeth May, Maxime Bernier, Patrice Roy, Justin Trudeau, Andrew Scheer et Yves-Francois Blanchet lors du débat.

Le chef d'antenne de Radio-Canada Patrice Roy (centre) a animé le débat des chefs en français qui a eu lieu le 10 octobre 2019 au Musée canadien de l’histoire à Gatineau, au Québec.

Photo : Reuters / POOL New

La Commission des débats des chefs dresse un bilan positif des deux débats qu’elle a organisés l’automne dernier dans le cadre des élections fédérales, et souhaiterait maintenant prendre part aux discussions sur le format des prochains débats.

Intitulé Les débats, essentiels à la démocratie et rendu public lundi, le Rapport sur la Commission des débats des chefs de 2019 et l’avenir des débats au Canada conclut que « la Commission a bien rempli son mandat ».

Créée avant les élections de 2019, la Commission avait comme mandat de veiller à ce que deux débats informatifs de grande qualité soient accessibles aux Canadiens et de déterminer si les Canadiens sont bien servis par une commission responsable de la prestation.

Auparavant, un consortium de médias organisait les débats des chefs. Les débats étaient considérés comme des exercices journalistiques, indique le rapport. Les médias en déterminaient le format, les thèmes, les questions, les animateurs, les critères de participation, la promotion et la distribution.

La Commission estime avoir adopté un nouveau modèle. En confiant à une commission le mandat d’organiser deux débats des chefs, le gouvernement a signifié qu’il souhaitait réduire le risque que les négociations entre les partis politiques et les réseaux de télévision échouent ou qu’elles produisent des débats ayant une portée publique limitée, est-il écrit dans le document.

Dans son message d’ouverture, le commissaire aux débats David Johnston déclare : Plus de la moitié des électeurs ont regardé l’un des deux débats des chefs lors de l’élection fédérale de 2019. Ces débats ont pesé dans la balance : ils ont été des moments clés qui ont aidé les Canadiens à voter en toute connaissance de cause.

L'ex-gouverneur général du Canada David Johnston.

L'ex-gouverneur général David Johnston s'est présenté en comité parlementaire, le mardi 6 novembre 2018, pour discuter de sa nomination comme commissaire aux débats des chefs.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Des recommandations

La Commission propose une série de recommandations, dont la principale est la création d’une entité permanente financée publiquement pour organiser les débats des chefs.

Nous concluons que les débats des chefs sont importants pour le processus démocratique et qu’ils devraient devenir une composante prévisible de nos campagnes électorales, apprend-on.

L’organisme considère que l’incertitude financière des médias constitue une autre raison d’envisager la création d’une commission permanente, rappelant qu’il a assumé les coûts de la salle du Musée canadien de l’histoire, certains coûts de distribution, les services d’interprétation, les programmes de sensibilisation et les partenariats extérieurs.

Le rapport souligne que les débats doivent servir davantage la démocratie : Bien que les débats doivent répondre à des normes journalistiques élevées, ils sont davantage que des exercices journalistiques; ce sont des exercices démocratiques. Ce changement de perspective, qui a été évoqué tout au long des consultations de la Commission, va au-delà de la sémantique.

Le rapport comprend plusieurs autres recommandations :

  • La Commission devrait organiser deux débats financés publiquement, un dans chaque langue officielle;
  • le commissaire aux débats devrait établir les critères de participation aux débats;
  • la Commission recommande que le gouvernement encourage les chefs à participer aux débats plutôt que de les y obliger;
  • la Commission devrait sélectionner le producteur des débats dans le cadre d’un processus concurrentiel;
  • La Commission devrait se réserver le droit d’approbation finale du format et de la production des débats, tout en respectant l’indépendance journalistique;
  • La Commission devrait veiller à ce que les débats soient disponibles dans des langues autres que le français et l’anglais.
Une main dépose un bulletin de vote dans une boîte.

Les électeurs canadiens étaient nombreux à regarder les derniers débats des chefs l'automne dernier.

Photo : Radio-Canada

Trouver la meilleure formule

Le directeur général de la Commission, Michel Cormier, croit que celle-ci doit s’impliquer davantage dans la production pour que l’événement ait une portée optimale.

On est très respectueux de l’indépendance journalistique des médias qui postuleraient pour les produire. Mais il est certain qu’on pense qu’on doit faire partie de la discussion sur la production et le format des débats pour s’assurer qu’ensemble on arrive à la meilleure formule possible, pour que l’expérience des électeurs soit la plus valable possible, affirme-t-il en entrevue à Radio-Canada.ca.

Cependant, Michel Cormier tient à préciser que les questions et les thèmes abordés devraient demeurer la prérogative des médias qui décrochent le contrat. Ceux-ci devront proposer une soumission et établir des partenariats pour produire les débats et les diffuser le plus largement possible.

Il y avait 15 entreprises de presse qui ont participé à ce vaste groupe la dernière fois, et on a eu une diffusion et un accès inédits aux débats. C’est certain qu’on veut que cette expérience se reproduise, dit-il, mentionnant au passage qu’une promotion de l’événement longtemps d’avance a aussi contribué à son succès.

Par contre, il admet que des changements sont souhaités par des électeurs. Il y a beaucoup de citoyens, dans un sondage qu’on a fait, qui nous ont dit qu’ils voudraient que les journalistes, les animateurs, aient la chance de poser une deuxième ou une troisième question lorsque les chefs se défilent, par exemple, illustre-t-il.

Michel Cormier considère que les débats font partie de l’institution démocratique des élections et qu’il est important d’en assurer la continuité. En créant une commission permanente, on pense que cela peut offrir plus de pérennité et de stabilité à ces institutions, qui sont de plus en plus importantes dans un contexte de désinformation, conclut-il.

Radio-Canada a préféré attendre de prendre connaissance du document avant de faire une déclaration.

Nous avons hâte de lire ce nouveau rapport et n'avons pas d'autre commentaire pour le moment, a dit Leon Mar, directeur des relations avec les médias.

Partenaires de Radio-Canada lors du dernier débat en français, La Presse et Le Devoir n'ont pas non plus commenté le rapport.

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