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Trump se pose en président de la loi et de l'ordre

Donald Trump marche entre deux rangées de policiers.

Donald Trump s'est rendu à l'église St John's sous la garde de deux haies de policiers antiémeute.

Photo : Reuters / Tom Brenner

Alors qu'une vague de manifestations secoue le pays depuis la mort de l'Afro-Américain George Floyd, le président Trump a promis, lundi soir, de mobiliser toutes les ressources pour mettre un terme aux émeutes, quitte à déployer l'armée.

Quelques heures après l'appel aux manifestations pacifiques lancé par l'un des frères de George Floyd, Donald Trump a pour sa part résolument montré les dents.

Loi et ordre, religion, armes à feu : le président républicain a réuni plusieurs des ingrédients qui ont fait son succès auprès de sa base dans un discours de sept minutes prononcé depuis les jardins de la Maison-Blanche. Le traitement des Afro-Américains par la police et les injustices qu'ils subissent, au centre des manifestations déclenchées par la mort de George Floyd, tué par un policier il y a une semaine, étaient pour leur part absents de son discours.

Donald Trump a dit avoir fortement recommandé aux gouverneurs de déployer la garde nationale pour dominer les rues jusqu'à ce que la violence soit étouffée. S'ils ne le font pas, il s'est dit prêt à déployer l'armée.

Une telle éventualité requerrait d'invoquer la loi sur l'insurrection de 1807 – une mesure exceptionnelle – qui permet au président de faire appel à l'armée sur le territoire américain pour mettre un terme aux troubles civils, à l'insurrection et à la rébellion.

Si une ville ou un État refuse de prendre les mesures qui sont nécessaires pour défendre la vie et les biens de leurs habitants, alors j'enverrai l'armée américaine et résoudrai rapidement le problème pour eux.

Donald Trump

Le président a en outre dit avoir envoyé des milliers et des milliers de militaires fortement armés dans la capitale pour faire cesser les émeutes.

Promettant de mettre un terme aux émeutes et à l'anarchie qui se sont propagées dans tout le pays [...] dès maintenant, il a indiqué qu'il mobilisait toutes les ressources fédérales disponibles, tant civiles que militaires, pour mettre fin aux émeutes et aux pillages, aux destructions et aux incendies criminels et pour protéger les droits des Américains respectueux de la loi, y compris vos droits au titre du deuxième amendement.

Nous avons besoin de sécurité, pas d'anarchie, de guérison, pas de haine, de justice pas de chaos, a-t-il affirmé.

Ceux qui menacent des vies innocentes et la propriété seront détenus et poursuivis, a-t-il déclaré, dénonçant les anarchistes professionnels, les pillards, les criminels, les antifas et les autres.

Mon premier et plus grand devoir en tant que président est de défendre notre grand pays et le peuple américain. J'ai fait le serment de respecter les lois de notre nation, et c'est exactement ce que je ferai, avait-il lancé d'emblée.

Je suis votre président de la loi et de l'ordre, a-t-il affirmé.

Le message contrastait avec celui de son prédécesseur Barack Obama qui, en matinée, a livré un plaidoyer pour la mobilisation citoyenne. Sur les réseaux sociaux, il a appelé les Américains à agir pour faire de ce moment le point de départ d'un véritable changement.

Réagissant aux propos de M. Trump, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a accusé le président américain Donald Trump d'utiliser l'armée contre les Américains.

Il utilise l'armée américaine contre les Américains. Il envoie du gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques et tire des balles en caoutchouc. Pour une photo, a tweeté l'ancien vice-président américain.

Pour nos enfants, pour l'âme même de notre pays, nous devons absolument le battre. Mais je le crois fermement : nous ne pouvons le faire qu'ensemble, a-t-il poursuivi.

Dispersés de force pour une séance photo

Donald Trump, brandissant une bible devant l'église St. John's.

« Nous avons un grand pays », a déclaré Donald Trump, une bible à la main.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Si Donald Trump s'est présenté comme un allié des manifestants pacifiques, ceux qui étaient aux abords du parc Lafayette ont pourtant été dispersés, par moments, à coups de boucliers, de gaz lacrymogènes et de balles de caoutchouc avant son allocution.

La manœuvre lui a permis de traverser le parc à l'issue de son discours pour aller à l'église St. John's. L'édifice, endommagé la veille en marge d'une manifestation, était pourtant fermé, mais il s'y est fait photographier avec une bible.

Des gouverneurs opposent une fin de non-recevoir

Le gouverneur de l’Illinois, J. B. Pritzker, un démocrate, a déclaré en entrevue à CNN qu’il s’opposait à l’intervention de troupes au sein de son État. Blâmant le président pour le climat explosif qui règne aux États-Unis, M. Pritzker a dit y voir une diversion du président pour faire oublier son échec misérable dans la gestion de la pandémie.

Non, merci!, a de son côté rétorqué le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, lui aussi démocrate. Selon lui, le président tente d’opposer les militaires aux citoyens américains. Il a eu recours à des militaires pour repousser une foule pacifique, pour se faire prendre en photo devant une église, a-t-il écrit sur Twitter. C’est honteux.

Au cours d'un appel téléphonique plus tôt dans la journée, le président a pressé les gouverneurs de recourir à la force lors des manifestations qui dégénèrent, et les a accusés d'être, pour la plupart d'entre eux, faibles.

Avec la collaboration de Valérie Boisclair

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